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Le Grand Charles

Le Grand Charles

Hier soir, un documentaire sur l’avènement de la cinquième République m’a rappelé mon adolescence. Puis de fil en anguille au Gaullisme et ce qu’il en restait…

Dépêchez-vous, il n’en restera bientôt plus rien. Notre jeune président s’est mis dans la tête de vider les grenier de la République. Il veut faire de la place et débarrasser le plancher de toutes nos vieilleries : meubles anciens, bijoux de grand-mère, uniformes de tonton… Tout doit partir au brocanteur, on solde. Attachez vos ceintures, la grande braderie a commencé.

Vous n’avez quand même pas oublié, il s’appelait de Gaulle.

Les adorateurs disaient « le Grand Charles », les insolents « la Grande Zohra ». On l’avait surnommé aussi « l’homme qui dit non ». Quand, à l’évidence, il n’y avait plus rien à faire et qu’il fallait s’incliner, une espèce d’énergumène se levait et, de sa voix haut perchée, prononçait un refus insensé. La France finissait sur le podium.

En ces temps déraisonnables, l’histoire n’était pas, comme on dit aujourd’hui finie. Le monde s’était brisé en deux camps, les peuples prolétaires et les impérialistes. Après avoir, non sans tourments, rendu l’Algérie aux Algériens, les colonies aux colonisés, de Gaulle extirpa notre pays du camp impérialiste et éleva la France au rang de porte-drapeau des peuples prolétaires. Cela n’allait pas de soi. Pays riche et industrialisé, la France avait sa place toute désignée parmi les puissances moyennes d’occident, juste au-dessous des Etats-Unis. Au-dessous de qui ? L’idée d’une France subordonnée à qui que ce soit donnait à de Gaulle des boutons. Doté de l’arme nucléaire et chanté par Brigitte Bardot, il élabora la théorie du Pr Harley Davidson : je n’ai besoin de personne. Contre l’Amérique, il dénonce la guerre du Vietnam, expulse l’Otan de Paris, se rebelle contre l’hégémonie du dollar, censure Israël qu’il prive de nos armements, se range dans le camp arabe, flirte avec les bolcheviks de Moscou : tout pour enquiquiner Washington. Sa grande idée ? La France doit être non la dernière parmi les grandes, mais la première à la tête des petits, des sans-grade. Mon verre est petit, mais c’est le mien. De Mexico à Bobo-Dioulasso on se prosternait devant le képi de notre Général. En occident, c’était « le Grand Emmerdeur ». Versailles renaissait de ses cendres, la France flottait quelque part du côté du XVIIe siècle.

Pour nous (ceux que les moins de 50 ans ne peuvent connaître) jeunesse en herbe de cet âge révolu, la gloire naphtalinée ne faisait pas l’unanimité, mais en règle générale l’ambiance nous allait comme un gant. Nous roulions à l’anti-impérialisme et ne laissions pas de ressentir pour cette vieille ganache une admiration secrète et notre fierté. Ce mec, c’était un homme.

Mais voilà venu aujourd’hui le temps des avocats. Suffit de faire les malins, et voyons la réalité en face. Mesurés à L’Amérique, au Japon, à la Chine, même à l’Allemagne, qu’est-ce que nous pesons ? Peanuts. Vaut-il mieux copiner avec les Yéménites ou les New-Yorkais ? faut pas Rêver, la France, ce n’est rien plus que la France, un cap de continent près de sombrer dans l’océan. Au reste, nous avons failli, nous sommes « en faillite ». En quelle langue faut-il le dire ? Nous ne valons plus rien que nos dettes et nos déficits. Lui nous avait hissés aux cimes de sa grandeur, ceux-là nous ravalent à l’humilité de leur petitesse.

 

Mais qu’est-ce que l’amitié ?

Mais qu’est-ce que l’amitié ?

Un jour que je marchais sur un trottoir qui me conduisait je ne sais plus où, je suis passé devant la cour d'une école et j’entendis un petit «bout de chou» dire à un autre enfant: «T'es pu mon ami». Le sourire aux lèvres, je me suis dis que tout cela serait vite oublié et que, dès le lendemain, la paix serait revenue entre ces deux enfants. Mais, tout en poursuivant mon chemin, je me suis surpris à me demander: «Qu'est-ce au juste qu'un ami? »

Plus je marchais, plus je réfléchissais.

Un ami, c'est quelqu'un qu'on apprivoise. D'abord, on le regarde attentivement. Puis, un beau jour, on lui envoie un sourire sans qu'il ne l'ait demandé. Quelques temps plus tard, on lui propose un "bonjour" et l'on poursuit son chemin de peur de déranger. Un bon jour, on échange avec lui quelques propos, très peu, au cas où son temps serait compté. De mots en mots s'ajoute une invitation pour mieux s'échanger des mots et des mots. Soudainement, les affinités prennent leur place et nous incitent à recommencer; puis le plaisir et le bien-être que l'on ressent s'installent et la confiance surgit pour laisser couler les confidences, ces secrets que l'on reçoit comme un cadeau, pour ne pas dire un trésor que l'on se doit de bien garder. Après les confidences, on est apprivoisé. Il nous reste à conserver le respect, l'honnêteté, la franchise etc.

Avoir un ami, c'est posséder une richesse inestimable.

Alors que je poursuivais mon chemin, le sourire aux lèvres, en pensant à mon meilleur ami, celui de mon enfance, je me rendis compte que j'avais poursuivi mon chemin beaucoup trop loin, je m’étais, sans m'en rendre compte, égaré ; j'ai rebroussé chemin, pensant toujours à lui.

Mais qu'est-ce au juste que l'amitié?

La petite histoire que je viens de vous raconter suscite peut-être en vous les mêmes questions qui se bousculent dans mon cerveau, à savoir: «En quoi consiste l'amitié» et «comment se développe-t-elle ?». tenter de faire un peu de lumière sur ces questions qui nous font toutes et tous réfléchir à un moment ou l'autre m’enthousiasme.

L'amitié est une relation très importante; un ami peut être un allié, un soutien, quelqu'un qui redonne courage, qui dit ce qu'il pense, qui peut aussi donner de précieux conseils, se taire aussi, parfois. Un ami est quelqu'un à qui l'on se confie, à qui l'on peut se fier, avec qui l'on partage de nombreuses choses.

L'amitié se compose, entre autres, des qualités suivantes: patience, respect, compréhension, partage, compassion, confiance, aide, sympathie, liberté, sécurité, intimité, tolérance et honnêteté.

Mais comment se faire de véritables amis ?

Il faut consacrer du temps, des efforts et de la patience pour se faire des amis. Il faut aussi être

digne de confiance, car on n'impose pas la confiance, on la mérite, et cela ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut apprendre à se connaître, il faut révéler ses sentiments, ses goûts à l'autre. Avec le temps, on s'ouvre et on se confie de plus en plus, dépassant ainsi les hésitations des premières rencontres. Une fois que la confiance s'est installée, il faut la respecter; il suffit d'une seule «trahison» pour détruire une amitié.

Il est plus facile d'engager la conversation avec des personnes qui partagent nos intérêts qu'avec quelqu'un dont on ne sait pas si on a des points communs avec elle ou lui. Il existe de nombreux endroits où l'on peut rencontrer des personnes susceptibles de devenir des amis: il peut s'agir d'un club social, d'un groupe d'entraide, d'une activité de plein air etc. Vous aimez jouer aux échecs ? Adhérez à un club d'échecs. Vous aimez les oiseaux ? Cherchez un peu, il existe peut-être un club d'ornithologie dans votre localité. Parmi les gens que vous côtoyez au travail dans votre quartier, et surtout lors de vos sorties, il existe sûrement des amis potentiels. Engagez graduellement la conversation avec les gens que vous voyez régulièrement. Trouvez les points que vous avec en commun. Commencez par sourire et par dire bonjour, et si l'occasion le permet, présentez-vous. Lorsque vous aurez dit bonjour plusieurs fois, vous trouverez sans doute l'occasion de vous arrêter et de bavarder quelques instants. Que ce soit en marchant sur la rue ou encore à l'épicerie, commencez à parler de choses et d'autres. Utilisez des questions rituelles pour laisser passer le message suivant : «Je désire faire votre connaissance»: Depuis combien de temps vous intéressez-vous aux échecs; faites-vous partie de ce club depuis longtemps; où croyez-vous que se trouve le meilleur endroit pour observer les oiseaux ? Ces questions rituelles, comme bien d'autres, indiquent votre intérêt et permettent à l'autre personne d'exprimer à son tour l'intérêt qu'elle vous porte. Écoutez attentivement les renseignements qu'elle vous donnera au cours de la discussion; plus vite vous découvrirez ce qui passionne quelqu'un, plus vite vous saurez si vous avez des affinités. Les gens sont toujours agréablement surpris que l'on mentionne des choses qu'ils nous ont dites lors de précédentes conversations. Des phrases comme: «Avez-vous trouvé du travail ?» ou «Avez-vous regardé l'émission dont vous me parliez l'autre jour ?», montrent que vous avez vraiment écouté et que vous vous sentez concerné. Ces marques d'intérêt montrent à la personne qu'elle est importante. Il est donc essentiel de bien écouter et de retenir les mots clés et les renseignements que l'on vous donne. De ces informations, vous pourrez alimenter les conversations suivantes. En vous souvenant du nom d'une personne, des détails qui la concernent, vous lui donnez le sentiment qu'elle est spéciale. L'attention que vous lui portez prouve votre intérêt et votre curiosité, et l'encourage à révéler des renseignements supplémentaires. Une personne qui s'ouvre ainsi vous témoigne la confiance qu'elle vous porte. Il est important de rester en contact avec les personnes que l'on apprécie. Les rencontres permettent à l'amitié de se développer et de se consolider . Si vous êtes invité quelque part, faites un effort pour y aller. En acceptant l'offre qui vous est faite, vous encouragez la personne à partager ses sentiments avec vous. Vous ne devez évidemment pas agir contre votre gré, mais vous devez réaliser qu'un refus est souvent interprété comme un manque d'intérêt. L'amitié se développe avec le temps. On peut la comparer à une plante qui croit lentement et régulièrement au fil des années. L'amitié se développe en partageant des expériences avec ses amis. Temps et partage sont deux éléments importants de l'amitié. Comme l'écrivait Saint- Exupéry; «C'est le temps que tu consacres à ta rose qui la rend si importante à tes yeux.». Soyez pour les autres l'ami que vous rêvez d'avoir! On a déjà dit qu'un ami est quelqu'un qui sait tout de nous mais qui nous aime quand même. Il faut être capable d'accepter ses amis pour ce qu'ils sont : des personnes uniques, avec leurs problèmes et leurs défauts. Soyez tolérant et vous garderez longtemps vos amis. Faites ce que vous pouvez pour les aider, vous ne serez pas en reste. Si vous êtes un bon ami, vous aurez de bons amis. Moi, j’ai la chance d’en avoir, peu c’est vrai, mais peut-on accorder autant d’intérêts et de temps à beaucoup ? Et surtout comme moi pensez :

Les gens ne sont pas amis tant qu’ils n’ont pas dit tout ce qu’ils ont à dire et ne sont pas capables de rester assis l’un près de l’autre au travail ou bien au repos, à longueur d’heures et sans mot dire. Pour certains parmi vous, lecteurs ou lectrices, nous n’en sommes jamais tout à fait arrivés là, mais nous nous en rapprochons un peu chaque jour…

Merci Constance, de m’avoir sorti de ma léthargie quotidienne pour compléter ta réflexion.

 

 

Les innovations tuent !

Les innovations tuent !

 Franchement, on a bonne mine, avec tous nos bidules et nos machins qui nous mettent sous perfusion continue, façon cordon ombilical que si tu le coupes tu n’existes plus. La technologie moderne, électronique, numérique et , surtout, furieusement nomade est en train de nous rendre fous, c’est aussi simple que ça. On passe notre temps à pianoter, à se connecter, à se déconnecter, à se brancher, à se débrancher. Et le reste du temps à pester, jurer, supplier, parce que ça marche mal, parce qu’on n’y comprend rien et que si ça continue on va porter plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (comme tout le monde, après tout) pour « harcèlement moral ». Pourtant, même au bord de la crise de nerfs, même devenus complètement fous, nous en voulons toujours plus, nous exigeons les toutes dernières versions des nouvelles applications des ultimes modèles des derniers joujoux qu’il faut absolument avoir sous peine de mort subite. On sait que ça nous rend cinglés. Mais on ne peut plus s’en passer. Exactement comme quand on ne peut s’empêcher de s’empiffrer de saloperies bien sucrées, bien grasses, qui nous rendent malades.

Et, justement, voilà que je viens de découvrir deux nouvelles merveilles de la technologie moderne qui ont un rapport direct avec ça : la nourriture, le poids, le régime. Je vois déjà l’intérêt pointé chez certains de mes amis et plus particulièrement mes amies… Premièrement : le « mandomètre ». Qu’est-ce que le mandomètre ? Le mandomètre est une petite balance ronde reliée à un ordinateur, qu’on glisse sous son assiette (le mandomètre pas l’ordinateur). Il indique le poids de la nourriture que vous avez sous les yeux, mesure le temps que vous mettez à l’ingérer, fait le rapport et le compare à une courbe idéale. En gros pour les néophytes des termes technico-pseudo-informatico-spécialisés, ça vous empêche de grossir. Manger avec une balance qui balance à votre ordinateur pour calculer ce qui est bon pour vous, n’est-ce pas un extraordinaire progrès ?

Deuxièmement : la « balance Withings ». Qu’est-ce encore que cette balance Withings ? La balance Withings est une balance comme son nom l’indique qui se connecte à votre iPhone pour mesurer vos progrès. Hop, hop, ne vous égarez pas, nous restons toujours dans la nourriture… On se pèse et l’info complète, - poids, mais aussi masses maigres et grasses, sans oublier l’indice de masse corporelles - est directement transmise à votre iPhone via une application dédiée. Facile alors d’analyser sa courbe d’évolution lors de ses déplacements quotidiens. Imaginez ! Tu vois un type dans la rue devant un restaurant qui allume son iPhone, tu crois naïvement qu’il est en train de téléphoner ou de regarder la météo, eh bien, pas du tout : il est en train de consulter la courbe d’évolution de son indice de masse corporelle pour savoir s’il peut manger des frites au resto. Ça vous en bouche un coin, hein ? Et attendez, le soir, chez lui, il met son mandomètre sous son assiette. Et son ordinateur lui donne le résultat des courses. Elle est pas belle, la vie ? Moi, ce que je pense, c’est que tout ça va mal finir. Exactement comme avec la télé, autre merveille (quoique ancienne) de la technologie moderne.

Qu’est-ce qui se passe, avec la télé ? Cette fois, je vous le donne en mille. « Selon une étude portant sur 8800 hommes et femmes âgés de 25 ans et plus, les gens qui regardent la télévision plus de quatre heures par jour ont 80% de risques supplémentaires de mourir d’une maladie cardiovasculaire et 46% de risques supplémentaires de mourir d’autres causes pathologiques en comparaison de ceux qui regardent la télévision moins de deux heures par jours ». La conclusion s’impose d’elle-même : la télé tue. Lentement, peut-être, mais sûrement. Et beaucoup de télé tue beaucoup. Pourquoi ? Parce que plus on la regarde, vautré dans son canapé en bouffant des chips et des cacahuètes, moins on bouge et plus on grossit, plus on attrape des saloperies. Et ce, même en regardant des émissions sportives. Pour dire, ce dimanche, malgré un temps maussade et incertain, j’avais décidé de faire du sport, ça tombait bien. Le matin, marathon de Paris et l’après-midi, Paris Roubaix en cyclisme et stade Toulousain contre stade Français en rugby. Eh bien, vous n’allez pas me croire mais je n’ai pas perdu un gramme de la journée, bien au contraire, mais ça cela vient sans doute du barbecue à midi. Explication certes rationnelle. Mais assurément incomplète. Car la télé ne fait pas que rendre gros et gras. Elle tue aussi le cerveau. Elle anesthésie. Elle chloroforme. Elle rend accro. Elle légumise le cerveau. La preuve, après le barbecue, pendant Paris Roubaix, je ne me souviens absolument pas de ce qui s’est passé entre les 40 et 120ème kilomètres, la preuve que la télé chloroforme ! Exactement comme le mandomètre, la balance Withings et toutes les merveilleuses merveilles de la technologie moderne que si tu les as pas t’es foutu. Enfin, je dis ça, je suis comme tout le monde, avec mon ordinateur et mon téléphone portable. Mais j’essaie de faire gaffe. Pour pas m’encombrer le cerveau, m’anesthésier les neurones. De toute façon, quand je suis avec mon ordinateur ou mon téléphone portable, je passe mon temps à m’engueuler avec eux. Ils ne font jamais ce que je veux. Mais ce qu’ils veulent, eux. Ils m’énervent. Ils me rendent cinglé. Ça aussi, ça raccourcit la vie. C’est sûr et certain. Un de ces quatre, on va lire, une étude portant sur 8800 hommes et femmes de 25 ans et plus passant plus de quatre heures par jour avec leur ordinateur ou leur téléphone portable… Alors qu’on pourrait faire tellement d’autres choses ! Manger, par exemple (je rigole).

 

Mais comment font-ils ?

Mais comment font-ils ?

Oui, comment font-ils pour sourire autant ? Je parle des hommes politiques, bien sûr. Et des femmes politiques, bien entendu. Entre parenthèse, ça devient un vrai casse-tête, cette histoire. Vous avez remarqué ? On ne peut plus écrire un mot au masculin sans mettre aussitôt un (e) juste après. Exemples : candidat (e), prétendant (e), désigné (e), élu (e), président (e), idi... ( ?)...Avant tout le monde s'en foutait. Maintenant tout le monde fait gaffe. Je ne dis pas que je suis contre, ouh là ! Disons juste qu'à la lecture ça devient un parfois un peu comique. Vous avez des textes, des articles, il y a des (e) toutes les lignes. On marche littéralement sur les (e). Et sur les œufs. Bref. Revenons aux sourires. Comment font-ils (elles) ? Voyez, moi aussi je sais le faire.
Déjà, il y a les poignées de main. Il faudra un jour demander à la main droite de Nicolas d'écrire ses mémoires. Elle en aurait, des choses à dire. Touchée, serrée, empoignée, secouée, triturée, malaxée, caressée (je me fourvoie ! je pensais à Carla) à longueur de journées (non, pas Carla, suivez s'il vous plait, c'est déjà assez compliqué comme ça, la main droite de Nicolas).
Dans quel état elle doit être, le soir, (cette fois arrêtez, pas Carla, la main) ! Il doit la plonger dans la glace pendant au moins une heure ( ???...), Nicolas, pour qu'elle retrouve forme humaine (je parle toujours de la main...). Je me demande s'ils ont des kinés exprès pour ça, les hommes politiques (et les femmes aussi, c'est la dernière fois que je le précise...). Est-ce qu'on leur apprend à serrer les mains d'une façon particulière, est-ce qu'il y a un truc que nous ignorons, nous autres, simples serreurs amateurs. Est-ce qu'il y a des tests de serrage de mains, avant de se lancer dans le métier ? En plus, avec l'âge, les rhumatismes, l'arthrose, l'ostéoporose, la ménopause ( ?), enfin tout ça, ça ne doit arranger les choses. Bonjour, les fractures...
Mais revenons aux sourires. Dès qu'on les voit à la télé, hop, sourire. Ce qui veut dire que dès qu'ils voient une caméra, hop, sourire. C'est comme un déclencheur automatique. Un réflexe pavlovien : caméra = sourire. D'accord, ça fait partie de leur job, de sourire à tout-va, comme de serrer les mains, mais ça ne doit pas être facile tous les jours. Franchement, il y a des moments où on ne doit pas avoir envie de sourire, mais alors pas du tout. Les vacheries des soi-disant copains, les critiques de la presse (quoi que là, pour Nicolas, j'exagère, elles lui sont toujours favorables, une histoire de copinage avec les patrons de presse...), les sondages qui ne bougent pas, les sifflets de la salle, les discours soporifiques et interminables (ceux des autres, naturellement) : toute personne normalement constituée (vous, moi) ferait la tronche. Eux, non. Un grand sourire, d'une oreille à l'autre. C'est bon pour l'image, à ce qui paraît. Ça les rend sympathiques, aimables, gentils, désirables, attirants, séduisants. C'est censé donner envie de voter pour eux. Comme quoi ils sont drôlement contents d'être heureux, rien que pour nos yeux.
Bien entendu, la reine du sourire, c'est Ségolène. Elle les écrase tous, sous le rapport du sourire. Elle, c'est bien simple, je ne sais pas comment elle fait, elle sourit comme elle respire. Pour les caméras, tout du moins. Parce qu'il paraît qu'au naturel elle est plutôt du genre pète-sec. Il paraît... Mais, à l'image, elle est plus que radieuse, elle irradie, elle est carrément radioactive. Elle sourit en parlant, c'est ça le plus fort. Essayez, vous verrez, ce n'est pas si facile que ça. Bon, trente secondes, d'accord, on le fait tous. Mais cinq, dix minutes d'affilée, ne pas arrêter de sourire tout en parlant de ceci ou de cela, c'est quasiment surnaturel. C'est parce que c'est une star. Et c'est bien le problème des autres : qu'est-ce qu'on peut faire contre une star qui sourit tout le temps ? Rien. Elle me fait penser à Chirac. Une star, lui aussi. Qui souriait tout le temps même parfois à mauvais escient...
Dans un tout autre registre, vous avez Michèle. J'ai bien dit : dans un tout autre genre. Elle aussi, elle sourit. En bon petit soldat, elle a bien appris la leçon : caméra = sourire. Le problème, c'est qu'on entend le déclic du bouton, les engrenages du mécanisme. Et qu'on voit distinctement les deux élastiques qui lui coincent le sourire derrière les deux oreilles. Ça doit lui faire un mal de chien aux zygomatiques, elle ferait presque pitié. Un petit conseil Michèle : fais-toi plaisir, laisse tomber le sourire. Le sourire n'est pas obligatoire. Surtout le sourire qui fait peur aux petits enfants.
Tenez, prenez Martine, par exemple. Est-ce qu'elle se soucie de sourire ? Pas le moins du monde. Elle fait la gueule, caméra ou pas. Comme elle engueule tout le monde, elle est parfaitement raccord. Engueuler avec le sourire, ça fait pervers. Alors que là, on s'habitue, on se dit « c'est Martine », et puis voilà. Bon, ça ne la rend peut-être pas follement sympathique, mais au moins elle est nature. On se dit : celle-là, elle ne fait pas de cinéma, elle ne joue pas les enjôleuses, elle ne drague pas. Elle est Martine, point final. Cela dit, un petit sourire de temps en temps, comme ça, en passant, ce ne serait pas non plus totalement rédhibitoire, voyez.
Sinon, il y a l'austère qui se marre. Lui, c'est un cas. Déjà, avoir eu l'idée de dire ça : je suis un austère qui se marre. Gêne dans l'assistance, raclement de gorge, toux discrètes, regards vers les chaussures. Oui, tu disais, Lionel ? Il était peut-être marrant, Lionel, mais il le cachait drôlement bien. En réalité, il est comme Nicolas, il ne sait pas y faire avec les caméras. Austères, ils sont, austères ils resteront. Et le paradoxe, c'est que c'est comme ça que les gens les aime ou du moins les aimait. Honnêtes, sérieux, sincères, pédagogues. Pas marrants du tout. Pas souriants. Et très populaires. Eh oui, ils ont été les rois des sondages, à une époque. Incroyable, non ? Faut croire qu'on avait envie de ça, besoin de ça : des hommes politiques qui refusent la frime, le jeu de la séduction, la démagogie.
Et voilà. Le temps passe. Les temps changent. Ségolène sourit toujours et Nicolas a chassé le naturel...
Mais je pense tout de même à Allison. Pourquoi, me direz-vous ? Je n'ose imaginer le sourire qu'elle va afficher, face à ses invités, son arrosoir transformé en pot de fleur dans la main.
Et ça change tout...

 

Savoir prendre des risques en toutes circonstances : cela vous arrive-t-il ?

Savoir prendre des risques en toutes circonstances : cela vous arrive-t-il ?

Un jour, à Belfort, avec un ami, nous avions décidé d'essayer un nouveau resto. C'est vrai que c'est agréable d'avoir ses habitudes dans les mêmes restos où l'on se retrouve rituellement, autour d'un bon petit repas. On n'entre, on dit bonjour à la ronde, le patron vous dit bonjour, il vient vous serrer la main, il vous trouve une table, c'est supersympa. De plus, on connaît la cuisine, pas de surprise, ni en bien ni en mal, on sait à quoi s'attendre. Et puis on retrouve des têtes connues, on se salue, on papote, à force on est comme chez soi. Tiens, ça me fait penser à une remarque d'un type dont je ne me souviens pas le nom, qui disait : « J'ai vu un restaurant où c'est écrit : ici, on mange comme chez soi. Si c'est pour manger comme chez soi, autant rester chez soi. » Tout ça pour dire que, si ça a du bon, les chemins connus, il faut parfois savoir sortir des chemins connus. C'est ce qu'on s'était dit, mon copain et moi. On avait entendu dire qu'un resto venait de changer de propriétaire, rue des Troquets (ne cherchez pas, elle n'existe pas, je ne me souviens pas du véritable nom). Et, à ce qu'on disait, ça valait le déplacement. En tant qu'éternel curieux et méfiant de nature, j'ai demandé qui était le « on » de « à ce qu'on disait ». là, c'est devenu extrêmement vague. Apparemment, quelqu'un avait dit à quelqu'un que quelqu'un avait entendu dire que ça valait vraiment le coup. Autant dire que ça m'avait tout l'air d'un tuyau percé.
D'où l'idée en bons fantassins d'aller en expédition, sur le terrain, pour vérifier par nous-mêmes si ça valait vraiment le coup. C'est un véritable métier, fantassin, qu'est-ce que vous croyez ? Sur la devanture, il y avait une grande banderole qui disait : « Changement de propriétaire ». Comme quoi le resto venait bel et bien de changer de propriétaire. Sur ce plan-là, au moins, l'info était béton. On est entré. Il n'y avait personne. A part le patron, je veux dire, qui attendait tranquillement derrière son bar. Il nous a bruyamment et chaleureusement salués, comme si on se connaissait depuis Mathusalem. Et avec, m'a-t-il semblé, comme un grand soulagement. Je me suis même demandé à cet instant si on n'était pas ses tout premiers clients. « Au moins, c'est calme », m'a dit mon ami. C'est tout le problème des resto où l'on va d'habitude : sympas, mais bruyants à mort tellement il y a de monde. Vous savez, bien sûr comment ça se passe : plus il y a de monde, plus c'est bruyant. Plus c'est bruyant, plus on est obligé de parler fort pour s'entendre. Plus on parle fort, plus c'est bruyant. Plus c'est bruyant... J'arrête ma démonstration. Alors que là, non. Un grand silence. A part la radio. Une de ces radios FM qui débite les tubes de l'année à la chaîne, tu déjeunes avec Dalida et Michel Delpech, bien obligé. On a cherché où s'asseoir. On avait le choix, vu qu'on était tout seuls. Le patron nous a indiqué une table dans le fond. Mais visible de la rue. Vous devez savoir que c'est un truc de patron de resto : les premiers clients, tu les installes à une table visible de la rue. Pour que les passants voient les clients et ne paniquent pas en voyant le resto vide.
« Le problème des resto vides, m'a dit mon copain, (pas trop fort, à cause du patron derrière son bar), c'est que tu te demandes pourquoi ils sont vides. Un resto plein, ça rassure, on se dit que ça doit être bon, sympa et tout. Et puis les gens ont besoin d'être avec d'autres gens. Un resto vide, c'est l'angoisse. Ou c'est vraiment trop mauvais. Ou c'est vraiment trop cher. Et c'est vraiment trop vide ». On a médité en silence sur cette forte pensée. Frappée au coin du bon sens, est-il utile de le préciser. N'empêche qu'on y était bel et bien, dans le resto vide. Comme qui dirait pris au piège. D'un autre côté, comme il venait tout juste de changer de propriétaire, est-ce que ce n'était pas normal qu'il soit vide ? Le temps que les clients se risquent, se fassent une idée, passent le mot... Si ça se trouve, avant le changement de propriétaire, c'était nul de chez nul. Et d'ailleurs, me suis-je dit d'un seul coup, est-ce qu'il y avait réellement un resto à cet endroit-là, avant le changement de propriétaire ? Je n'en avais aucun souvenir. En face, oui. En face, il y avait un de nos QG habituels. Mais là, non. Bizarre. Etonnant. Surprenant. Le monde est plein de mystères, me suis-je dit. Juste au moment où le nouveau propriétaire nous a tendu l'ardoise. Après tout, on était venu pour manger. Et pas seulement pour philosopher, d'autant que pour ceux qui me connaisse à cette époque, la philosophie n'était pas mon domaine de prédilection...
Il y avait une formule : entrée plus plat ou plat plus dessert, ou alors, entrée plus plat plus dessert, mais alors là, on explosait le budget. Pour l'entrée, on l'a joué classique : hareng pommes à l'huile. Quand on ne connaît pas, il ne faut pas prendre de risques inutiles. Hareng pommes à l'huile, normalement c'est sans surprise. Après : un foie de veau, un confit de canard. Et, sur l'insistance du patron, des pommes de terre sautées. A la réflexion, pommes à l'huile et pommes de terre sautées, ça ne faisait pas très équilibré mais compte tenu des activités de cette époque un tel excès ne prêtait pas à conséquence. Et tant pis. Faut également savoir faire plaisir à un nouveau propriétaire. Surtout si on reste ses seuls clients. Au café, un autre copain est venu nous rejoindre. Le patron n'en croyait pas ses yeux : tous ces clients dans son restaurant ! C'était l'ami qui nous avait dit : à ce qu'on dit, ça vaut le coup. Lui, il était allé déjeuner ailleurs. Il n'avait même pas confiance dans ses propres tuyaux... Il nous a demandé ce qu'on en pensait. Honnêtement, on lui a répondu : c'est honnête. Comme quoi on allait peut-être y revenir. Voire sans doute. Du coup, il allait peut-être (voire sans doute) se risquer à venir y manger avec des potes. Et puis les potes amèneraient des potes. Quand les gens passeront dans la rue et regarderont par la devanture, ils verront qu'il y a du monde. Pas trop. Juste assez pour ne pas être tout seuls. Et ils diront : ça n'a pas l'air mal, on entre ?
Tout ça grâce à qui ? Grâce à nous. Nous on a pris tous les risques. En vrais fantassins, l'aventure jusque dans la recherche du repas.

 

Pourquoi je suis français ?

Pourquoi je suis français ?

Je suis français parce que je suis de nationalité française. Que ma nationalité soit d'origine ou acquise, peu importe, pourvu que je me reconnaisse fils d'une nation, c'est à dire d'un ensemble d'humains unis par une communauté de territoire, de langue, de traditions et d'aspirations. Le territoire, c'est ma maison ; la langue en est la clé ; les traditions en sont les fondations ; les aspirations sont les portes et les fenêtres. Le tout, c'est mon présent. C'est ce présent localisable, parlant, historique et prospectif que j'incarne quand je me déclare français. Mon identité est donc plus que ma carte d'identité : c'est un vouloir-être qui m'oblige à réagir contre ceux qui ne veulent pas de la France alors même qu'ils y vivent ou qu'ils en vivent. Mon identité est une action ! L'Histoire qui me porte est aussi l'Histoire que je porte dans un sentiment permanent d'autodéfense. Mon identité est un silence intérieur capable de colères. L'actuel débat sur l'identité nationale corrobore cette évidence. La France gronde en moi comme en chaque Français qui aspire à rester français, car l'actuelle identité de la France est en train de changer l'identité des Français ! Les Français en ont assez, en effet, de vivre au quotidien l'altération de leur être. Etre français, c'est donc être hostile à ceux qui sont hostiles aux lois françaises, à commencer par celles qui sont perçues comme lois du pays d'accueil. Je suis français parce que je dénonce la « nouvelle France » ! Je suis français parce que je suis révolté d'entendre, sur mon sol, des manifestants hurler des slogans antisémites ou soutenir les terroristes du Proche-Orient. Je suis français parce que je ne supporte pas que des drapeaux étrangers ou des banderoles francophobes soient brandis agressivement lors de rencontres sportives ou dans des manifestations de rue. Je suis français parce que je ne tolère plus les personnes qui, sous le couvert de nos lois, font le lit de leur culture en défaisant celui de la République. Je suis français parce que je ne veux plus de ces prêcheurs qui, au nom dune religion, tiennent des discours anti-occidentaux. Je suis français parce que je n'apprécie pas du tout qu'il y ait dans nos banlieues des hommes et des femmes pour voir en Ben Laden un saint ou un héros. Je suis français parce que je n'ai plus la sollicitude que j'avais naguère pour les « sans-papiers » et autres hors-la-loi qui squattent nos églises et méprisent nos droits en exigeant des droits différentiels. Je suis français parce que je n'accepte plus que des élèves ordonnent qu'on réécrive les cours d'histoire au seul motif que l'enseignant leur présenterait une vision exclusivement judéo-chrétienne du monde. Je suis français parce que je ne comprends plus que des étudiants musulmans récusent la mixité, les enseignantes, les enseignants non musulmans, la pensée déiste, encyclopédiste, athée, les Lumières, les cours de littérature, de philosophie, de physique, de biologie, de sport, en un mot tout ce qui gêne leurs convictions célestes. Je suis français parce que je suis excédé de ne plus pouvoir mettre, à Noël, une crèche dans une vitrine ou un sapin dans une école sans déclencher une commission d'enquête. Le Français que je suis en rage d'apprendre qu'un train peut être un lieu de tabassage ou de viol, voire un moyen de transport quasi gratuit pour ces anonymes qui tabassent et qui violent, et dont l'identité, systématiquement tue, se révèle pourtant par ce silence même ! Le Français que je suis serre les poings lorsqu'il entend Dominique Baudis avouer personnellement « ne plus pouvoir sortir dans certains quartiers sans se faire traiter de « sale Français » (FR3 Toulouse, 1999) ! Le Français que je suis souffre de savoir qu'en 2002, François Bayrou qui s'était rendu à Strasbourg à l'occasion de la campagne présidentielle a vu les vitres de la mairie où il se trouvait brisées par des pierres, comme sil était le Mal, et qu'en 2005, Nicolas Sarkozy, visitant une cité « difficile » d'Argenteuil, a été caillassé de la même façon comme s'il était le Diable ! Le Français que je suis n'est pas près d'oublier l'image incroyable du visage de Jacques Chirac couverts de crachats de « jeunes » lors dune visite à Mantes la Jolie, le 4 mars 2002, ni la Marseillaise sifflée en 2001, 2007 et 2008 au stade de France ! Je suis français lorsque je m'insurge contre la tiers-mondisation de nos cités, d'où les autochtones sont chassés au prorata de l'arrivée des étrangers, conformément à une politique immigrationniste suicidaire qui aligne progressivement notre pays sur le Kosovo devenu musulman à 90% en moins de 50 ans ! Je suis français lorsque je vomis le racisme anti-blancs, comme tout autre forme de racisme, et par conséquent, lorsque je tempête contre la discrimination positive » en laquelle j'aperçois l'avancée du « racisme positif » sitôt quelle se fonde sur la couleur, et du « politiquement correct » dans ce qu'il peut avoir d'imbécile et de pleutre ! Je suis français lorsque je fulmine contre les lois françaises appliquées du bout des lèvres dans les « cités » et les « banlieues ». Je suis français en refusant de baisser les yeux quand je croise les occupants de zones hypocritement qualifiées de « non-droit ». Je suis français lorsque je n'entends plus être une victime « ethnique » de la violence ordinaire, que ce soit pour une aile froissée, une priorité refusée, une cigarette que je n'ai pas la chance d'avoir sur moi, un sandwich au jambon jugé « insultant », un geste ou un mot interprété de travers, ou le simple fait d'être là. Je suis français quand j'anticipe les violences qui n'auraient pas manquer d'éclater dans tout l'Hexagone au soir du 18 novembre 2009 si la victoire frauduleuse de l'équipe de France de football avait été obtenue non contre l'Irlande mais contre l'Algérie. Je suis français quand je constate, scandalisé, que les fêtes du Nouvel An célèbrent le renouvellement flambant neuf du parc automobile ! Je suis français quand j'exige que soient sévèrement punis ceux qui téléphonent aux pompiers et aux médecins pour les faire tomber dans d'immondes traquenards. Je suis français quand s'agitent en ma mémoire les voyous qui saccagent nos lieux de vie parce qu'un des leurs s'est tué accidentellement au volant d'un véhicule volé, et qui, profitant de ce drame, jettent par la fenêtre de leur immeuble réfrigérateurs, machines à laver, téléviseurs et autres objets « anodins », défoncent les devantures de locaux et de magasins à la voiture bélier, attaquent les commissariats au lance-roquette, accueillent les forces de l'ordre à coups de pierres, de boules de pétanque, de cocktails Molotov, de revolver ou de fusil, incendient tout ce qui peut brûler, trafiquent la poudre, les véhicules et les armes... quand ils ne s'engagent pas dans des cellules terroristes pour semer sur notre sol ou ailleurs la dévastation et la mort ! Je suis français quand des rappeurs veulent « niquer la France », quand Houria Bouteldja traite mes compatriotes de « sou chiens », quand je dénonce l'islamisation de mon pays comme des pays européens, quand je plaide pour une Europe laïque et féministe, quand j'admire Malek Boutih, Malika Sorel, Hamid Zanaz, Kébir Jbil, Pascal Hilout, Sihem Habchi, Abdennour Bidar... tous issus de l'immigration et tous honneur de la France par leur engagement authentique en faveur des valeurs républicaines. Je suis Français quand je soutiens les Droits de l'Homme, quand j'en appelle à l'universel par la femme qui est l'Homme et par l'Homme, qui ne vaut que par l'universel. Je suis français plus que jamais quand, au nom de cet universel, je pense aux Français qui ont donné leur vie non seulement pour que je n'aie pas à donner la mienne, mais encore pour que je puisse vivre les valeurs qui les ont tenus debout quand tout s'écroulait autour deux. Ces valeurs ne doivent pas être noyées dans je ne sais quelle honte nationale : c'est par elles et pour elles que je suis ce que je suis. Je suis français par résistance !

Rosalie et Brunie

Rosalie et Brunie.

 

J’aurais peut-être dû y aller. Mais où, pensez-vous ? Mais au Salon de l’Agriculture, bien sûr. Je sais qu’il est fermé depuis déjà deux semaines, ça ne fait rien, j’aurais dû y aller tout de même. Après tout, c’est le dernier salon où l’on se pose. Je serais allé dire bonjour aux vaches Rosalie et Brunie. Je suis sûr qu’elles auraient apprécié. Je suis un ami des vaches ne serait-ce que pour le lait, demandez à ceux qui me connaissent. Surtout depuis qu’on les a traitées de folles. Nous, les humains, qui traitons les vaches de folles ! C’est l’hôpital qui se moque de la charité. Heureusement qu’on entend pas ce qu’elles se disent, sur nous, le soir, entre copines, au fond de l’étable. Parce que, comme cinglés, on se pose là. Les vaches ne nous arrivent pas à la cheville. Depuis la plus haute antiquité, l’homme est un loup pour l’homme. Alors que la vache est une vache pour la vache. Et ce n’est pas la visite express (et pour la fermeture seulement) de l’agité de l’Elysée qui les aura fait changer d’avis. Même pas capable de rester cinq minutes à leur faire la conversation. Pas le temps de leur faire des compliments, de leur caresser la croupe. Des vaches qui viennent exprès pour ça, qui se sont pouponnées, brossées, peignées, manucurées, pour se montrer sous leur plus beau jour. Allez hop, une demi-heure pour faire le tour du Salon au galop, juste le temps de rouler dans la farine une fois de plus ces pauvres paysans, et il se casse. C’est pas beau de snober les vaches. C’est vraiment pas élégant. A mon avis, il n’a pas intérêt à aller se montrer dans les cours de ferme. Les vaches ont de la mémoire. Alors, que lorsque le patron est venu quelques jours auparavant, tu parles si elles étaient contentes ! Chirac, l’homme qui sait parler à l’oreille des vaches. Sous leurs grands cils rimmellisés, elles le couvraient des yeux. Il aura au moins fait ça, Chirac : rehausser notre prestige auprès des vaches. Ce n’est pas rien.

Mais il n’y a pas que des vaches, au Salon de l’agriculture. Il y a des chevaux gros comme des locomotives, capables de tirer derrière eux des tonnes d’arbres, de pierres, de tout ce que vous voulez. Quand j’était jeune, j’en connaissais personnellement deux, chez mon copain, fils de paysans. L’un s’appelait Pleurot. L’autre, Fagros. J’adorais crier : « Hue, Pleurot ! Hue Fagros ! ». Comme ils étaient sympas, ils faisaient mine de m’obéir. Ils étaient costauds, mon vieux, de vrais mastodontes. Pacifiques et gentils, d’accord. Mais ils me foutaient tout de même un peu la trouille. Un coup de sabot malencontreux, et hop, écrabouillé. J’en connais à qui s’est arrivé, pas très joli à voir le résultat. C’est comme les cochons. C’est rigolo, les cochons, avec leurs petits yeux et leur bouche qui se marre sous le groin. Mais quand c’est très gros, c’est nettement moins rigolo. Je sais de quoi je parle : j’en ai fréquenté chez le Pierrot. Je les trouvais très méchants. Il faut dire que j’étais nul à cette époque. Il n’a pas fallu longtemps aux cochons pour s’en apercevoir. Alors ils n’ont fait rien qu’à m’embêter. Sales bêtes. Les cochons qu’on voit au Salon ne sont pas sales du tout. Ils sont propres, mon vieux, nickel chrome. Passés au jet, à la brosse, à l’éponge, au polish. Comme quoi, les cochons ne sont pas sales par nature. Si on ne les met pas dans la boue, dans le fumier, dans le purin, ils sont mignons comme tout. De toute façon, dans les usines à cochons, ils ne sont ni propres ni sales ni rien du tout. Ils bouffent. Comme des cochons. En attendant l’abattoir. C’est triste. Remarquez, j’ai passé mon enfance à la campagne et souvent j’entendais en allant à l’école les cris des cochons égorgés par le Pierrot. C’est triste à dire, mais l’homme à cette faculté rare de s’habituer à tout.

Sinon, au Salon de l’agriculture, il y a aussi des poules, des coqs, des oies, des canards, de la volaille en pagaille. Les poules sont mes copines (j’ai d’ailleurs gardé « ce trait » une bonne partie de ma vie..). Je peux passer des heures à les regarder farfouiller avec leurs pattes dans la cour de ferme en faisant leurs petits bruits de gorge. Les coqs, eux, ne sont pas du tout mes copains. Ils sont beaux, je ne dis pas le contraire. Mais se faire réveiller par un coq à cinq heures du matin, franchement, ce n’est pas humain. Un coq qui chante à cinq heures du matin réveille un autre coq. Qui se met à chanter à cinq heures dix. Lequel réveille un troisième coq. Qui se met à chanter à cinq heures vingt. Et c’est parti, non-stop, jusqu’à huit heures. Qui est une heure décente pour se lever, même à la campagne. De toute façon, à l’heure où je vous parle, il pleut sur la campagne. Il pleut non-stop, depuis au moins huit heures ce matin. Il pleut sur les vaches, sur les chevaux, sur les cochons, sur les poules, sur les coqs, sur les oies, sur les canards. Et sur les humains. Sur moi, en particulier. L’herbe est verte, je ne dis pas le contraire. Mais l’homme ne vit pas seulement d’herbe verte. Il vit aussi de soleil. J’entends une certaine amie dire que je dis encore du mal de la Bretagne parce que je dis qu’il pleut. La faute à qui ? Au moins, au Salon de l’agriculture, il ne pleut pas. On est au sec. Il fait chaud. Les bêtes croient qu’il fait beau dehors. Ça leur donne le moral. Et puis tous ces gens qui viennent les admirer, c’est bon pour leur ego. Elles sont comme tout le monde, qu’est-ce que vous croyez ?

Sans faute, j’irai au Salon de l’agriculture l’année prochaine… Retrouver une partie de ma jeunesse. Car, regardez bien autour de vous, dans nos campagnes, voyez-vous encore beaucoup de vaches dans les champs ? Si vous avez la chance d’habiter dans un charmant petit village campagnard, entendez-vous encore le chant du coq le matin ?

Non, plus beaucoup du moins. A qui la faute me direz-vous ? Mais à l’homme bien sûr. Celui qui veut habiter à la campagne mais qui n’accepte pas les bouses de vache sur la route. Celui qui veut habiter à la campagne mais qui poursuit en justice, le cultivateur d’à côté pour nuisances sonores (le coq à cinq heures du matin, vous vous souvenez !). Oui, mesdames, messieurs, nous avons trouvé le moyen de faire disparaître de nos campagnes tous les animaux qui accompagnaient notre jeunesse et nous nourrissaient sainement…

 

 

La Bande-annonce

Les bandes-annonces.

 

Voulez-vous la preuve décisive, irréfutable, accablante de la scandaleuse partialité des média ? Ne bougez pas, je vais vous la donner. Je pourrais vous parler des récentes élections régionales mais j’ai beaucoup mieux. Il y a déjà quelques temps, je me souviens, Saint-Etienne avait battu le PSG 2 à 0 (c’est du foot). Une magnifique victoire, nette et sans bavure. Or, qu’avions-nous entendu, à la radio, à la télé, qu’avions-nous lu dans les journaux ? Des cris, des pleurs et des lamentations : encore raté pour le PSG, vraiment dommage pour le PSG, rien ne va plus au PSG, mauvaise passe au PSG, etc… Tout sur le pauvre petit PSG. Rien sur Saint-Etienne. Autant dire que pour les médias seul compte le sort du PSG. Qu’il se soit fait battre était devenu une catastrophe nationale. Mais que Saint-Etienne ait gagné (et de quelle façon !), tout le monde s’en foutait. Or, mesdames, messieurs, je vous le demande, qu’elle est l’information la plus objective : « Saint-Etienne bat le PSG » ou bien « Le PSG encore battu » ? Mais les médias n’en ont que pour Paris et son équipe à la ramasse, soutenue pas ses tarés de supporters à la noix. Saint-Etienne, c’est où ? Ils font du foot, à Saint-Etienne ? Heureusement que je suis là pour dénoncer l’ignominieux parti pris par les médias à la solde du grand capital.

Bon. J’arrête de dire du mal des médias. En vérité, les médias sont très utiles. Grâce à eux, on sait enfin ce qu’il y a de meilleurs pour nous. On a eu, les meilleurs lycées, les meilleurs prépas, les meilleurs hôpitaux, les meilleures maternités, les meilleures destinations de vacances, les meilleurs dirigeants… On n’aura vraiment plus aucune excuse si on n’est pas les meilleurs. Ou alors c’est qu’on le fait exprès. J’attends avec intérêt, les meilleurs garagistes, les meilleurs bars, les meilleurs coins de pêche… Mais aussi (il faut penser à tout) les meilleurs cimetières. Comme ça, on sera paré pour tout.

Parlons plutôt des bandes-annonces. Une bande-annonce est censée nous montrer les meilleurs moments d’un film dans le minimum de temps. Pour nous appâter, nous donner envie, nous faire saliver. J’adore les bandes-annonces, presque autant que le film que l’on doit voir juste après. Le film, une fois qu’on l’a vu, on sait ce qu’on en pense. Enfin, plus ou moins. On a plutôt aimé, ou plutôt détesté. Ou plutôt ni l’un ni l’autre. Une bande-annonce, c’est du virtuel, de la promesse. C’est comme la première rencontre avec une femme : tout est ouvert, tout est encore possible. Juste quelques images. Et débrouille-toi avec ça. A toi de te faite ton cinéma. Vous avez des bandes-annonces qui vous horripilent ou vous font hurler de rire tellement elles sont ridicules. Vous vous dites : ce film-là, je n’irai certainement pas le voir, tu peux toujours courir. Or si ça se trouve le film est vachement bien. Ça s’est vu. En tout cas, à moi, ça m’est arrivé. Un copain qui me dit : au fait, t’as vu « Miracle en Auvergne » (cherchez pas, ça existe pas) ? T’es fou ou quoi, je lui réponds, t’as vu la bande-annonce ? La bande-annonce, d’accord ; il me dit. Mais le film, lui, est absolument épatant ! A l ‘inverse, vous voyez une bande-annonce pleine d’humour, de finesse, d’intelligence. Vous vous précipitez pour voir le film dès qu’il sort. Une daube ! En fait, tout ce qu’il y a de bien est dans la bande-annonce. Le reste est nul. Soit trente secondes sur quatre-vingt-dix minutes. Ça ne fait pas beaucoup. Mais le pire, c’est quand la bande-annonce tue elle-même le suspense. Quand elle donne la chute, le dénouement. En trois images, vous avez compris que ce sera un happy end. Les amoureux brouillés à mort vont se réconcilier. La petite fille retrouvera son papa chéri. Ou alors, tout au contraire, vous voyez le héros se faire descendre, trois balle dans le buffet, raide mort. Ça ne vaut même plus le coup de voir le film. Remboursez !

Il faut dire que c’est un peu mission impossible, une bande-annonce. Ramener un film entier à quelques images, c’est limite débile. On peut aussi dire que, vu la contrainte, c’est tout un art. Etre basique, mais pas trop. Subtil, mais pas trop. En dire assez, mais pas trop. Créer du désir. De la frustration. Mais aussi du plaisir. Surtout qu’une bande-annonce passe au milieu d’autres bandes-annonces. Qui, toutes, veulent décrocher la timbale. Que la meilleure gagne ! La preuve de l’importance de la bande-annonce, c’est ce dialogue qu’on entend si souvent : t’as vu « Miracle en Auvergne » (cherchez pas, ça n’existe toujours pas), non, mais j’ai vu la bande-annonce. Preuve qu’on l’a quasiment vu, Miracle en Auvergne. Qu’on en sait suffisamment pour en discuter. Avec, sur celui qui l’a vu, cet incomparable avantage : on n’a pas eu le temps d’être déjà déçu.

C’est comme les émissions politiques à la télé, quand les candidats viennent vanter leur programme, leurs idées, leur personne. Vous allez me dire que deux heures au lieu de quelques secondes, ce n’est pas exactement la même chose. Mais si ! Quelques secondes pour un film de deux heures, c’est pareil que deux heures pour un mandat régionale. A la télé, les candidats essayent de nous donner envie de voir le film dans son entier. Ils nous appâtent. Ils nous font rêver. Et nous, on est comme avec les bandes-annonces. Si l’émission est raté, est-ce que ça veut dire que le film sera raté ? Si elle est réussie, est-ce que le film sera réussi ? Pas facile de prendre les paris. La télé, c’est de l’émotion, de la séduction, du suspense. Cinq ans de réalité, c’est une autre paire de manches. T’as vu le quinquennat ? Et pourtant, j’avais vu l’émission…

J’ai gardé le meilleur pour la fin. La question de fond : la vie est-elle une bande-annonce ? Et si oui, de quoi ?

Je ramasse les copies dans une heure et demie.

Pourquoi ce conflit israélo-palestinien ?

Pourquoi ce conflit israélo-palestinien ?

 

Le conflit israélo-palestinien n’est pas un western, c’est une tragédie. Dans un western, il y a les bons et les méchants ; dans une tragédie, tout le monde a raison (ou a tort).

Le judaïsme antique avait deux faces : une religion traditionnelle où les prêtres faisaient des sacrifices d’animaux dans un temple ; une religion d’assemblée où les croyants se réunissaient dans des synagogues pour écouter et méditer les Ecritures.

En l’an 70 de notre ère, le futur empereur Titus avait écrasé une insurrection juive en détruisant le temple de Jérusalem.

En l’an 135, l’empereur Hadrien dispersa les juifs, à la suite d’une nouvelle insurrection.

Le judaïsme devint alors une religion dispersée - la diaspora -, sans temple, gardant seulement la nostalgie de la Palestine (« l’an prochain à Jérusalem »).

Ce que nous voyons au journal télévisé, ce sont les soubassements du Temple détruit, le mur des Lamentations ; et les mosquées qui furent construites sur son esplanade, le dôme d’Omar et El-Aqsa. Les juifs restés en Palestine sont devenus chrétiens, puis musulmans (à l’exception d’une petite communauté autorisée à revenir en 394).

Ceux de la diaspora se sont établis un peu partout dans le monde autour des synagogues qui s’y trouvaient déjà (voir les épîtres de Paul).

Il y eut beaucoup de conversions au judaïsme, depuis les tribus berbères du Maghreb jusqu’aux castes dirigeantes du royaume turc des Khazars. Il y aura même un Etat juif sur la Volga. D’où la difficulté d’expliquer que Sharon, de type slave, est plus sémite qu’Arafat, lequel correspond trait pour trait à la caricature du juif Süss…

Au XIXe siècle, les juifs étaient nombreux dans l’empire ottoman et dans celui des tsars. Chez les Turcs, ils n’étaient pas inquiétés, alors que chez les russes sévissaient les « pogroms » (émeute antisémite). La populace brûlait les maisons sans que la police tsariste intervînt.

A cette époque, un intellectuel juif viennois, Théodor Herzl, pensa que ce scandale ne pouvait plus durer. Comme les Etats-nations étaient alors à la mode, il eut l’idée d’en créer un pour servir de refuge aux persécutés israélites. En 1896, il publia son livre « L’Etat juif ». L’affaire Dreyfus, qui le fit désespérer un moment de la République française, ne fut pas étrangère à son projet. Le « sionisme » était né (Sion, l’un des noms bibliques de Jérusalem). Herzl aurait bien accepté pour refuge l’Ouganda, mais en définitive, comme tous les textes de la Bible parlent de la Palestine, le congrès sioniste décida de créer le refuge dans le pays d’origine du judaïsme. Rien que de logique…

Le malheur fut que ce pays était, depuis presque deux millénaires, occupé par d’ex-juifs et des Arabes musulmans (ou chrétiens). On y trouvait quelques communautés ferventes à Safed, à Jérusalem, à Hébron, mais elles étaient minuscules.

Les sionistes refoulèrent cet aspect déplaisant de la réalité. Herzl alla négocier avec le sultan et , quand on lui allégua la présence d’Arabes en Palestine, il avança l’argument du caractère nomade (bédouin) et non sédentaire de ces derniers. Ce qui est faux, beaucoup d’Arabes palestiniens étant agriculteurs. Les premiers colons sionistes, encouragés par les Rothschild, achetèrent des terres pour transformer les commerçants et les tailleurs de la diaspora en paysans semblables à ceux de la Bible.

En 1918, l’empire turc disparut.. Les Anglais avaient à la fois promis l’ »indépendance » aux Arabes et un « foyer » aux sionistes - Lawrence et Balfour !

Le mouvement sioniste prit de l’ampleur à la suite de la révolution soviétique et de l’indépendance de la Pologne. L’émigration vers la Palestine fut valorisée (c’est une « aliyah », une montée). L’élite dirigeante israélienne est issue de l’Est européen (juifs de Lituanie ou de Pologne). Les disputes, puis les heurts, se multiplièrent entre les communautés rurales juives (les fameux kibboutz) et les agriculteurs arabes. La ville de Tel-Aviv absorba rapidement Jaffa. On comptait 200 000 juifs en Palestine en 1925, 400 000 en 1935 et 700 000 à la veille de la guerre mondiale, la Palestine étant sous protectorat anglais.

Pendant la guerre, les juifs de Palestine jouèrent le jeu de l’Angleterre. Ils formèrent des unités israélites, alors que le mufti de Jérusalem (par antisémitisme) fut pro-allemand. En 1945, les puissances victorieuses prirent brutalement conscience de la Shoah et furent saisies de remords tardifs. L’Holocauste légitimait la pensée de Herzl aux yeux des nations. Sans le choc frontal de la destruction des juifs d’Europe par les nazis, jamais l’URSS, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis n’auraient joué cette carte. L’ONU accepta en 1948 la création d’un Etat juif en Palestine. Les juifs de Palestine (le Yichouv) n’attendaient que cela. Les Etats arabes émancipés au même moment - Syrie, Jordanie, Irak, Egypte (les Anglais y restant très présents jusqu’à Nasser) - ne l’admirent pas. Leurs armées envahirent le nouvel Israël. N’ayant jamais combattu, les armées arabes n’étaient pas aguerries. Les Anglais s’étaient méfiés du progermanisme des arabes et, contrairement aux Français, ne les avaient pas employés contre Rommel. La Haganah, devenue Tsahal, était aguerrie et bien équipée (par les Russes et la Tchécoslovaquie). Elle gagna la guerre d’indépendance. Des centaines de milliers de paysans palestiniens prirent la fuite (le moins que l’on puisse dire est que les dirigeants sionistes ne s’y opposèrent pas ; on cite le nom de quelques villages incendiés) et quittèrent leurs fermes. L’ « indépendance » des uns fut la catastrophe (la « Nakbah ») des autres. Israël avait gagné ses frontières de la « ligne verte », depuis reconnues par l’ONU, donc légales.

En 1956, Israël participa, sans profit, à la funeste expédition franco-anglaise sur le canal de Suez, se faisant encore un peu plus mal voir des Arabes.

Cependant, peu à peu, les Palestiniens de l’ouest du Jourdain devenaient mentalement des Jordaniens. On s’acheminait vers une reconnaissance réciproque de facto. La guerre des Six Jours, en 1967, remit tout en cause. En quelques journées, du 5 au 10 juin, les chars de combat et les avions Mirage de Tsahal anéantirent complètement les armées jordanienne, syrienne et égyptienne (les Irakiens n’eurent pas le temps d’arriver). Tsahal démontra qu’elle était (et demeure) la meilleure armée du Proche-Orient. Elle alla faire sécher son linge sur le canal de Suez (allusion à une chanson des soldats anglais de la guerre mondiale : « Nous irons pendre notre linge sur la ligne Siegfried. ») Les territoires jordaniens à l’ouest du Jourdain devinrent «  les territoires occupés ». Le plateau syrien du Golan fut occupé.

L’armée d’Israël, armée de conscription (trois ans de service pour les garçons et deux ans pour les filles), est une admirable armée. Comment ne pas se réjouir en imaginant la tête que doit faire Hitler, s’il regarde les magnifiques combattants juifs sur leurs Panzer, lui qui les méprisait tant ! Les généraux des Six Jours font penser à Rommel, ou à Leclerc. Cela prouve encore une fois que la valeur au combat dépend de la motivation. Les « sionistes » qui s’illustrèrent héroïquement lors de la révolte du ghetto de Varsovie (en 1943) n’avaient d’ailleurs que mépris pour la passivité résignée de certains juifs de la diaspora.

Mais, triomphe militaire, cette guerre de 1967 fut une terrible faute politique. De gaulle avait prévenu, à la veille du conflit, l’ambassadeur d’Israël : « Vous avez bénéficié jusque-là de circonstances exceptionnelles. Contentez-vous de ce que vous avez. Si vous dépassez la « ligne verte », croyez-en mon expérience, vous allez devenir des occupants », dit-il en substance au diplomate. L’«ubris » emporta le sionisme. Victoire des armes à la Bonaparte, cette guerre fut un désastre géopolitique. Avec elle naquit une conscience nationale palestinienne qui s’exprima dans l’OLP, présidée par Arafat depuis 1969 jusqu’à sa mort en 2004.

Le 6 octobre 1973, le successeur de Nasser, allié aux Syriens, lança une violente attaque surprise (le jour de la fête juive du Kippour) prouvant que les Arabes aussi savaient se battre. Les chars syriens descendirent sur le lac de Tibériade. Le génie militaire du général Sharon, qui contre-attaqua avec ses blindés au-delà du canal de Suez vers le Caire, sauva Israël (Sharon est un grand général. Sera-t-il un grand politique ? Il n’y a qu’un Bonaparte ou un De Gaulle par siècle). L’alerte avait été chaude. Tsahal, erreur fatale, avait sous-estimé l’adversaire. Ayant compris la leçon, Israël se hâta de conclure la paix avec Sadate, au prix de l’évacuation du Sinaï. Ce qui valut au président Sadate, qui n’avait pas craint de se rendre en personne à Jérusalem, d’être assassiné par un intégriste musulman le 6 octobre 1981.

Après une vaine occupation du Liban, Israël se trouva confronté, non plus à des armées, mais à une résistance. Il le compris et, en septembre 1993, admit la mise en place d’une Autorité palestinienne dans les territoires occupés. Le lucide général Rabin le paya de sa vie, assassiné en novembre 1995 par un intégriste juif. Depuis cette date, le « processus de paix » patine et les « intifadas » (révoltes des pierres) palestiniennes se succèdent, aggravées par un terrorisme aveugle.

Israël en Palestine évoque Sparte au Péloponnèse, camp militaire au milieu des Hilotes.

Les deux légitimités, l’israélienne et la palestinienne, sont incontestables.

La légitimité d’Israël n’est cependant ni religieuse ni raciale ; elle est historique. Elle procède du sang versé et des sacrifices consentis par les colons juifs.

A l’inverse, les Arabes occupent depuis des temps immémoriaux un territoire qui jusqu’au XXe siècle ne leur était contesté par personne, les Ottomans étant puissance protectrice.

A l’immense tragédie de la « Shoah », on ne peut objectivement pas comparer la « Nakbah » ; mais, subjectivement, l’Arabe palestinien pense le contraire. Le monde arabe a l’impression qu’on lui demande de payer la facture nazie. Si la haine était excusable (elle ne l’est jamais : même quand il faut combattre, on doit le faire sans haine), le jeune sioniste devrait haïr l’Allemand et non l’Arabe. En sens contraire, Israël est devenu pour les Arabes la « bonne excuse » qui les empêche de se moderniser. Si tous les maux viennent d’Israël, il suffit d’attendre sa disparition (ou de la hâter en se faisant sauter).

Quant au mécanisme qui conduit de jeunes Français musulmans maghrébins à détester leurs compatriotes maghrébins d’origine comme eux, parce qu’ils sont de religion juive, il est aberrant : ni les uns ni les autres n’ayant rien à voir avec le Proche-Orient. « Maghrébin » veut dire « occidental » ; le Maghreb, c’est l’ « Occident » des Arabes d’orient. On est là en plein déni de la réalité française.

En Palestine, la seule issue admise intellectuellement par la plupart serait la coexistence d’un Etat juif et d’un Etat palestinien. Pour cela, il faudrait que les Arabes acceptent les faits. Pour cela, il faudrait aussi qu’un de Gaulle israélien fasse évacuer les « implantations » des territoires, donc prenne le risque de faire tirer Tsahal sur des juifs, comme l’armée française finit par tirer sur l’OAS, à Bab el-Oued. On voit que le chemin est ardu…

Monde ordinaire ou monde parallèle ?

Monde ordinaire ou monde parallèle ?

 

Il y a peu de temps, je me trouvais dans une salle d’attente. Et pour passer le temps je me mis à parcourir un des magazines à ma disposition sur la table. Sur la couverture du magazine, quatre sujets : « les tornades », « le paradis sauvage en France », « les chasseurs de trésors » et « 19 milliardaires cherchent l’âme sœur. Et si c’était vous ? ». Avec cette invitation centrale : « Bienvenue dans le monde réel ».

Certains philosophes se sont échinés depuis des siècles à démontrer que le réel n’est qu’une fabrication de nos sens ou de notre entendement. Certains courants religieux nous ont conduits à penser que ce que nous appelons réalité n’est qu’illusion. La science, quant à elle, nous prouve que lorsque nous voyons un objet nous ne faisons que décoder la façon dont la lumière mobilise les terminaisons nerveuses de nos yeux. Ici, le magazine nous dit qu’il faut considérer comme réel ce qu’il nous montre : milliardaires esseulés, catastrophes, événements extraordinaires, etc…

Mais, surtout, le magazine propose une définition du réel : n’est réel que ce qui est dans un journal. Le réel, c’est donc la bulle médiatique. Hors de la représentation médiatique, point de réalité. Le journalisme, censé être le miroir critique du monde, est devenu le point d’où émerge le monde. Les événements ne sont plus pensés qu’en fonction du « choc » qu’ils peuvent occasionner dans les médias. Cela jusqu’à l’heure où ils se produisent : un événement est pensé pour pouvoir être couvert par le journal de 20 heures. Dire qu’un journaliste « couvre » un événement est d’ailleurs significatif de ce qui tient lieu désormais de réalité. Cette idée d’une réalité réduite, rétrécie, fabriquée, est énoncée dans un étonnant concept formé aux Etats-Unis pour désigner les techniciens des médias : ce sont des « professionnels de la réalité ». les médias sont devenus des sites de production du réel. « Bienvenue dans le monde réel » signifie moins « je parle de ce qui est réel » que « n’est réel que ce dont je parle ».

Cette prétention émane d’un journal à l’option éditoriale particulière, centrée autour du spectaculaire. Or, un événement ne se résume pas à cet aspect. Les événements sont des processus, des modes de transformation, des flux, des devenirs. Et non pas le processus gelé à l’un de ses points de paroxysme. Sinon, cela se résume à calibrer l’événement sur son unique capacité à produire des affects et de l’émotion. Considéré de cette manière, l’événement perd de sa substance et se transforme en cliché. Mais cet événement dévitalisé constitue pourtant l’unité de base d’un mode de fonctionnement social centré sur les médias et la médiatisation. Des jeux et du cirque : la logique de l’arène revient. Les médias chauds remplacent ce média froid qu’était le livre. Aujourd’hui, ce sont eux qui ont vocation à définir ce qu’est la réalité. Généralisé, cela fabrique une collectivité caractéristique de ce que le philosophe allemand Peter Sloterdijk appelle le fascisme de divertissement.

Alors, une question soudain nous assaille : si le monde du magazine est le monde réel, ceux qui vivent dans le monde ordinaire vivent-ils dans un monde parallèle ?

La burqua de Djamila, ne fait pas la Française!

La burqua de Djamila, ne fait pas la Française!

La burqua revient une fois encore sur le devant de la scène. Les politiciens sont de nouveau sur le front avec tout ce que cela implique… Mais qu’en est-il exactement ? Que revendiquent ces jeunes femmes françaises d’origine magrébine ? Que dit exactement le Coran ?

Depuis quelques années, en France comme un peu partout en Europe, des jeunes femmes se drapent dans une tenue foncée allant jusqu’à voiler complètement leur visage. En France, les services concernés ne recensent qu’environ 500 cas. Pour autant, le tapage médiatique fait autour de ces « tenues », force le citoyen que je suis à m’interroger.

Il y a quelques temps, Djamila drapée dans son martyre et ses divins bandages, demandait justice. Licenciée pour avoir porté le voile islamique à son travail, elle exigeait sa réintégration mettant sa foi en avant. Qui se permettrait de violer sa liberté de conscience ? Djamila invoquait « deux versets du Coran ». Allons-y voir donc…

Sourate 44, verset 31 : « Dis aux croyantes de baisser leurs regards, d’être chastes, de ne montrer que l’extérieur de leurs atours, de rabattre leurs voiles sur leurs poitrines. »

Sourate 33, verset 59 : « Dis aux femmes des croyants de se couvrir de leurs voiles. »

Ainsi Dieu, parmi bien d’autres injonctions, ordonne à Djamila de baisser son regard et de se voiler. Elle se voile, mais elle ne baisse pas son regard, en tout cas pas à la télévision. Le Coran prescrit aussi, Sourate 4, verset 34 : « Les hommes ont autorité sur les femmes, en vertu de la préférence que Dieu leur a accordée sur elle. » Djamila est au contraire pour l’égalité. Excellent choix, mais pas très coranique. Dans le même verset, il est dit : «  Si vous craignez l’infidélité de vos épouses, frappez-les. » Djamila est contre. Elle a raison. En fait, elle choisit dans le Coran ce qui l’arrange, ou plutôt ce qui nous dérange. Elle a trouvé dans le voile non pas la vérité coranique dont Djamila se fiche, nous venons de le démontrer, mais un point de rupture avec les autres Français. Tracer des lignes de partage derrière lesquelles on rassemble ses partisans, c’est la définition même de la politique.

Les maîtres qui inspirent Djamila sont les tenants d’un courant politique (l’islamisme) et elle remplit sa tâche de militante intégriste, pas ses obligations religieuses. Car le voile qu’elle a choisit dit tout de sa politique. Regardez bien le voile de Djamila, il truffe tous les journaux. Ce n’est pas n’importe quel voile. C’est un uniforme, l’uniforme des intégristes. La candeur démocratique ne doit pas se faire posséder par l’imposture. J’ai servi pendant une période au Maroc en 1978, ce voile était totalement inconnu. Les femmes se dissimulaient sous une pièce d’étoffe en laine posé sur la tête, tombant jusqu’aux chevilles et qu’on remontait au visage. Beaucoup d’autres, préféraient le Safsari en soie blanche ou la takrita, simple foulard carré noué au cou. Toutes les femmes se coiffaient ainsi au sud de la Méditerranée, musulmanes, juives ou chrétiennes. C’était le vêtement traditionnel comme le pantalon bouffant et la blouza boutonnée. Mais les voiles de bonne sœur chrétienne, comme celui de Djamila, personne n’en avait jamais vu… sauf sur les religieuses catholiques. Par contre, en Irak, surtout chez les Kurdes, dans quelques régions de Syrie, en Arabie Saoudite et généralement en Orient, il n’était pas rare qu’on s’encapuchonne de la sorte. Puis apparut le voile de Djamila. Sanglées de bandelettes, le visage encadré d’une guimpe telle des momies en leurs sarcophages, quelques jeunes filles brandirent ainsi leur piété toute neuve alors que leurs camarades garçons se laissaient pousser des barbes pubères. Un tonnerre d’éclats de rire accompagna cette bouffonnerie. Les filles qui singeaient les femmes des Frères musulmans égyptiens, on les baptisa les « frèresses », en arabe les khouanjias. Mais le rire se figea lorsqu’on vit les « frèresses »  et les barbus prendre progressivement le contrôle de la société civile, déclencher une atroce et interminable guerre civile en Algérie (200 000 morts), inventer la bombe vivante qui a New York, Bali, Aden et Jérusalem sème le deuil et la ruine qu’on sait.

Djamila et ses copines ne sont sûrement pas des poseuses de bombes, mais elles portent leurs uniformes. Sans le vouloir peut-être, elles les recrutent. Tous les voiles ne sont pas des kamikazes, mais toutes les kamikazes sont des voiles. Est-il urgent de les imiter ne serait-ce que dans leur costume ? Les musulmans les plus rigoureux, dans l’entre-deux-guerres et au-delà, incitaient leurs filles à se dévoiler, à s’occidentaliser. Ils savaient que le futur ne serait fécond qu’en se mettant à l’école de l’Europe, comme jadis l’Europe s’est épanouie en s’inspirant de l’Islam. Les intégristes eux, entendent combattre, chasser, détruire l’Occident. Ils le disent, ils le font. Djamila en portant leur uniforme, nous envoie ce message : je vous refuse, je ne veux pas vous ressembler, mon modèle, symbolisé par mon vêtement, réside à Médine au 1er siècle de l’ère hégirienne.

Il faut que Djamila comprenne qu’elle se trompe, qu’on l’a trompée. Qu’elle cause bien des tourments aux siens, car quand il la voit ainsi déguisée le Français pense : « Ils sont tous dangereux. » Le job comme l’appartement seront alors hors d’atteinte. Tes croyances, Djamila, garde-les dans ton cœur, ne les galvaude pas dans le métro et à la télévision. Jette cet uniforme de mauvaise augure, remplace-le, à la rigueur, par le foulard de tes grand-mères. Et, Djamila, tu n’as pas le droit de dire : je ne suis soumise à personne, seulement à Dieu. Car, Djamila, notre Coran, notre Torah, notre droit canon s’appelle ici Constitution, code civil, code pénal. C’est au droit que tu dois te soumettre. Car, l’aurais-tu oublié Djamila, nous vivons en France, chez les Français. Et, Djamila, si ton voile recouvre entièrement ton visage, comment peut-ont identifier ta citoyenneté ? Il y aurait alors les citoyens avançant à visage découvert dans un contrat social volontaire et librement consenti. Et puis il y aurait toi et tes consœurs ou ceux (qui sait, après tout ?) qui jouiraient du privilège d’évoluer en société dans une tenue qui leur garantisse l’incognito, comme durant cette brève période exceptionnelle de transgression qu’est le carnaval. Si un demandeur étranger refuse l’obligation administrative de décliner son identité vérifiable, c’est alors tout simplement de la triche. Il y a rupture de l’égalité républicaine. Celles et ceux qui viennent en France auront la chance d’évoluer dans un pays où les hommes et les femmes naissent libres et égaux en droits. Notamment le droit d’évoluer à l’air libre, de jouir de leur autonomie physique, intellectuelle et morale, prélude à un monde libre. A présent, Djamila, c’est à toi de jouer….Mais il faut que tu saches aussi que la candeur démocratique ne se fera peut-être pas posséder par l’imposture car tous les Français ne siègent pas à l’Assemblée. D’un autre côté si par hasard ou par lâcheté, le gouvernement t’autorisait à porter la burqua, je reste certain que tu aurais très rapidement des petits camarades : dans les manifestations et sur les photos des radars.

Victor, reviens !

Victor, reviens !

Il y a 161 ans, un citoyen peu ordinaire s’adressait à L’Assemblée législative en des termes tellement actuels…

Le 9 juillet 1849, ce citoyen interpelle sur les bancs de l’Assemblée, les membres du gouvernement ; je cite :

« […] Vous n’avez rien fait tant que le peuple souffre ! Vous n’avez rien fait tant qu’il y a au-dessous de vous une partie du peuple qui désespère ! Vous n’avez rien fait, tant que ceux qui sont dans la force de l’âge et qui travaillent peuvent être sans pain ! Tant que ceux qui sont vieux et qui ont travaillé peuvent être sans asile ! Tant que l’usure dévore nos campagnes, tant qu’on meurt de faim dans nos villes, tant qu’il n’y a pas de lois fraternelles […] qui viennent de toutes parts en aide aux pauvres familles honnêtes, aux bons paysans, aux bons ouvriers, aux gens de cœur ! Vous n’avez rien fait, tant que dans cette œuvre de destruction et de ténèbres, l’homme méchant à pour collaborateur fatal l’homme malheureux !

Vous le voyez, messieurs, je le répète en terminant, ce n’est pas seulement à votre générosité que je m’adresse, c’est à votre sagesse et je vous conjure d’y réfléchir ! »

Ce citoyen français peu ordinaire, qui fait ce discours sur les bancs de l’Assemblée législative ce 9 juillet 1849 s’appelle Victor Hugo. Plus de 161 ans après, les choses n’ont pas changé…

NOUVEL AN

1 an de Santé

1 Jahr Gesundheit

52 semaines d'Amour

52 Wochen Liebe

365 jours de Joie

365 Tage voll Freude

8760 heures de Folie

8760 Stunden Verrücktheit

525 600 minutes de Prospérité

525 600 Minuten Reichtum

31 536 000 secondes de Bonheur

31 536 000 Sekunden Glück

BONNE ET  HEUREUSE ANNEE 2010

EIN GUTES UND GLÜCKLICHES JAHR 2010

Le Pére Noël existe.

Le Père Noël existe.

Le Père Noël est une des plus grandes énigmes scientifiques qui soit.  L'analyse qui suit essaye de faire le point sur cet épineux problème : 

A ce jour, aucune espèce connue de renne ne peut voler. Bien que soient estimés à 300.000 espèces les organismes (dont la majorité est constituée d'insectes et de germes divers) qui doivent encore être découverts et classifiés, cela ne justifie en rien l'existence des rennes volants que seul le Père Noël utilise. 

Il y a environ 2 milliards d'enfants dans le monde. Puisque le Père Noël ne semble pas desservir les populations musulmanes, hindoues, juives et bouddhistes, cela réduit de 55% cette quantité d'enfants, nous laissant 375 millions d'enfants à attendre le Père Noël à chaque fête.  D'après les données des derniers recensements effectués, avec une moyenne de 3,5 enfants par résidence, cela fait 91,5 millions de maisons à visiter. Nous supposons ici qu'il y a au moins un bon enfant dans chacune d'elles. 

Le Père Noël dispose de 31 heures, le jour de Noël, pour effectuer son travail (en tenant compte des différentes zones horaires, de la rotation terrestre, et en supposant qu'il voyage d'est en ouest, ce qui semble logique).

Cela signifie 522,5 visites de domiciles par seconde.  De façon pratique, cela signifie que pour chaque résidence ayant de bons enfants, le Père Noël a 1/1000ème de seconde pour stationner, sauter hors du traîneau, se laisser tomber dans la cheminée, remplir les bas, distribuer le reste des cadeaux sous l'arbre de Noël, manger le snack qui a été laisse a son intention, remonter la cheminée, grimper dans le traîneau et se mettre en route vers la prochaine résidence. En supposant que chacun de ces 91,5 millions d'arrêts soient uniformément distribués autour de la planète, nous parlons ici d'une distance de 1.200 mètres par résidence visitée soit un voyage total de 110 millions de kilomètres, sans compter les arrêts pour faire ce que la plupart d'entre nous faisons au moins une fois chaque 31 heures. 

Cela signifie que le traîneau du Père Noël se déplace a 1.046 kilomètres par seconde, 3.000 fois la vitesse du son. 

A titre de comparaison, le plus rapide artefact d'origine humaine, la sonde spatiale Ulysse, se déplace à une vitesse douloureuse de 44 kilomètres par seconde. Un renne conventionnel, lui, se déplace a une vitesse maximale de 24 kilomètres à l'heure, et encore, avec des anabolisants. 

La charge portée par le traîneau ajoute un autre élément d'intérêt. En supposant que chaque enfant ne reçoive rien de plus qu'un jeu Lego de grandeur moyenne (un kilo), le traîneau transporte alors 321.300 tonnes, sans compter le Père Noël, qui est invariablement décrit comme souffrant d'embonpoint. Sur le plancher des vaches, les rennes conventionnels ne peuvent tirer plus de 150 kilos de marchandises.

Même si l'on accordait aux rennes volants une capacité de traction 10 fois plus grande que la normale, il serait impossible de faire le travail avec huit ou neuf rennes : il faudrait 214.200 de ces rennes spéciaux. 

Tous ces rennes augmentent le poids total à un sommet de 353.430 tonnes, quatre fois le poids du paquebot Queens Elisabeth - et nous ne tenons pas compte du poids du traîneau lui-même. 

353.000 tonnes voyageant à 1.046 kilomètres par seconde créent une résistance énorme à l'air, chauffant les rennes de la même manière que la navette rentrant dans l'atmosphère terrestre. Les rennes de tête absorberont 14,3 milliards de milliards de joules d'énergie. Par seconde. Par renne. 

En résumé, ils exploseront en flammes presque instantanément, exposant les rennes adjacents à des dommages collatéraux sévères et créant des boums soniques assourdissants lors de leur passage au-dessus des agglomérations endormies et sereines. L'attelage entier de rennes sera vaporisé, en moins de 4,26 millièmes de seconde. 

Pendant ce temps, le Père Noël sera sujet à des forces centrifuges 17.500,06 fois plus fortes que la force gravitationnelle. Un Père Noël de 125 kilos (ce qui semble très conservateur) serait écrasé au fond de son traîneau par 2.157.500 kilos de force. 

Conclusion :

L'apparition miraculeuse du Père Noël reste pour les plus grands scientifiques une donnée inexplicable !

JOYEUX NOEL  

La réussite dans la vie ne tient vraiment qu'à peu de chose pour nos dirigeants !

La réussite dans la vie ne tient vraiment qu’à peu de chose pour nos dirigeants !

Depuis déjà quelques temps, la remarque de Jacques S. me pourri la vie. Je ne connais pas d'études, de statistiques ou de sondages sur le rapport de cause à effet entre l'acquisition d'une Rolex et une vie réussie, mais le (presque) sexagénaire a reçu un sacré coup au moral en apprenant cette information.

Je regarde mon poignet et désespère : pas la moindre preuve de ma réussite. La sentence est tombée, implacable : j'ai plus de 50 ans, pas de Rolex... j'ai raté ma vie ! Jacques S., après avoir inventé la force tranquille pour François Mitterrand - qui, lui, aimait les beaux objets dans la discrétion -, voici donc sa dernière trouvaille. Ce monsieur est bel et bien le représentant de cette amoralité ambiante qui n'a pour seul culte que celui de l'argent. Joli modèle pour une jeunesse dont une partie a déjà tendance à se rêver chanteur ou star de foot... Alors, que pèsent les discours sur le travail, le respect, l'effort en face de cette assertion : si tu ne possèdes pas, tu es moins que rien ! La phrase de Jacques S. est passée en boucle sur les télévisions et les radios, sorte de dérivatif jeté au peuple et aux journalistes pour qu'ils rongent l'os qu'on leur tend. C'est bon pour cacher le reste, le mépris du Président et de sa Ministre de l'économie pour les citoyens en colère !

Alors pourquoi ? Sommes-nous trop pingres, ignorants ou éloignés des rites et obligations des beautiful people ? Sommes-nous peut-être trop snobs, car, si « tout le monde » possède ce signe de reconnaissance de l'élite, cela devient alors ringard, le must consistant donc à porter une montre banale ?

Quoi qu'il en soit, ce genre de remarque prouve, à ceux qui pouvaient encore en douter, que l'univers dans lequel évoluent ces gens-là n'est pas celui du commun des mortels ! Dans ce monde-là, on peut réussir sa vie en ayant servi la soupe aux socialistes, dans les années 80 et le caviar au monarque, vingt-cinq ans plus tard et si, en plus, on sert d'entremetteur en livrant en cadeau une épouse, là on touche aux rives du nirvana !

La breloque brillante peut remplacer l'intelligence et la finesse d'esprit pour côtoyer les puissants, car dans son analyse, maître Jacques laisse entendre que lui possède une Rolex et donc qu'il a réussi, lui,  sa vie ! Alléluia !

Je suis donc membre de la fraternité des humbles qui ont raté leur vie mais je rappellerai ici la prose de Pierre Desproges : « de deux choses l'une : ou bien Jacques S. est un con, et ça m'étonnerait quand même un peu, ou bien Jacques S. n'est pas un con, et ça m'étonnerait quand même beaucoup ! »

Cela dit, il se peut aussi que Jacques S. ne soit qu'un imbécile...

Dis-moi, Nicolas, c'est quoi un voilier ?

Dis-moi, Nicolas, c’est quoi un voilier ?

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, pourtant originaire de l'est de la France, je me targuais jusqu'à ce matin de reconnaître un voilier d'un bateau à moteur. Au cours de ma jeunesse, il me semblait, sur la Saône, voir évoluer ce genre d'embarcation au gré des vents. Privilégié, j'en conviens, j'ai eu la chance de jouir de vacances au bord de la mer (tant sur la Grande Bleue que sur l'Atlantique), où je pensais naïvement voir naviguer de magnifiques voiliers.

Mais que lui arrive-t-il encore ? Quelle mouche l'a encore piqué ? Voilà ce que vous pensez, n'est-ce pas ? Eh bien, ce matin, comme d'habitude en ouvrant ma messagerie, le Journal Officiel est arrivé. Oui, je suis abonné au J.O., d'abord il est gratuit puis ça permet de vérifier que nos gouvernants et élus s'occupent d'une foule de trucs mais aussi de se tenir un peu au fait des nouvelles lois. Car en bon citoyen, vous n'êtes pas sans savoir que « nul n'est censé ignorer la loi » !

Toujours est-il que ce matin, après avoir survolé rapidement les différentes rubriques, j'ai voulu rechercher (allez savoir pourquoi ?), un décret de nomination d'octobre 2007. Bon allez, je vous éclaire un peu, je recherche seulement un ami. Et là, par hasard, je découvre un document, émanant du ministère de l'Ecologie, du Développement de l'Aménagement durables (je m'en voudrais d'oublier un seul mot). Quel est l'objet de ce document ? Un « arrêté du 28 septembre 2007, relatif au permis de conduire des bateaux de plaisances à moteur, à l'agrément des établissements de formation à la délivrance des autorisations d'enseigner ». Sic...

J'étais pas au bout de mes surprises, au titre IV de cet arrêté se niche l'article 16, qui lui, définit très précisément ce qu'est un voilier. Voilà une information intéressante qui aiguise ma curiosité. Car on ne dira jamais assez qu'un bateau à moteur n'est pas un voilier. Et vice versa.

Et pour éviter tout risque de confusion, le ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables, (je n'ai rien oublié ?), a donc élaboré la définition officielle, pour ainsi dire ontologique, du voilier. Et laissez-moi vous dire que, quand un responsable politique s'attaque au voilier, c'est du sérieux, c'est du costaud. Vous êtes prêts ? Alors jugez vous-même, on y va.

« Sont considérés comme voilier les navires dont la propulsion principale est vélique, à condition que as 0,07 (m LDC) 2/3, mLDC étant la masse du navire en condition de charge, exprimée en kilogrammes et as, exprimée en mètres carrés, étant la surface de voilure projetée, calculée comme la somme des surfaces projetées en profil de toutes les voiles qui peuvent être établies lorsque le navire au près, sur des bômes, cornes, bout-dehors, queues-de-malet ou autres espars, et de la surface du ou des triangles avant, jusqu'à l'étai le plus avancé, fixé de manière permanente pendant le fonctionnement du bateau au mât portant les voiles établies, sans recouvrement, en supposant que les drailles et les chutes sont des lignes droites. La surface du triangle avant de chaque mât doit être celle donnée par IJ/2, où I et J sont les mesurages entre la face avant du mât, l'extrémité arrière de l'étai et la ligne de livet au droit du mât. La surface des espars n'est pas incluse dans le calcul de la surface de voilure projetée, à l'exception des mâts-ailes. » Re-Sic...

Je vous autorise à sortir prendre l'air pendant quelques minutes. Respirez un bon coup. Ça va ? Vous pouvez maintenant reprendre posément, tranquillement la lecture de ce morceau de bravoure. Je suis certain, que tout comme moi, vous n'en revenez pas. Vous pensiez bêtement, comme moi, qu'un voilier était un bateau à voiles. Vous avez maintenant la preuve que non. Personnellement, je n'ai ni voilier ni bateau à moteur, et à part le choc provoqué par ce galimatias, ça ne me bouleverse pas outre mesure. Mais je me mets à la place de l'heureux propriétaire d'un voilier. J'imagine sa perplexité. Pis : son désarroi. Pis encore : son angoisse. Il croyait en toute bonne foi, que son voilier était bien un voilier. Et voilà qu'il n'en est plus sûr du tout. Voilà qu'il se demande s'il ne navigue pas sur un ersatz de voilier, une contrefaçon de voilier. Est-il sûr que As 0,07 (m LDC) 2/3 ? A-t-il bien calculé la somme des surfaces projetées en profil de toutes les voiles ? Et la surface du ou des triangles avant, jusqu'à l'étai le plus avancé ? A-t-il vérifié que les drailles et les chutes étaient des lignes droites ? A-t-il demandé leur avis aux bômes, cornes, bout-dehors, queues-de-malet et autres espars ? A-t-il mesuré la surface du triangle avant de chaque mât de façon qu'elle soit donnée par IJ/2 (et pas par quelqu'un d'autre) ? Parce que, sinon, il va falloir qu'il se rende à l'évidence : contrairement à ce qu'il s'imaginait, il navigue en réalité sur un pédalo. A voile peut-être. Mais un pédalo. Les faits sont là (et ils sont têtus) : tant qu'il n'aura pas fait le mesurage adéquat de l'extrémité arrière de l'étai et de la ligne de livet au droit du mât, il ne sera qu'un misérable imposteur...

Et d'ailleurs, est-il bien sûr de toujours naviguer sur l'eau ? Je n'ai pas encore lu la définition scientifique de l'eau, établie par les services du ministère de l'Ecologie, etc..., mais à mon avis elle réserve des surprises. Il doit falloir multiplier la surface par le volume, diviser le résultat par la vitesse du vent et l'âge du capitaine, pondérer par la profondeur estimée, prélever des échantillons, évaluer la température par temps sec, appliquer le coefficient réducteur de traçabilité par rapport au développement de la durabilité. Et c'est ainsi qu'on découvre qu'en réalité on fait du pédalo sur du beurre. Ou du gruyère râpé. Alors qu'on se croit en pleine mer...

J'espère en tout cas que le ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du etc..., mais aussi tous les autres ministres ont prévu, suite aux révélations et élaborations de lois, une assistance psychologique à tous les navigateurs à voiles et autres citoyens. Ils doivent savoir que, dans le cas contraire, ils doivent s'attendre à un gigantesque suicide collectif de personnes ayant tout simplement voulu ne pas ignorer la LOI...

 

Qui est le grand profiteur de cette nouvelle peur ?

Qui est le grand profiteur de cette nouvelle peur ?

La mobilisation démesurée contre la grippe A est à l’aune du principe de précaution. Elle permet de cacher la déconfiture du pays. Le sida, la tuberculose et le paludisme font chaque année plusieurs millions de morts. Je réside en Allemagne et pourtant, c’est bien contre le virus de la grippe A que mon pays d’origine dit industrialisé se mobilise comme jamais, investissant des dizaines de millions d’euros en commandant aux laboratoires pharmaceutiques des millions de doses de vaccin ; et c’est bien à propos de cette menace que son ministre de la Santé monopolise les antennes. Pourtant, des voix de plus en plus nombreuses et autorisées, commencent à s’élever pour s’étonner de cette démesure dans la mobilisation et de ce qui pourrait bien être une dérive du principe de précaution. Cette campagne est-elle fondée sur des faits, sur des menaces réelles, sur des dangers exagérés ou sur des peurs orchestrées et programmées ? A qui va profiter cette pandémie ? Ces millions de doses de vaccin qu’on nous promet obligatoire ne sont-elles pas potentiellement plus dangereuse que la maladie elle-même ? A qui profite cette peur ?

La société française hyper-médiatisée fonctionne de plus en plus sur la peur : peur des accidents, peur de la vitesse, peur du chômage, peur des nouvelles maladies, peur du terrorisme, peur des étrangers, peur de nouvelles religions, peur des médecines ou thérapies non conventionnelles, peur de l’avenir, peur de tout ce qui s’écarte de la normalité. Avec le sentiment d’être menacés de tous côté, ne sommes-nous pas plus manipulables ? Ces menaces réelles ou dramatisées ne risquent-elles pas de rendre acceptables à nos yeux ce qui, en temps normal, nous semblerait inacceptable ? des lois liberticides, des règlements arbitraires, des obligations de soins, une médecine officielle obligatoire, les autres thérapies au rancart, quelques religions traditionnelles reconnues, les autres sur liste noire, des caméras à chaque coin de rue, le port de certains vêtements interdit, une éducation uniforme, standardisée et obligatoire, etc…

Je ne voudrais pas que la France mon Pays continue dans cette voie. Oui, la peur ne profite je crois qu’à ceux qui en font le commerce et à quelques démagogues.

 

Mais où est donc passé l'automne.

Mais où est donc passé l’automne.

 

Il semblerait que ça commence à sentir l’automne. Il fait un peu plus frais le matin et carrément plus frais le soir. Quelques feuilles commencent même à jaunir, c’est dire. On est tout de même presque un mois après la date officielle de l’inauguration de l’automne, qui dure trois mois, a déjà presque mangé un tiers de son temps. Honnêtement, vous vous en étiez aperçus, vous ? Normalement, en automne, on allume le chauffage, les feuilles tombent, on sort les pulls, on graisse le parapluie, on cire les bottes, on pense déjà aux cadeaux de Noël. Eh bien, rien de tout ça cette année. Octobre est déjà bien entamé et on se croit encore fin août. A la télé, on voit des gens se baigner dans la mer. Il fait encore plus de 20°C chez nous. Il ne pleut pas (en tout cas moins qu’en août). Tous les arbres ont encore toutes leurs feuilles (quoique, pour être franc, je ne les ai pas toutes comptées). Normalement, je devrais être drôlement content. Je n’apprécie pas de voir les feuilles tomber. Je n’aime pas voir les arbres sans feuilles. Je n’aime pas l’automne qui voit le noir gagner matin et soir, qui est froid, qui est humide, qui fout le cafard. Là, c’est comme qui dirait l’été qui joue les prolongations. Peut-être même qu’on va zapper l’automne et passer directement à l’hiver. S’il y a un hiver. Donc, je devrais être content.

Pourtant, je me sens tout chose. Pas vous ? Je suis à fond d’accord pour chanter, avec le vieux Bob Dylan, « les temps changent ». Mais beaucoup moins quand c’est le temps qui change. Le temps qui change le temps. L’été, c’est en été. L’automne, c’est en automne. Je ne sors pas de là. C’est du moins ce qu’on m’a appris à l’école, quand j’étais petit. Et j’aime autant vous dire qu’à l’époque les étés ressemblaient vraiment à des étés. Et les automnes à des automnes. Exactement comme dans les livres de classe, avec leurs beaux dessins de soleil sur la mer ou de chute de feuilles dans les forêts. Encore une fois, je déteste quand il fait froid, je déteste quand il pleut, je déteste quand il fait noir. Mais cette détestation fait partie du jeu : elle est rituelle, normale, habituelle. Parce qu’elle a une contrepartie : plus je déteste l’automne et le froid, plus j’adore le printemps, les premières feuilles, les premières chaleurs. Là, j’ai l’impression qu’on me vole quelque chose. On me vole le droit de ne pas aimer l’automne. On se balade en chemisette, on traîne à la terrasse des café, on rêve d’aller à la mer. N’importe quoi !

Vous allez me dire que c’est tout de même mieux dans ce sens-là que dans l’autre : quand l’été est tellement pourri qu’on passe directement du printemps à l’automne. D’accord, mille fois d’accord. Et pourtant, je me sens bizarre. J’ai l’impression d’être entré dans une autre dimension. De flotter dans un décor irréel, façon science-fiction. Ça doit être ce qu’on appelle l’horloge biologique. A force, le corps a pris des habitudes. Il attend la chute des feuilles comme j’attendais le Nîmes – Paris de 06h15. Si ça n’arrive pas, ça ne va pas. La seule chose qui fasse automne, c’est la nuit qui tombe de plus en plus tôt et finit de plus en plus tard. Mais justement : comme le reste ne suit pas (le froid, la pluie, les feuilles qui tombent…), ça fait encore plus bizarre. Imaginez qu’il fasse nuit le 20 décembre à 4 heures de l’après-midi avec 21°C à l’ombre, où on va, là ?

Le côté positif, c’est que ça oblige à réfléchir à tout ça : le corps, le temps, les saisons. La nature, quoi. On réalise combien on dépend de tout un microclimat, de toute une alchimie subtile et complexe qui fabrique l’humeur, le moral, l’adaptation au monde. Il y a un rythme, des rites, d’année en année, qui font partie de la grande négociation avec la vie. Ce petit décalage, cette année, cette petite perturbation obligent à y repenser, pour comprendre les symptômes dont on est affligés. Cette sensation qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Alors qu’on devrait être drôlement contents parce que l’automne, le triste automne, est en retard. C’est l’occasion de prendre toute la mesure du temps, le vrai, le temps qui fait tous les jours, les semaines et les saisons. Et de résister au temps qu’on nous fabrique, le temps de la télé, le temps des médias, l’urgence et l’accélération, l’hystérie, la précipitation, puis le long engourdissement, l’oubli, l’amnésie. On nous fabrique du faux temps, de la fausse durée, comme il y a de la fausse monnaie. Du temps artificiel, comme des fleurs en plastique. On nous impose des rendez-vous, on nous crée de l’impatience, on nous mitonne du suspense. On nous fait vivre par à-coups, par impulsions, on nous fait faire la course, le cœur à cent à l’heure. Puis on nous laisse en plan. Avant de nous lancer sur une autre urgence, à coups de « journées cruciales », de « semaines décisives », de « rendez-vous déterminants ». On est comme des cobayes dans leur cage, stimulés par une série d’impulsions électriques. Oui, nous sommes des cobayes. On nous prends pour des cobayes. On court comme des malades. On tourne en rond. On accélère. On s’arrête. On fait demi-tour. On repart. Au coup de sifflet des médias. Et on finit par être complètement détraqués. On se fait voler notre temps, notre façon à nous d’habiter le temps qui passe, à son rythme, au rythme des saisons.

Et voilà qu’un léger décalage, un retard d’automne comme un retard du train Nîmes-Paris, nous fait réintégrer notre temps, notre corps. Il y a quelque chose qui ne va pas. Quelque chose qui nous tracasse. Et c’est très bon signe, finalement. Le signe qu’on n’est pas des robots actionnés à distance, émotions, sensations, réactions. Il fait trop chaud en automne. Il ne pleut pas. Les feuilles ne tombent pas. Et on se demande ce qui se passe.

Bonne nouvelle : on est des hommes, finalement.

A MES PARENTS

A mes Parents.

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A quoi parfois, les médias peuvent-ils bien penser?

A quoi parfois, les médias peuvent-ils bien penser?

Déjà enfant, ma Mère s'inquiétait quand elle me voyait m'approcher d'un réveil ou tout autre « ustensile » susceptible de se démonter. Et pour cause, si le démontage ne me posait aucun souci, il n'en était pas de même de l'opération inverse. Par la suite, les relations entre les machines et moi ne se sont pas améliorées, bien au contraire et la situation perdure encore, quoique ces derniers temps les choses semblent tout de même progresser un peu.

Vous pouvez être certain que chaque fois que je voulais par exemple, boire à une fontaine à eau, il se passait quelque chose. Il suffisait que je tire un verre en plastique pour que tous les autres verres me dégringolent sur les pieds. Où alors, en tirant un verre, ça faisait un bruit d'enfer. Pourquoi ? Mystère. Et bien entendu, ça n'arrivait qu'à moi. Quand les autres venaient boire à la fontaine, tout se passait normalement. Qu'en conclure, sinon que les fontaines à eau ne m'aimaient pas ? Mais, il en était de même pour la machine à café. Il suffit de mettre 40 centimes dans la fente, d'appuyer sur le bouton (café court sucré) et hop, un gobelet tombe de la machine et le café tombe dans le gobelet. Sauf que moi, si je mettais 40 centimes, je pouvais être certain que mes deux pièces de 20 centimes retombaient illico dans la case « retour monnaie » où que le café tombait mais il n'y avait plus de gobelet où encore il y avait un gobelet mais qui tombait de travers de façon à ce que le café coule à côté... De toute manière, tintin pour le café.

C'est la vie et je prends la « chose » avec philosophie. Ce qui ne m'empêche tout de même pas de bourrer les machines en question de coups de pied et de coups de poing. Ça leur apprend à qui elles ont affaire !

Tout ça pour vous dire que mon sang n'a fait qu'un tour quand j'ai lu dans mon quotidien favori, à la rubrique « question du jour », ce titre insensé : « Comment bien nettoyer mon ordinateur ? » Attention, pas l'extérieur, l'intérieur. Eh bien, je vais vous le dire comme je le pense : cet article est une pure et simple incitation au suicide. J'espère qu'a mon quotidien, ils ont un bon service juridique. Ils vont en avoir besoin.

Nettoyer l'intérieur de l'ordinateur, en voilà une idée ! Les médias ont de ces lubies, parfois. Et pourquoi faudrait-il le nettoyer ? Je vous pose la question... « Parce que les composants sont très sensibles à la poussière ». Moi aussi, je suis sensible à la poussière, je ne me démonte pas pour autant. Car c'est bien de ça qu'il s'agit. Lisez plutôt : «  Pensez à bien vous outiller : tournevis, brosse ou pinceau. Coton-tige, aspirateur avec un embout suceur, compresseur d'air ou bombe d'air comprimé, aérosol ou produit spécial pour l'électronique et éventuellement masque antipoussière et gants en latex. » Je n'invente rien, c'est écrit noir sur blanc. On se croirait à « Urgences », juste avant une opération fatale qui va achever le patient. Un tournevis ! Un aspirateur ! Un compresseur ! Manque juste le marteau-piqueur et le Karcher.

Bon supposons que j'aie tout le matériel et supposons également que je sois assez fou pour jouer les kamikazes. On procède comment ? Vous allez voir, c'est très simple : « Déconnectez tous les périphériques. Repérez les vis qui servent à fixer le boitier de protection et dévissez-les. Afin d'éviter les décharges d'électricité statique, touchez l'encadrement métallique à l'intérieur de l'ordinateur, puis débranchez le cordon d'alimentation. » Vous avez bien compris : mon quotidien prend délibérément, sciemment, le risque de m'électrocuter. Et, pour l'éviter, vous avez vu ce qu'il me propose ? Toucher du métal. Vous ne trouvez pas ça louche ? A se demander à quoi les journalistes pensent, parfois.

Lisons la suite : « Eliminez les plus grosses masses de poussière avec l'aspirateur puis projetez de l'air comprimé. » L'aspirateur dans l'ordinateur ! Je vois d'ici la scène : j'approche l'aspirateur de tout le bazar à l'intérieur et hop tout le bazar aspiré d'un seul coup ! Plus rien dans l'ordinateur. Nettoyé de fond en comble. Plus un seul grain de poussière, plus rien du tout. Après, tu débranches l'aspirateur, tu l'ouvres, tu vides le sac, tu retrouves tous les bitoniaux, les trucs et les machins, et tu passes le reste de ta vie à essayer de remettre tout ça en ordre. Fastoche.

Ils me prennent pour un électricien ou un garagiste, les journalistes de mon quotidien ? Et attention ! « Assurez-vous que les barrettes mémoires, les cartes d'extensions et les nappes de connexion sont bien engagées dans leurs emplacements. » Comment voulez-vous que je reconnaissent, au premier coup d'œil tous ces composants tout aussi méconnus que barbares et surtout les nappes ? Car j'ai des nappes dans mon ordinateur. Manquait plus que ça. Qu'est-ce qu'elles foutent dans mon ordinateur, j'aimerais bien le savoir. Savoir que quand je clique sur ma souris, je déplie une nappe sous le capot de mon ordinateur, ça me rend nerveux, j'aimerais bien savoir qui met le couvert.

Et ensuite ? Ensuite, « Aspergez le chiffon antistatique de produit spécial et nettoyez les parties métalliques puis l'intérieur et l'extérieur du capot de protection que vous revissez. » a condition de retrouver les vis. Parce que c'est bien beau de dévisser, mais pour te rappeler où t'as bien pu mettre ces foutues vis, microscopiques et quasiment invisibles, c'est une autre histoire. A tous les coups, elles sont tombées par terre. Encore heureux si le chat ne les a pas avalées. Allez, courage, c'est presque fini : « Enfin, propulsez l'air comprimé sur le clavier puis retournez-le et secouez-le au-dessus d'une corbeille. » Et là, qu'est-ce qui se passe ? Il se passe que les touches du clavier se détachent et tombent. Sinon, pourquoi faudrait-il le secouer au-dessus d'une corbeille ? Pour que les touches tombent dedans, tiens la bonne poire ! Et après tu les ramasses et tu essaies de les remettre en place. A condition de te souvenir de l'ordre des lettres sur le clavier. L'intérêt de l'opération, je l'avoue, m'échappe complètement.

Ce que je préfère, c'est la conclusion. Une fois que tout est fini, « votre environnement de travail est tout propre ». On voit que l'auteur de l'article ne me connaît pas. Sachez, cher monsieur, qu'à la suite du chantier dans lequel vous m'aurez inconsidérément entraine mon environnement, comme vous dites si bien, sera entièrement dévasté, carbonisé, tchernobylisé.

De toute façon, j'attends avec intérêt votre prochaine « question du jour » : « Comment bien nettoyer votre bureau après avoir nettoyé votre ordinateur ? ».