CL

Les bras levés en guise de salut. Départ à la retraite.

Les bras levés en guise de salut. Départ à la retraite.

Vient le jour où c'est le jour ! Tu verras : c'est un jour comme les autres, ni plus beau ni plus gris. Et cependant si différent, radicalement, sans être son contraire pour celui qui le vit du moins, quant aux autres ils verront... Il est, comment dirait-on, aboutissement plutôt que continuité, un point d'arrivée qu'on voudrait de départ. Bien sûr, on y a souvent pensé et souvent autant évité d'y penser, mais sans cesse il refluait mécaniquement, malgré soi malgré lui. Chaque jour davantage. Cela n'a rien changé. Car cela n'évite rien de le refuser ou de le souhaiter.

 Un matin comme les autres, et pourtant si dissemblable il est donc là. Il n'y a pas à s'agiter. Il s'impose mine de rien, sans trop forcer, feignant d'ignorer qui il est vraiment. Il est pourtant celui-là. Qu'on le redoute ou qu'on l'espère, qu'on y croit ou non, tel au ciel après tout et auquel après tout il prépare, il est venu. Il vient. Pas la peine de l'attendre, même sans le guetter il arrive ; « à point nommé » disent certains, « sans crier gare » répondent les autres. Qu'importe ! Pour tout le monde il se pointe avec des manières de « allez pousse-toi de là, c'est mon tour ! » Jouant des coudes, porteur d'un masque, il te demande en souriant : « es-tu prêt ? on part. » Lui seul sait où. Il te saisit à bras le corps. Et la peur t'envahit. Mais tu parviens à dégagez un bras, puis les deux. Dans un instant, tu t'en serviras. Tu verras...

Ce matin-là, la pluie peut bien briller par son absence, le soleil peut bien tomber de chaleur, il resplendit et tirant un trait sur ton existence devient subitement ton horizon. Il te bouche la ligne et t'en bouche un coin, là où ça fait le plus mal dans un coin de la tête, de la pauvre tête qui ne comprend plus rien et qui comprend de moins en moins ce qui survient. La veille encore pourtant tout était normal. La vie se déroulait comme avant, comme avant quand c'était déjà pareil qu'avant.

Hier soir, à la maison, comme toujours on a rangé les habits, sur le bord de la chaise, bien droits, bien repassés, pour se préparer machinalement quand sonnera le réveil. Puis quand sonne le réveil machinalement, on saute du lit comme jamais, on se vêt prestement. La routine est rodée depuis le temps. Le café brûle, il faudra changer de marque. Où ai-je donc mis mes souliers ? Tiens, le chat est sorti. Je sors ! On va être en retard... Mais aujourd'hui, il y a comme un grain de sable dans le sablier. Les minutes s'égrènent comme des heures, les secondes reviennent sur leur pas. La terre ne tourne plus rond et tremble sous les pieds. On se souvient que ce matin est le dernier où l'on se rend au travail, et ce dernier où l'on s'y rend prend des allures de dernier où l'on se rend.

Tu verras, que les bras t'en tombent ! On se surprend même à s'y rendre les bras en l'air comme pour mieux faire un geste de la main à ses amis, à ses camarades, à ses collègues, et aussi à ses « ceux dont on se fout d'ordinaire ». Tu sais, ce geste de la main qu'on fait par-dessus l'épaule à l'adresse de celui qu'on laisse derrière soi en espérant secrètement qu'il te suive des yeux tandis qu'on disparaît. Malhabile on prend la pose, on la garde un peu. On voudrait tellement que ces bras levés fassent le V de la victoire, mais on n'est pas sûr d'avoir à ce point gagné. Alors, on laisse ses bras levés et on se convainc qu'à défaut, avant de s'en aller, les bras levés peuvent servir d'au revoir et de merci.

Oui, c'est le mieux : donner le change puisqu'il n'y a rien d'autre à dire. Tu vois ! Il n'y a déjà plus rien d'autre à faire que de tourner le dos comme on tourne la page, comme on referme un livre, comme de refermer une porte, sans bruit et de marcher déjà au loin vers l'angle de la rue d'en bas. Tu verras, vient ce jour unique semblable aux autres jours et si autre.

Tu verras, viendras ce jour où tu ne me verras plus !

La Dame aux Camélias

La Dame aux camélias

Je viens d'assister à « La Traviata » ("dévoyée" en français). Magnifique opéra en trois actes de Guiseppe Verdi d'après le roman et le drame d'Alexandre Dumas fils, La Dame aux camélias. Mais savez-vous exactement qui se cache sous ce nom de "Dame aux camélias".

Une très belle jeune femme au destin exceptionnel et morte à 23 ans.

Marie Duplessis, née Alphonsine Plessis le 15 janvier 1824 à Nonant-le-Pin et morte le 3 février 1847 à Paris.

Nombre de faits connus au sujet d'Alphonsine Plessis ont été mélangés aux légendes contemporaines et au personnage littéraire auquel elle a donné naissance.

L'enfance et la première jeunesse d'Alphonsine Plessis ont été marquées par une extrême pauvreté et beaucoup de malheurs. Elle perd une mère aimante et aimée très jeune puis elle continue de subir les excès d'un père brutal et alcoolique. Elle doit travailler très jeune comme servante d'hôtel à Exmes, puis dans une fabrique de parapluie à Gacé.

Montée à Paris à l'âge de quinze ans, elle travaille d'abord comme blanchisseuse et chapelière jusqu'à ce qu'elle devienne la maîtresse d'un riche commerçant qui la met dans ses meubles. Cette jeune femme extrêmement attirante au sourire enchanteur, dont la beauté inhabituelle, l'élégance et le style feront la célébrité, devient rapidement, à peine âgée de seize ans, la courtisane la plus convoitée et la plus onéreuse de Paris.

Dans le portrait donné d'elle par Alexandre Dumas fils, elle était « grande, très mince, noire de cheveux, rose et blanche de visage, elle avait la tête petite, de longs yeux d'émail comme une Japonaise, mais vifs et fins, les lèvres du rouge des cerises, les plus belles dents du monde ».

Elle apprend alors à lire et à écrire, apprend le piano, et finira par être considérée comme extrêmement vive et extraordinairement cultivée, capable de converser sur tous les sujets, les hommes riches en vue étant disposés à lui accorder une aide financière régulière en échange de sa compagnie dans leur vie sociale et privée. Édouard Vienot a fait son portrait.

Elle s'est alors mise à tenir un salon fréquenté par les écrivains et les politiciens en vue. Elle se montrait au bois de Boulogne et à l'Opéra. Elle modifie également son nom, ajoutant un « du » qui sonne plus noble à son patronyme et abandonnant le prénom d'« Alphonsine » pour celui de « Marie ».

Durant sa courte vie, Marie Duplessis fut célèbre pour sa réputation de discrétion, d'intelligence et d'amoureuse pleine d'esprit. Nul de ceux l'approchant pour la première fois n'aurait pu penser être face à une courtisane. Elle est, pour ces raisons, restée populaire et dans les bonnes grâces de plusieurs de ses bienfaiteurs même après la fin de leur liaison.

Elle fut la maitresse d'Alexandre Dumas fils de septembre 1844 à août 1845. Ensuite elle est devenue la maîtresse de Franz Liszt, qui a affirmé plus tard lui avoir offert de vivre avec elle.

Devenue la maîtresse du comte Édouard de Perrégaux, elle l'épouse en janvier 1846 à Londres, mais devant l'échec de leur mariage retourne en France où elle s'abîme dans une vie de plus en plus agitée et dissipée en dépit de la phtisie qui la consume.

Moins d'un an plus tard, elle s'éteint dans son logement du 11, boulevard de la Madeleine, complètement ruinée et abandonnée de tous, sauf de deux de ses anciens amants, le comte suédois Gustav von Stackelberg et le comte de Perrégaux, restés à ses côtés. 

Pauvre fille ! on m'a dit qu'à votre heure dernière,

Un seul homme était là pour vous fermer les yeux,

Et que, sur le chemin qui mène au cimetière,

Vos amis d'autrefois étaient réduits à deux !

(Alexandre Dumas fils.) 

Théophile Gautier et Jules Janin, qui étaient au nombre de ses amis proches, ont fait son éloge, mais le plus beau et le plus touchant est sans doute celui de Franz Liszt qui a dit une fois : « Lorsque je pense à la pauvre Marie Duplessis, la corde mystérieuse d'une élégie antique résonne dans mon cœur. »

Moins d'un an plus tard, Alexandre Dumas fils lui rendait hommage avec sa Dame aux camélias, dont il disait : «  N'ayant pas encore l'âge où l'on invente, je me contente de raconter », qui relate sa relation, sous le nom d'« Armand Duval » avec Marie Duplessis dépeinte sous les traits de « Marguerite Gautier ». De ce roman, il fait ensuite une pièce qui sera jouée en 1852.

L'année suivante, Verdi crée d'après la pièce de Dumas fils, le non moins célèbre opéra la Traviata, où il représente Marie sous le nom de « Violetta Valery ».

Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture !!!

26 juin 2009

Frédéric Mitterrand, ministre de la culture !!!

Alors là, c'est la meilleure de l'année. Je n'ai absolument rien contre Frédéric, loin de là. Pour preuve j'ai toute la collection « Archéo » dans laquelle je n'entends que lui. A vrai dire, je pense que mon inimitié vient d'une accumulation d'événements dont l'apogée a été « la nuit des Molières ». J'adore le théâtre, ce n'est tout de même pas un crime et j'apprécie tout particulièrement le remarquable travail des comédiens. Rien à voir avec les acteurs, pendant une représentation, il est tout simplement inimaginable d'entendre « coupez, on la refait » !!!

Mais ne nous éloignons pas du sujet. Cette 23ème  « Nuit des Molières » a été un four et ce à cause de la lamentable prestation de Frédéric Mitterrand et de son acolyte d'un soir Laurent Baffie (lui par contre !!! Bref, restons dans le sujet)

Je peux donc parler de cette soirée que j'affectionne tant, normalement : je l'ai vue, « la nuit des Molières ». J'ai même fais partie des 1,4 million de téléspectateurs qui l'ont regardée de A à Z, de la première à la dernière seconde. Et c'est dès la première seconde d'ailleurs que j'ai compris que c'était foutu. A cause, précisément, de Laurent Baffie, recruté par la chaîne pour nous faire rigoler...

Je vous raconte le gag désopilant de Laurent Baffie. Debout face au public (des gens de théâtre tout de même), voici ce qu'il dit : pour applaudir, il faudra vous lever et vous tourner vers la caméra 3 qui est derrière vous, c'est elle qui enregistre les applaudissements. Allez, on fait un essai, tous debout ! Et ils se lèvent. Et ils se retournent. Et ils applaudissent. Comme à l'école maternelle, en pouffant.

La honte.

Content de son gag, le comique enchaine : toute personne récompensée par un Molière qui sera trop longue dans ses remerciements sera électrocutée par mon pistolet. Vous allez voir, je vais vous montrer. Un comparse du « comique » monte sur la scène. Fait son discours de remerciements. Baffie sort son pistolet. Boum, le type s'écroule par terre. Le public (des gens de théâtre) se marre. On vient, symboliquement, de l'électrocuter. Et il se marre.

La honte « bis ».

Arrive alors Frédéric Mitterrand, dans le rôle de maître de cérémonie. Il sourit, salue. Et commence à parler. En italien. Au cas où on aurait oublié que lui, le prestigieux Frédéric Mitterrand, a été nommé au poste prestigieux de directeur de la prestigieuse Villa Médicis, à Rome. Ah, excusez-moi, feint-il de s'excuser, où avais-je la tête ! Où, je ne sais pas. Mais enflée, c'est sûr. Comme les chevilles. Là-dessus, il annonce la remise du Molière du comédien. A qui, on le saura tout à l'heure. Et par qui, Frédéric Mitterrand est censé nous le dire. Sauf qu'au lieu de nous le dire, ce qui serait beaucoup trop simple, Frédéric Mitterrand, qui tient à nous rappeler qu'il a passé sa vie à nous raconter celle des autres, raconte par le menu, au fil d'interminables circonlocutions et parenthèses, les débuts et la carrière de chacun des deux comédiens qui remettront le Molière, en nous laissant deviner de qui il s'agit, nous donnant illico l'envie de zapper sur une autre chaîne, n'importe laquelle.

Voici un peu près ce que ça donne, c'est juste un exemple et pour faire encore plus conforme à la réalité, je vous demande de respecter la ponctuation :

Après une adolescence sans histoire à Gif-sur-Yvette, elle a d'abord été élève au Cours Florent avant de réussir le conservatoire national d'art dramatique, où elle a suivi les cours d'Adolphe Bigorneau et de Berthe Saint Jacques, puis elle a joué sous la direction de Victor Cléamolette et rejoint la troupe d'Alphonsine Trousseaoutil, où elle a fait un triomphe dans le rôle de Bernadette dans « Les marmottes n'ont pas l'électricité », ce qui lui a valu d'être nominée une première fois aux Molières dans la catégorie « Révélation de l'année », avant de révéler ses talents de tragédienne dans le dernier film de Norbert Bitonniau, « le blues des blaireaux dyslexiques », je vous demande d'applaudir, mesdames et messieurs, Margueritte Duchmol ! (Et encore, je vous l'ai faite courte). Et hop, il recommence avec Albert Schmoldu, qui remettra le Molière avec Margueritte Duchmol.

Ecoutez, je ne sais pas combien de Molières ont été attribués ce soir là (une grosse vingtaine, me semble-t-il), mais, chaque fois, Frédéric Mitterrand, de sa voix compassée, de son ton sentencieux, nous a refait le même topo, retraçant la carrière de chaque comédien façon quiz ou devinette, genre le premier qui trouve a gagné un presse-purée. Dans combien de salons, combien de chambres à coucher a-t-on entendu ces cris déchirants : arrête, Freddy ! Stop ! Accouche ! Dis-nous qui c'est ! On n'en peut plus !

Mais mon calvaire ne s'est pas arrêté là. N'oublions pas l'autre comparse... On le voudrais, de toute façon, qu'on ne le pourrait pas : il s'arrange pour se rappeler constamment à notre mauvais souvenir, Baffie. Comme quoi c'est un comique. La preuve que c'est un comique, c'est qu'il demande soudain à toute la salle de se lever, de se mettre bras dessus bras dessous et de chanter : Ah, le petit vin blanc. Et ils se lèvent (ministre en tête). Et se mettent bras dessus bras dessous. Et ils chantent, ah, le petit vin blanc.

La honte (ter).

Pourquoi, au nom du Ciel, aucun de ces passionnés de théâtre ne s'est-il  levé pour remettre Baffie à sa place, appeler à la révolte, refuser cette humiliation, cet asservissement du théâtre aux pseudos comiques de la télé ? hein, pourquoi ? Et je vous fais grâce de tous ces intermèdes chantés, guignolades et roucoulades, à cent lieues de l'esprit du théâtre ! Heureusement, il y a eu quelques miracles et de vrais comédiens furent récompensés. C'est dans l'attente de ces miracles que je suis resté jusqu'au bout, buvant le calice jusqu'à la lie, faisant preuve d'un masochisme qui m'a rendu malade de honte, alors que ma moitié dormait déjà du sommeil du juste...

Tout cela pour vous dire tout de même que j'ai un léger doute sur le devenir du ministère de la culture. D'ailleurs, il n'y a pas que sur le ministère de la culture que j'ai un doute mais sur tout le gouvernement. Une question m'obsède tout de même : a quoi peut bien servir à présent, la prestigieuse Ecole Normale d'Administration ? Alors qu'il suffit d'être avocat pour devenir Président de la République, journaliste pour occuper le poste de ministre de la culture ou encore avoir eu des parents sympathisants du FLN et devenir présidente de mouvement pour être nommé secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville. Et bien d'autres encore... mais ce n'est pas le thème de ce papier aujourd'hui, peut-être y reviendrais-je d'ici peu, tant la politique de mon pays vu d'ici me déconcerte et c'est le moins que je puisse dire !!!

Le gouvernement vient d'être remanié !

24 juin 2009

Le gouvernement vient d'être remanié.

Huit nouveaux ministres viennent de faire leur entrée au gouvernement. Huit autres en sont sortis. L'occasion pour moi de rappeler combien gagnent les ministres français.

Les traitements ou salaires des ministres en France sont publics. Mais le fait qu'ils soient publics ne signifie pas qu'ils sont compréhensibles. La preuve?

Un décret du 6 août 2002, établit la règle: le montant du traitement brut mensuel d'un ministre ou d'un ministre délégué est "égal au double de la moyenne du traitement le plus élevé et du traitement le plus bas perçu par les fonctionnaires occupant des emplois de l'Etat classés dans la catégorie "hors échelle"". Et pour les secrétaires d'Etat, "il est égal à 1,9 fois cette même moyenne". Le Premier ministre perçoit quant à lui un traitement égal à celui des ministres majoré de 60 %.

????

Ca, c'est la formulation officielle. Qui veut avoir le montant exact doit faire le calcul. Et là, première question: où trouve-t-on la fameuse "moyenne du traitement le plus élevé et du traitement le plus bas perçu par les fonctionnaires occupant des emplois de l'Etat classés dans la catégorie "hors échelle"? Le plus logique est d'appeler le ministère du Budget ou de la Fonction publique. Ca tombe bien, c'est le même. Sauf qu'il répond qu'il faut regarder dans la Rapport annuel sur l'état de la fonction publique - Faits et chiffres 2007-2008 - Volume 1 sur le site de La Documentation Française. Et là, bon courage!

Mais en fait, ça n'y est pas. On rappelle donc le ministère du Budget qui confirme les grandes fourchettes sans pour autant donner de montants exacts. Alors voilà: un ministre d'Etat, un ministre ou un ministre délégué gagne un peu plus de 13.000 euros par mois. Un secrétaire d'Etat gagne environ 1.000 euros de moins, soit un peu plus de 12.000 euros par mois. Et le premier ministre gagne 60% de plus qu'un ministre, soit plus de 21.000 euros.

Le rapport du député PS René Dosière est plus précis mais il date de 2005. Peu importe, il indiquait qu'un ministre gagne 13.905 euros contre 12.795 pour un secrétaire d'Etat et 22.249 pour le Premier ministre.

Vient ensuite le remboursement des frais professionnels. En plus du traitement mensuel, le Premier ministre définit "par décisions individuelles" une "allocation mensuelle pour frais d'emploi" à chaque ministre, "au moins égale à l'indemnité représentative de frais de mandat des parlementaires dont le montant est revalorisé comme les traitements de la fonction publique". Depuis le 1er octobre 2008, le montant mensuel net de cette indemnité est de 5.837 euros.

"Comme celle allouée aux parlementaires, cette allocation n'est pas soumise à l'impôt sur le revenu et aux cotisations sociales obligatoires", précise l'article 14 de la loi de finances rectificative pour 2002.

Pourquoi 2002 ????

Tout simplement parce que le système de rémunération des ministres a été révisé cette année là. Avec la disparition des caisses noires des ministères voulue par Lionel Jospin mais instaurée par Jean-Pierre Raffarin, les ministres ont vu leur traitement augmenter de 70%. C'était la contrepartie d'une plus grande transparence.

Mais revenons-en au présent. En plus de ces traitements et frais professionnels, les ministres bénéficient d'avantages en nature, au même titre que les parlementaires. Pour les déplacements, ils disposent de voitures avec chauffeur. Ils ont aussi un accès gratuit au réseau SNCF (en 1er classe) et des quotas de déplacements aériens. Ces avantages en nature ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu ni aux cotisations sociales obligatoires.

Enfin, lorsque les ministres quittent le gouvernement, ils perçoivent leur traitement pendant six mois, oui, vous avez bien lu, six mois. A moins que l'intéressé n'ait pris auparavant une activité rémunérée, précise l'article 5 de l'ordonnance du 17 novembre 1958 portant loi organique pour l'application de l'article 23 de la Constitution.

Nous avons donc dans le nouveau gouvernement 18 ministres à 13.000 euros, 19 secrétaires d'Etat à 12.000 euros, et un Premier ministre à 21.000 euros, soit un total de 462.000 euros par mois de traitements hors avantages. Et pendant les six prochains mois, les 4 ministres et les 4 secrétaires d'Etat percevront leur traitement s'ils ne trouvent pas d'autre emploi, ce qui revient à 100.000 euros de plus par mois. Finalement, un remaniement, ça coûte cher, très cher!

La RCA, vue de chez moi...

22 juin 2009

La RCA, vue de chez moi...

En Europe, on rit souvent des Américains dont on estime qu'ils sont incapables de situer les capitales des pays d'Europe, voire même de situer ces pays, tout court, sur une carte du monde. On a le rire facile, en Europe...

Eh bien, imaginez vous que dans certains pays de cette même Europe, on ne connaît pas la Centrafrique ! Ne riez pas, vous, de Bangui ou d'ailleurs, qui avez (trop) souvent les yeux braqués sur la France...

En Allemagne, si vous parlez de la Centrafrique, la plupart des gens ne savent non seulement pas la retrouver sur une carte du monde, mais sont encore moins au courant qu'il s'agit d'un État ! Ici, quand on entend prononcer le mot « Centrafrique », on a tendance à l'associer à une zone géographique. Si vous insistez en précisant « la République Centrafricaine », les gens rougissent et comprennent subitement qu'ils ont dû dormir trop souvent pendant les cours de géographie. On pourrait évidemment les excuser, en supposant qu'ils font partie de ceux qui n'ont pas eu la possibilité de s'instruire. Pourtant, en Allemagne, l'école est bel et bien obligatoire et on n'y manque ni d'instituteurs, ni de professeurs, ni de livres scolaires... A leur décharge, la Centre Afrique ne faisait pas partie de leurs colonies.

Depuis mon séjour en République Centrafricaine, je la revois souvent, la Centrafrique. Quand on est catapulté dans ce pays, venant d'un pays comme la France, où le peuple n'a guère plus grand souci, par exemple, que d'assortir la couleur de ses vêtements à celle de sa voiture, on est confronté à un monde tellement différent que l'on a, tout d'abord, du mal à s'y habituer. Mais une fois qu'on l'a quittée, cette Centrafrique, on désespère souvent en y repensant, en repensant à cette population qui doit faire face à des problèmes de simple existence, largement plus graves que tout ce qui peut préoccuper le reste du monde, si gâté.

Je me surprends sans cesse, depuis que je l'ai quittée, à voir les choses sous un autre angle... Dans un magasin, devant un étalage d'eau minérale, - l'eau, la boisson vitale - , j'ai du mal à oublier qu'en RCA, l'eau dite potable renfermait de méchants parasites et que les bouteilles d'eau minérale censées être de marque étaient trafiquées, contenant de l'eau imbuvable. J'ai du mal à oublier qu'il était déconseillé, par mesure d'hygiène, de se baigner dans les rivières, alors que je voyais les femmes y laver leur linge et les enfants s'y baigner. Et tandis qu'ici, les jeunes se « battent » avec leurs parents, essayant de les convaincre de leur acheter le dernier sweatshirt ou le pantalon de la marque la plus cool, made in U.S.A., et qui ne coûte que 80 € (52.476 FCFA, soit le salaire mensuel moyen d'un employé de bureau), j'ai du mal à oublier les godobés pressés devant l'entrée des rares magasins, attendant qu'on leur donne un tout petit peu d'argent.

J'ai du mal à oublier le nombre incroyable d'handicapés croisés au fil des rues dans Bouar ou Paoua, tous ces gens qui n'ont pas eu droit au vaccin antipolio ou dont on a raté la piqûre de Quinimax.

J'ai du mal a oublier les conditions dans lesquelles les religieuses italiennes devaient travailler et la vie des patients dans les hôpitaux.

J'ai du mal encore aujourd'hui à me remémorer la condition de vie des personnes incarcérés pour des faits mineurs et laissés à la charge des familles quand ils avaient la chance d'en avoir une.

J'ai bien du mal à oublier les conditions de vie des familles, où les bambins marchaient à quatre pattes entre la marmite et les crottes de poules, dans la cour d'une demeure de 15 m² abritant une famille de 6 personnes ou plus !

J'ai du mal à oublier que toutes les propriétés habitées (ou non), les concessions, devaient être gardées pour ne pas qu'on les pille ou détruise, j'ai du mal à oublier toutes les histoires relatant les vols des employés.

J'ai beaucoup de mal à oublier le jour où j'ai fixé un cachet de sel sur le front d'un pauvre malheureux sachant que je ne pouvais plus rien pour lui et regarder ce dernier partir en me remerciant du fond du cœur.

Pourtant, je me souviens aussi très bien de cet étrange paradis. Je revois la terre rouge, cette terre d'Afrique, qui, par la chaleur même qu'apporte sa couleur, vous fait oublier la poussière qu'elle engendre. Je revois, du haut de la colline, le majestueux Oubangui ouvrant des portes vers des horizons lointains. Je revois les vastes forêts, la multitude de plantes, toute une palette de verts à faire rêver un peintre ; j'ai encore au palais tous ces fruits au goût inoubliable, tellement plus vrai qu'ici. Je revois les femmes, dont la beauté simple et pure ne peut être estompée par le manque d'accessoires, ni par la charge de leurs fardeaux. J'entends encore le rythme des tamtams et des chants berçant la ville. Je revois les chefs-d'œuvre exposés au marché artisanal, objets simples mais astucieux, travaillés avec des outils souvent plus que rudimentaires. Je revois les artisans de la taillerie de diamants, appliqués à leur travail minutieux. J'entends encore le responsable du musée des papillons, si content de pouvoir partager son expérience et sa passion avec quelqu'un qui s'intéresse à son travail. Je me revois dans la cathédrale de Bangui, qui livra à mes yeux, à mon cœur, un magnifique spectacle de mille couleurs et offrandes accompagné de voix enthousiastes, pleines d'espoir et de ferveur.

Alors, j'ai toujours autant de mal à comprendre que, malgré tous ses atouts, malgré ses ressources humaines, malgré la présence de ressources naturelles loin d'exister dans la même mesure dans d'autres pays africains, la Centrafrique ne soit pas capable de reconnaître ses multiples richesses cachées, qui n'attendent rien d'autre que d'être découvertes, exploitées, ou tout simplement appréciées, et de se présenter enfin aux yeux du monde. On ne va pas en Centrafrique. Elle ne figure pas sur la liste des pays touristiques. Non pas qu'elle n'ait pas d'attraits, elle dont la beauté égale et dépasse même celle de nombreux autres pays africains. Simplement, on ne la connaît pas, on en entend seulement parler quand il s'y passe un événement provoquant suffisamment de morts pour intéresser les médias occidentaux. C'est à se demander si « l'entreprise RCA » n'échoue pas tout simplement, comme la plupart, uniquement à cause d'un mauvais management où encore plus simplement si la France dans sa grandeur ne fait pas tout pour continuer à lui soutirer ses richesses. Et dans ce cas, continuer à la marginaliser...

J'ai aussi un chat et j'existe !

21 juin 2009

J'ai aussi un chat et j'existe !

J'ai sous les yeux une pub, disons pour le moins étrange. On voit une forêt. Dans la forêt, une route forestière. Sur la route forestière, une belle voiture. Assise sur le capot de la belle voiture, une jeune fille. Couché à côté de la jeune fille, un chien. Et voici le texte : « En forêt de Fontainebleau. Le coupé, la jeune fille et son chien ; tous les deux rentrent de quarante minutes de footing. » Les deux, je suppose, sont la jeune fille et son chien. Je vois mal la voiture faire du footing. Suit un dialogue entre « la joggeuse » et le « coupé ». Je vous fais grâce de ce dialogue. Il n'est pas utile à ma démonstration. Moi, ce que je vois, c'est qu'il y a trois personnages sur la photo. Et que seulement deux ont la parole. Et le chien, il compte pour du beurre ? Le chien n'a rien à dire ? Il vient de se taper quarante minutes de footing avec sa maîtresse et il n'a pas voix au chapitre ? Pourquoi le mettre sur la photo, alors ? Juste pour faire genre ? Une bagnole débile qui a attendu peinardement pendant quarante minutes a forcément des choses à dire et le chien, lui, est prié de la fermer, il n'existe même pas : voilà ce que dit cette pub.

Vous allez à présent surement me demander ce qui me prend. Quelle mouche m'a piqué ? Pourquoi je m'énerve à propos d'un chien qui ne m'a rien demandé, que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam ?

Il me prend que je viens de lire un article : « Bêtes et hommes : la fin de l'exception humaine ? » Thème : « La frontière entre l'homme et l'animal est de plus en plus énigmatique et ténue. »

On y lit ce genre de phrases : « L'animal est doté d'une certaine conscience de soi qui, dans la philosophie, depuis Descartes, passe pour le propre de l'homme... » Le « Je pense donc je suis » ne serait donc pas l'apanage de l'homme. Conclusion : le chien de la joggeuse, dans la pub, pense. Si ça se trouve. Et la pub ne nous dit pas ce qu'il pense. Alors qu'une bagnole, je vous le demande, est-ce que ça pense ?

Or, mesdames et messieurs, au moment même où je regardais cette pub, après m'être souvenu de cet article lu récemment et alors que je consultais un site animalier sur mon ordinateur (car l'homme que je suis peut faire ces trois opérations presque en même temps, c'est ce qui le distingue - tout de même - de l'animal ), je suis tombé sur une question d'un internaute : « Une question me travaille depuis longtemps au sujet des chats : pensez-vous qu'ils existent (au sens où Heidegger l'entend, capables de se concevoir comme étant...) ? Si vous avez une intime conviction, je serais heureux de la connaître. »

?????

Comme si Heidegger et moi on avait fait du footing en forêt de Fontainebleau. Mais la question m'intéressait pour au moins deux raisons.

Premièrement : j'ai un chat et je puis vous certifier que j'ai l'intime conviction qu'il existe, au sens griffurien du terme. Deuxièmement : quant à savoir s'il est capable de se concevoir comme étant, je confesse n'avoir jamais eu de conversation approfondie sur ce thème avec lui. Mais l'article suscité me donne l'occasion de le vérifier, grâce au « fameux test de la patte sur le front et du miroir ». De quoi s'agit-il ? Ecoute bien, Heidegger : « Si un animal, confronté à son image, se touche la tête et non le miroir, c'est qu'il a compris qu'il existait  en tant qu'individu, qu'il avait donc une conscience. Or ce test, que passent avec succès les primates, est validé aussi par d'autres espèces, comme les éléphants »...

Et les chats alors ?

Eh bien, figurez-vous qu'il arrivait à mon chat de se regarder dans la glace, surtout avant. Il faut vous précisez que mon chat est une chatte, Midzi, âgée de vingt ans.

Donc, elle passait devant la glace et soudain s'arrêtait, surprise de voir un chat noir et blanc comme elle. Elle s'asseyait, regardait à droite, à gauche, en haut, en bas. Visiblement, elle se demandait ce que pouvait bien faire ce chat en face d'elle. Un chat qui, en plus, faisait tout exactement comme elle. Elle se levait, faisait le tour du placard, essayait de voir ce qu'il y avait derrière. Puis elle revenait devant la glace. Le chat était bien entendu toujours là. Alors, elle devenait folle furieuse, miaulait, crachait, donnait un coup de patte. Puis déguerpissait à toute berzingue. A aucun moment, elle n'a eu la présence d'esprit de se toucher la tête (ce qui pourtant n'est pas compliqué).

Qu'en conclure, sinon que mon chat (ma chatte) est nul au fameux test du miroir ? En revanche, au test de la télé, petite, elle était très performante. Parfois, elle venait voir le 20 heures avec moi. La plupart du temps, elle se foutait complètement de ce qui se passait. Et puis, soudain, un truc l'attirait. Elle se levait, se postait devant le poste, les oreilles dressées. Et elle regardait, intensément. Elle inclinait légèrement la tête à droite, puis à gauche. Intriguée, passionnée, captivée. Par quoi ? Mystère et boule de gomme. Jamais par les même images, en tout cas. Par autre chose, sûrement. Qu'elle était la seule à voir.

Eh, patate, tu pourrais pas m'expliquer ce que tu voyais, ce que tu comprenais ? J'existe pas, peut-être ?

La grippe... elle a bon dos !

20 juin 2009

La grippe... elle a bon dos !

Si l'on compare les différentes grippes qui ont fait la une des journaux à la malaria qui sévit à l'état endémique, la différence est d'importance !

L'anophèle (vous savez, le moustique de l'ordre des diptères dont la femelle transmet le paludisme) responsable du paludisme justement, fait près de 2 millions de morts par an dont la plupart sont des enfants de moins de 5 ans. Mais cela se passe en Afrique, alors on se sent moins concerné. Saviez-vous que le 25 avril dernier, c'était la journée mondiale contre le paludisme ? Le cochon mexicain l'a reléguée bien loin de nos préoccupations. Tout cela pour vous dire que si le monde est grippé, cela vient d'un autre animal de sinistre réputation : l'appât du gain...

Qu'importe si, pour satisfaire cette course à l'eldorado, on abandonne sur le bord du chemin les plus humbles, les plus pauvres, les plus fragiles. Dans le monde des affaires, seuls les plus forts résistent et gagnent. Vae victis. Malheur aux vaincus, aux... pauvres, quoi ! Oui, le monde est grippé. Mais contre cette grippe-là, on ne cherche pas de vaccin. On se contente de limiter les dégâts, de circonscrire le sinistre.

Il n'y a plus de pub sur la télé...

19 juin 2009

Il n'y a plus de pub sur la télé...

Il paraît qu'il n'y a plus de publicité, à partir de 20h30 sur les chaines françaises. Chouette alors, car ici sur les chaines allemandes, la pub ne manque pas.

En un sens, c'est vrai, il n'y a plus le logo et le « jingle » qui nous avertissaient qu'on allait voir de la pub. Moyennant quoi il y a pire que la pub... Des pubs déguisées qui se font passer pour autre chose que la pub... Elles font regretter les vraies de vraies pubs, tellement elles sont nulles et faux cul. Car, si la pub, la vraie, est supprimée, le sponsoring, lui, est non seulement autorisé, mais encouragé.

Bon, je passe sur la météo, sponsorisée par la petite camionnette jaune et bleu, vous savez, D.... . Au moins, la météo, on sait ce que c'est. C'est la météo. Soit le temps qu'il va faire dans les cinq jours avec plus où moins de réussite. Il n'y a ni entourloupe, ni tour de passe-passe. D...., on s'en moque. Ce qu'on attend, c'est le temps. Et on l'a. (J'adore la météo : c'est le programme le plus utile, le plus service public de toute la télévision).

Ce qui m'énerve le plus, ce sont ces prétendus mini programmes d'information (voire de sensibilisation) sur ceci ou cela qui ne servent qu'à fourguer le nom du sponsor. Ils sont d'une bêtise stratosphérique. Par exemple, des pseudo-interviews de sportifs qui expliquent, en quinze secondes, ce que ça veut dire, pour eux, gagner.

Déjà, vous en conviendrez aisément,  un sportif interviewé à la télé, la plupart du temps, c'est consternant de langue de bois. A ce demander pourquoi on s'obstine à leur poser des questions, vu qu'on sait à l'avance ce qu'ils vont répondre, rien ! Mais là, dans cette prétendue minisérie, c'est du rien à prétention philosophique. Ils sont censés nous révéler, en exclusivité, le comment du pourquoi du sens caché de la performance, comme quoi ce qui est formidable, quand on gagne, c'est qu'on gagne. Le plus effrayant, c'est d'imaginer le tournage de ces saynètes. Si ça se trouve, ça prend des heures, voire des jours, pour mettre en boite ces sommets du gnangnan, avec  le journaliste, hors champ, qui essaye de faire accoucher le sportif  d'une lapalissade en béton armé. Rien que d'y penser, ça me donne envie de me cacher sous ma couette et de dormir jusqu'à la fin du monde, tellement c'est déprimant.

Sinon, il y a aussi la série qui s'appelle « les héros de la biodiversité » ou quelque chose dans ce goût-là.  On voit un type au bord de la mer ou au fond de l'eau, qui ramasse des algues ou qui compte les thons. Et on entend la voix, mourante, crépusculaire, d'Allain Bougrain Dubourg faire un sermon comme quoi c'est un héro. Comme quoi, chapeau bas, messieurs ! A dégouter de faire quoi que ce soit pour préserver la biodiversité de quoi que ce soit. Le pire, c'est le générique qui défile juste après ce concentré de néant. Quand on voit le nombre de gens qui s'y sont mis, toute cette énergie qu'il a fallu mobiliser pour aboutir à un truc si tarte, ça donne le vertige. Sans blague : le générique dure plus longtemps que le programme lui-même. Surtout qu'avant on a déjà eu droit au spot de pub du sponsor (ou des sponsors), comme quoi cette belle leçon de civisme nous est généreusement offerte par Duchmol et Chmoldu. On nous prend pour qui, franchement ? On croit vraiment qu'on va gober cette daube ? Qu'on va prendre ça pour une véritable émission de télévision ?

Je ne discuterai pas de cette minisérie qui vous montre quoi faire de votre grenier ou mieux encore de votre maison, mais j'irai directement au pompon dans le genre. Je me demande si ce n'est pas cette série qui s'appelle « partir » et qui doit être déjà à sa deuxième ou troisième, rediffusion. Je vous explique le concept : après la pub du sponsor, un people (généralement un has been ou un second couteau, les autres doivent être trop chers) donc le people nous raconte un souvenir de voyage à forte teneur en humanisme, qui exprime la quintessence de ce que signifie pour lui le mot « partir ». Le people en question, nous dit, d'un air pénétré, des choses définitives du genre : un jour, je suis allé au Sénégal, j'ai vu sur une plage une petite fille très pauvre qui m'a fait un grand sourire, alors pour moi partir, c'est un sourire. Ou bien : j'ai donné plein de jouets à des miséreux en Thaïlande, pour moi, partir, c'est donner.

A chaque fois, je m'en veux de regarder ça, tellement ça dégouline de bonne conscience, tellement c'est poisseux, visqueux. La pub s'avançant masquée sous les oripeaux de la charité, c'est dégradant. Et c'est pour ça qu'on a supprimé la pub, la vraie de vraie pub ? Pour nous refourguer en contrepartie cette pub honteuse qui nous fait la morale ?

Ah, pauvres de nous ! Il faut voir comment on nous parle... Exactement : dis-moi comment tu nous parles, je te dirai qui tu es. Hypocrite ! Cachez cette pub que je ne saurais voir ! Libérons le service public de l'esclavage des marchands de soupe ! Ouvrons la voie à une grande et belle politique de civilisation ! car, on l'a peut-être oublié, c'est le même jour, dans le même discours, que le Monarque Président annonçait la suppression de la pub et le lancement de sa politique de civilisation. Moyennant quoi, ces mêmes marchands de soupe nous gavent de leur philosophie de comptoir, de leur écologie de Prisunic, de leur charité de tour-operator. Mais ce n'est pas de la pub ! Pas du tout ! C'est de la citoyenneté ! Ah, les faux culs, qui gagnent sur tous les tableaux, le beurre et l'argent du beurre, et par ici la monnaie. Oui, il faut voir comme on nous parle. Ça porte un nom cette façon de s'adresser ainsi, le mépris. Ça s'appelle nous prendre pour des gogos.

Et puis zut, je ne sais pas pourquoi je m'énerve comme ça, franchement si les citoyens français acceptent d'être traité ainsi, je n'ai qu'à retourner sur la ZDF, ARD ou une des 400 chaines dont je dispose ici, après tout... C'est juste qu'il y a un moment où on n'en veut plus, où on n'en peut plus parce que le Français (même expatrié) vaut mieux que ça tout de même. Parce qu'on n'a pas mérité ça. Ai-je tort ?

Du sang, des larmes et des morts.

17 juin 2009

Du sang, des larmes et des morts

Si aujourd'hui je peux vivre en tant que français en Allemagne, c'est parce qu'il y a soixante-dix ans, alors que les officiers de notre armée en déroute étaient emprisonnés, que les troupes subissaient un massacre et que la France laminée prenait la route de l'exode, le Royaume-Uni a résisté seul au nazisme.

Que la reine d'Angleterre, dernier chef d'Etat à avoir vécu cette période, elle qui était ambulancière dans les bombardements, que son mari, ancien combattant, ne soient pas invités aux célébrations du 65ème anniversaire sur nos plages est la plus grande indignité que notre président ait commis. C'est une honte et un affront faits à un peuple qui a essuyé les bombardements nazis, dont les hommes sont morts pour défendre une idée de l'indépendance et de la liberté sur laquelle nous avons construit l'Europe.

Si la raison est vraiment celle qu'on donne - être seul sur la photo avec Obama - c'est qu'on a vraiment touché le fond à la tête de l'Etat. Et j'ai terriblement honte de ça.

Avant tout un peu d'histoire.

15 juin 2009

Avant tout, un peu d'histoire...

Un peu d'histoire: pendant mille ans, l'Allemagne n'existait pas. C'était une aire culturelle dont le dénominateur commun était l'allemand. Il y avait des royaumes, surtout à l'est, et des principautés, souvent épiscopales, comme à l'ouest et sur les bords du Rhin. Dans le nord, de villes libres, puissantes et richissimes avaient crée le premier réseau commercial: la Hanse (et oui, c'est le premier H des plaques d'immatriculation de Hambourg, Brême et Lübeck!).
A la tête de tout cela, un empereur, celui du Saint Empire Romain Germanique. Il était élu par les princes électeurs à Francfort, une diète siégeait à Ratisbonne pour régler les questions internes à l'Empire.

Quand Martin Luther commence à « semer la zizanie » en 1517 en clouant sur les portes de la chapelle du château de Wittenberg ses 95 thèses pour la réforme de l'Eglise, l'Allemagne s'embrase. Il est convoqué par l'Empereur Charles-Quint, puis excommunié. Pour beaucoup de petits princes, c'est l'occasion aussi de prendre leur indépendance par rapport à un pouvoir qui semble se mêler de ce qui ne le regarde pas: car l'apogée de l'Empire est aussi ce qui marquera son éclatement. A l'époque Charles-Quint règne autant sur les conquistadors d'Amérique du Sud que sur les confins des Sudètes.

Finalement les Etats Allemands appliqueront un principe de droit qui est une révolution pour l'époque: Cujus regio, ejus religio. Cela signifie que la religion de l'Etat sera celle de son prince. Les principautés épiscopales seront catholiques, les autres varieront selon celle de leur dirigeant, ce qui provoque parfois le trouble, avec des populations contraintes de se convertir à répétition. Au fur et à mesure, on accordera aux peuples le droit de rester de leur propre religion indépendamment de celle du prince. Au XVIIème siècle, le roi de Prusse, qui règne sur des marais paludéens, accueille les huguenots. L'immigration religieuse sera un bon filon exploité sans vergogne par les rois prussiens pendant les deux siècles suivants.

Quand Bismarck unira à marche forcée l'Allemagne, il n'est pas question de limer les différences entre les régions. Le fédéralisme, qui est le mode de gouvernement choisi en 1948, donne une large autonomie aux Länder. Et le droit de choisir leurs jours fériés selon leur tradition.

Tout ça pour dire que si vous voulez profitez de jours fériés, préférez les Länder catholiques!