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A quoi parfois, les médias peuvent-ils bien penser?
- Par LESTEL Christian
- Le 20/09/2009
- Dans BLOG
A quoi parfois, les médias peuvent-ils bien penser?
Déjà enfant, ma Mère s'inquiétait quand elle me voyait m'approcher d'un réveil ou tout autre « ustensile » susceptible de se démonter. Et pour cause, si le démontage ne me posait aucun souci, il n'en était pas de même de l'opération inverse. Par la suite, les relations entre les machines et moi ne se sont pas améliorées, bien au contraire et la situation perdure encore, quoique ces derniers temps les choses semblent tout de même progresser un peu.
Vous pouvez être certain que chaque fois que je voulais par exemple, boire à une fontaine à eau, il se passait quelque chose. Il suffisait que je tire un verre en plastique pour que tous les autres verres me dégringolent sur les pieds. Où alors, en tirant un verre, ça faisait un bruit d'enfer. Pourquoi ? Mystère. Et bien entendu, ça n'arrivait qu'à moi. Quand les autres venaient boire à la fontaine, tout se passait normalement. Qu'en conclure, sinon que les fontaines à eau ne m'aimaient pas ? Mais, il en était de même pour la machine à café. Il suffit de mettre 40 centimes dans la fente, d'appuyer sur le bouton (café court sucré) et hop, un gobelet tombe de la machine et le café tombe dans le gobelet. Sauf que moi, si je mettais 40 centimes, je pouvais être certain que mes deux pièces de 20 centimes retombaient illico dans la case « retour monnaie » où que le café tombait mais il n'y avait plus de gobelet où encore il y avait un gobelet mais qui tombait de travers de façon à ce que le café coule à côté... De toute manière, tintin pour le café.
C'est la vie et je prends la « chose » avec philosophie. Ce qui ne m'empêche tout de même pas de bourrer les machines en question de coups de pied et de coups de poing. Ça leur apprend à qui elles ont affaire !
Tout ça pour vous dire que mon sang n'a fait qu'un tour quand j'ai lu dans mon quotidien favori, à la rubrique « question du jour », ce titre insensé : « Comment bien nettoyer mon ordinateur ? » Attention, pas l'extérieur, l'intérieur. Eh bien, je vais vous le dire comme je le pense : cet article est une pure et simple incitation au suicide. J'espère qu'a mon quotidien, ils ont un bon service juridique. Ils vont en avoir besoin.
Nettoyer l'intérieur de l'ordinateur, en voilà une idée ! Les médias ont de ces lubies, parfois. Et pourquoi faudrait-il le nettoyer ? Je vous pose la question... « Parce que les composants sont très sensibles à la poussière ». Moi aussi, je suis sensible à la poussière, je ne me démonte pas pour autant. Car c'est bien de ça qu'il s'agit. Lisez plutôt : « Pensez à bien vous outiller : tournevis, brosse ou pinceau. Coton-tige, aspirateur avec un embout suceur, compresseur d'air ou bombe d'air comprimé, aérosol ou produit spécial pour l'électronique et éventuellement masque antipoussière et gants en latex. » Je n'invente rien, c'est écrit noir sur blanc. On se croirait à « Urgences », juste avant une opération fatale qui va achever le patient. Un tournevis ! Un aspirateur ! Un compresseur ! Manque juste le marteau-piqueur et le Karcher.
Bon supposons que j'aie tout le matériel et supposons également que je sois assez fou pour jouer les kamikazes. On procède comment ? Vous allez voir, c'est très simple : « Déconnectez tous les périphériques. Repérez les vis qui servent à fixer le boitier de protection et dévissez-les. Afin d'éviter les décharges d'électricité statique, touchez l'encadrement métallique à l'intérieur de l'ordinateur, puis débranchez le cordon d'alimentation. » Vous avez bien compris : mon quotidien prend délibérément, sciemment, le risque de m'électrocuter. Et, pour l'éviter, vous avez vu ce qu'il me propose ? Toucher du métal. Vous ne trouvez pas ça louche ? A se demander à quoi les journalistes pensent, parfois.
Lisons la suite : « Eliminez les plus grosses masses de poussière avec l'aspirateur puis projetez de l'air comprimé. » L'aspirateur dans l'ordinateur ! Je vois d'ici la scène : j'approche l'aspirateur de tout le bazar à l'intérieur et hop tout le bazar aspiré d'un seul coup ! Plus rien dans l'ordinateur. Nettoyé de fond en comble. Plus un seul grain de poussière, plus rien du tout. Après, tu débranches l'aspirateur, tu l'ouvres, tu vides le sac, tu retrouves tous les bitoniaux, les trucs et les machins, et tu passes le reste de ta vie à essayer de remettre tout ça en ordre. Fastoche.
Ils me prennent pour un électricien ou un garagiste, les journalistes de mon quotidien ? Et attention ! « Assurez-vous que les barrettes mémoires, les cartes d'extensions et les nappes de connexion sont bien engagées dans leurs emplacements. » Comment voulez-vous que je reconnaissent, au premier coup d'œil tous ces composants tout aussi méconnus que barbares et surtout les nappes ? Car j'ai des nappes dans mon ordinateur. Manquait plus que ça. Qu'est-ce qu'elles foutent dans mon ordinateur, j'aimerais bien le savoir. Savoir que quand je clique sur ma souris, je déplie une nappe sous le capot de mon ordinateur, ça me rend nerveux, j'aimerais bien savoir qui met le couvert.
Et ensuite ? Ensuite, « Aspergez le chiffon antistatique de produit spécial et nettoyez les parties métalliques puis l'intérieur et l'extérieur du capot de protection que vous revissez. » a condition de retrouver les vis. Parce que c'est bien beau de dévisser, mais pour te rappeler où t'as bien pu mettre ces foutues vis, microscopiques et quasiment invisibles, c'est une autre histoire. A tous les coups, elles sont tombées par terre. Encore heureux si le chat ne les a pas avalées. Allez, courage, c'est presque fini : « Enfin, propulsez l'air comprimé sur le clavier puis retournez-le et secouez-le au-dessus d'une corbeille. » Et là, qu'est-ce qui se passe ? Il se passe que les touches du clavier se détachent et tombent. Sinon, pourquoi faudrait-il le secouer au-dessus d'une corbeille ? Pour que les touches tombent dedans, tiens la bonne poire ! Et après tu les ramasses et tu essaies de les remettre en place. A condition de te souvenir de l'ordre des lettres sur le clavier. L'intérêt de l'opération, je l'avoue, m'échappe complètement.
Ce que je préfère, c'est la conclusion. Une fois que tout est fini, « votre environnement de travail est tout propre ». On voit que l'auteur de l'article ne me connaît pas. Sachez, cher monsieur, qu'à la suite du chantier dans lequel vous m'aurez inconsidérément entraine mon environnement, comme vous dites si bien, sera entièrement dévasté, carbonisé, tchernobylisé.
De toute façon, j'attends avec intérêt votre prochaine « question du jour » : « Comment bien nettoyer votre bureau après avoir nettoyé votre ordinateur ? ».
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Le Rottweiler où l'histoire de Rico
- Par LESTEL Christian
- Le 14/09/2009
- Dans BLOG
Le Rottweiler où l’histoire de Rico
Les chiens de race Rottweiler ont acquis une mauvaise réputation de deux manières. La première de ces raisons est que cette race a une facilité pour le dressage de chien d'attaque comme quelques autres de ses congénères. Des gens sans scrupules abusent de cette faculté en les éduquant pour répondre aux besoins de leur maître. Ceux-ci ont des intentions malveillantes ou encore sont carrément inconscients et stupides. Le Rottweiler n'est absolument pas à blâmer puisqu'il ne répond tout simplement qu'aux ordres de son maître. La deuxième raison relève des légendes urbaines inspirées des films d'horreur et de violence. Les producteurs de films à sensations exploitent cette réputation et l'amplifient au cinéma comme à la télévision. Satan, vampires et truands sont accompagnés de chiens Rottweiler aux crocs et aux grognements terrifiants. L'aspect du chien, noir et fauve, n'inspire pas non plus la confiance même si c'est une bête magnifique qui gagne à se faire connaître. En France, les compagnies d'assurance habitation pénalisent les propriétaires de Rottweiler en ajoutant une prime de risque et en refusant même, quelques fois, d'émettre une police d'assurance, alors même qu'en Allemagne le « Rott » est considéré comme un animal de compagnie. Le Berger-Allemand, le Doberman et le Rottweiler font partie des canidés sur la liste de risque des assureurs. Ils se basent sur la réputation générale et non sur des statistiques vérifiables. Le Berger-Allemand ne jouit pas d'une si mauvaise réputation dans la population, car il a été souvent le héros de film et de série télévisée (Rintintin) attirant la sympathie du public en général. Tout ceci n'est qu'une question de perception et il est bien dommage que la race Rottweiler subisse les conséquences de l'ignorance et de l'inconscience de quelques maîtres irresponsables. L'histoire de cet animal remonte à l'époque romaine, des « mâtins », ancêtres de nos rottweilers d'aujourd'hui. Ils gardent le bétail destiné à nourrir les légionnaires pendant les grandes campagnes militaires. Ces mâtins ne sont alors pas destinés au combat, et ils sont de ce fait bien socialisés aux humains. Une fois les Alpes passées, les Romains progressent jusqu'en Germanie, où ils installent des garnisons, notamment à Rottweil, dans la région du Wurtemberg. Au Moyen Âge, Rottweil devient une ville très prospère, avec une forte activité commerciale. C'est à ce moment que l'on retrouve l'ancêtre du rottweiler sous le nom de metzgerhund (littéralement « chien de boucher »), parce qu'à l'époque il accompagne justement les bouchers, faisant office de bouvier (garde et conduite des bœufs) et de chiens de garde pour les maîtres. Avec le temps, la race devient plus homogène et c'est à la fin du XIXe siècle qu'apparaît le nom de rottweiler ou bouvier allemand, alors qu'il est présenté à une exposition en 1892. L'interdiction du transport de bétails étant décrétée au début du XXe siècle, le rottweiler perd son emploi et manque de disparaître. Mais il obtient sa « reconversion » pendant la première guerre mondiale dans le domaine militaire, ainsi qu'à la ferme. Sur le plan international, le rottweiler a d'abord conquis les États-Unis entre les deux guerres, où il a été reconnu en 1935, alors qu'il a fallu attendre 1966 pour le voir en Angleterre et les années 70 en France. Actuellement on peut dire qu'il a rattrapé son retard puis qu'il est quatrième au « hit-parade » des naissances en France. Rico quant à lui est né en octobre 2003 dans le sud de la France à Saint Gilles. En janvier 2004, à la recherche d'un Rottweiler, il nous paru, seul « garçon » au milieu de deux sœurs, celui qu'il nous fallait. En une nuit, après les formalités administratives adéquates, il passa du sud de la France au sud de l'Allemagne. Elevé avec des enfants dans une ambiance saine, très sociabilisé il est depuis toujours un constant plaisir pour ceux croisant son chemin.
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Vivre en Allemagne
- Par LESTEL Christian
- Le 26/08/2009
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Une chance de vivre en Allemagne.
Lors de mon départ pour l'Allemagne, les réactions de mon entourage ont été plus que mitigées.
A titre personnel d'abord car je m'éloignais de mes amis mais aussi parce que l'Allemagne n'a rien de glamour dans l'imaginaire collectif français. J'ai souvent entendu cette réflexion : «M'expatrier d'accord mais seulement en Italie ou Espagne, au moins là-bas il fait beau. L'Allemagne, moi, je pourrais pas».Mais il faut bien tout de même se l'avouer : il est bien agréable de vivre en Allemagne.
Il est vrai que nous aimons souvent nous moquer des travers de nos voisins d'outre-Rhin, mais je reconnais la chance de vivre ici.
La chance de pouvoir se promener dans les rues (mêmes désertes) à minuit et de n'avoir même pas peur de se faire agresser ou simplement insulter. La chance d'avoir un ticket de caisse normal au supermarché et d'être bien traité dans les magasins. La chance de ne pas craindre les bactéries dans son assiette et de manger copieusement et pour un prix raisonnable dans les restaurants. La chance de me déplacer sur certaines autoroutes au maximum de la vitesse de ma voiture tout en sachant que dans chaque village un radar (non signalé) vérifiera que je suis bien à 50 km/h. La chance de pouvoir aller assister à toutes sortes de spectacles ou d'activités et de savoir que ce sera facile, pas trop cher et de toute façon toujours agréable. La chance de pouvoir trouver des toilettes propres dans tous les endroits publiques (gares y compris) sans avoir même à consommer. La chance de ne pas être interpellé à tout bout de chance pour n'importe quoi et voir que la Polizei est respectable et respectée de tous les citoyens y compris des jeunes. La chance de vivre l'enthousiasme simple des gens, leur calme et leur civisme. La chance d'apprécier un peu moins « d'intellectualisation » à propos de tout, un peu moins d'arrogance et de mépris pour ce qui ne rentre pas dans les cases définies par une soi-disant « élite ». Enfin, la chance de découvrir aussi de vraies bonnes bières d'un demi aussi.
Mais il faut encore « tordre le cou » aux idées reçues et parce que les clichés ont la vie dure, voici ma version des faits et ma vision du Bade-Wurtemberg après deux ans passés dans ce pays.
Non, le ciel n'est pas toujours blanc et bleu et le vent ne rend pas fou.
...Mais je peux mettre mon énervement ou ma gaieté sur le compte de ce vent chaud et sec qui vient du sud par-dessus les montagnes et qui repousse le mauvais temps vers le nord, c'est une bonne excuse.
Non, les magasins ne ferment pas le samedi à midi.
...c'est parfois vrai dans les petites villes mais dans les grandes villes comme Stuttgart, tous les magasins sont ouverts du lundi au samedi jusqu'à 20 heures.
Non, les Allemands ne vont pas travailler en pantalon de peau.
...Mais les costumes traditionnels sont revenus à la mode depuis quelques années et même les plus jeunes n'hésitent pas à le revêtir à l'occasion d'une fête.
Non, les Allemands ne chantent pas « Holia u-i-ri, djo ha-i-ri » à tue-tête sur leur vélo.
....Mais vous retrouverez la Tyrolienne ce chant traditionnel bavarois dans les fêtes folkloriques
Non, les enfants ne sont pas élevés à la bière.
...Ce que vous voyez dans leur verre, c'est du jus de pommes mélangé avec de l'eau gazeuse (Apfelschorle)
Non, je ne suis pas obligée de me soigner uniquement par les plantes, les antibiotiques, ça existe aussi.
....Mais côté cosmétiques bio, les femmes sont plutôt gâtées entre Weleda, Kneipp et le Dr Hauschka.
Non je n'ai pas pris 10 kg depuis mon arrivée à cause des gâteaux à la crème et des saucisses.
....Mais il est vrai que l'ami cochon est roi à la table : un jarret de porc croustillant rôti à la broche. Hum, quel régal ! Quand au gâteau, la Forêt Noire (Schwarzwälder Kirsch) c'est une succulente pâtisserie et quoiqu'on en dise, je sais qu'il y a des amateurs de ce genre de pâtisseries parmi vous...
Non, les clochers à bulbe ne me lassent pas.
...Même si la décoration baroque est parfois excessive, elle s'intègre parfaitement dans les paysages. Allez faire un tour à l'église de Weingarten, l'une des plus belles églises baroques du monde.
Au final, j'ai adopté la philosophie allemande « Vivre et laisser vivre » et je trouve qu'il fait bon vivre en Allemagne. On dirait le Sud comme disait la chanson, mais sans les désagréments !
Alors, convaincus?
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La clope ou l'antidépresseur ?
- Par LESTEL Christian
- Le 21/08/2009
- Dans BLOG
La clope ou l’antidépresseur ?
Fumer est pour moi une nécessité pour combattre mon stress, et pour la société un moindre mal !
Permettez-moi, je vous en conjure, de pousser un cri de rage en qualité de fumeur. Ainsi donc, les fumeurs sont devenus l’unique catégorie de la société à ne pas avoir de défenseurs, de comités de soutien, d’intellectuels médiatiques, d’artistes engagés en leur faveur. La seule catégorie de minorité, bien qu’étant des millions, sur le dos de laquelle se dégage un accord consensuel pour la stigmatiser, la persécuter toujours davantage. Au nom de la déesse « santé publique ». La France a déjà trop de vieux, trop de retraités mais, apparemment, il n’y en a pas assez quand même.
On veut forcer les fumeurs à vivre longtemps, et ce qu’on n’aura pas dépensé à soigner leur cancer, il vaudra mieux le dépenser plus tard à leur payer des retraites, des « auxiliaires de vie », des maisons de retraite ? Je coule une vie paisible de retraité après avoir honnêtement travaillé, je paie mes impôts et je fume. Pourquoi ne me fout-on pas la paix ? Fumer est pour moi nécessaire pour mon stress. J’ai le choix entre la cigarette ou les antidépresseurs.
Je préfère la cigarette et de plus j’ai plaisir à fumer.
Ah oui ! C’est vrai, mon plaisir est criminel : « 3 000 personnes meurent du tabagisme passif ». Donc je suis un criminel. Mais à cette différence que tous les criminels même volontaires ont droit à des avocats et bénéficient quelquefois de circonstances atténuantes. Une chose est certaine, si je ne meurs pas du tabac pour faire plaisir à tous les professionnels de la persécution des fumeurs, ma vie aura tout de même été pourrie par tous ces gens qui veulent me voir à tout prix vieux et en bonne santé.
Arrêtez de vouloir nous construire une société complètement aseptisé : il y a franchement pire pour la société que de fumer, n’en doutez plus.
Il suffit de consulter les chiffres de l’Insee pour voir que le tabac a rapporté en 2008 près de 20 milliards d’euros (net de toutes dépenses de santé et coûts corollaires). Il faut donc avertir les « antitabac » qu’il leur faudrait débourser chacun (du bébé au centenaire) près de 200 € par an le jour où les fumeurs seront définitivement interdits de leur plaisir… Y sont-ils prêts ? Sans compter que le gouvernement se donne bonne conscience auprès de la population en stigmatisant les fumeurs, ce qui permet de passer sous silence les salades aux pesticides, les pommes de terre irradiées, les carottes aux fongicides et j’en passe, la liste serait interminable…
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13 août 1961
- Par LESTEL Christian
- Le 14/08/2009
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13 août 1961 – Qui se souvient encore de cette date ? Et pourtant…
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la division de l'Europe en deux blocs antagonistes apparaît dès 1947, avec la mise en place du «rideau de fer» courant de Lubeck jusqu'en Tchécoslovaquie et au-delà.
Mais c'est à Berlin que se cristallise le refus de l'Ouest d'accepter définitivement la partition de l'Allemagne et de l'Europe. Il n'y aurait jamais eu de mur de Berlin si les Américains et les Anglais n'avaient réagi avec vigueur au blocus de l'ancienne capitale du Reich !
Le Mur avant le Mur
Entrepris le 24 juin 1946 par les Soviétiques qui occupent Berlin-Est, il consiste à couper les communications terrestres entre Berlin-Ouest, réparti en secteurs anglais, américain et français, et l'Allemagne occidentale. La réussite du coup de force que représentait le blocus aurait signifié l'abandon par les alliés occidentaux de Berlin et son occupation par les Soviétiques. Mais, pendant près de onze mois, les Américains et les Anglais organisent un pont aérien pour ravitailler les berlinois de l'Ouest.
Malgré 76 morts et un coût financier considérable pour les Occidentaux, le pont aérien finit par contraindre les Soviétiques à mettre fin au blocus, en avril 1949. La première raison de la construction du mur de Berlin tient donc à la détermination des Occidentaux à ne pas abandonner Berlin-Ouest aux Soviétique. En 1950, le land de Berlin-Ouest est intégré au sein de la nouvelle République fédérale d'Allemagne. Son statut d'enclave occidentale au milieu d'un territoire contrôlé par la RDA est ainsi conforté. L'existence de Berlin-Ouest continue d'être insupportable pour les soviétiques car les Allemands de l'Est y votent chaque jour «avec leurs pieds» en fuyant le régime soviétique. Il devient difficile de contrôler les 500 000 personnes qui traversent chaque jour la ligne de démarcation berlinoise, à pied ou par les réseaux de communication ferroviaire et métropolitain.
Berlin-Ouest est le principal espace de transit des Allemands de l'Est émigrant à l'Ouest. En 1958, déjà plus de trois millions d'allemands de l'Est ont fui pour la RFA. Cette hémorragie humaine prive le pays de main-d'œuvre et montre à la face du monde la faible adhésion à la soviétisation de l'Allemagne de l'Est.
L'URSS tente un nouveau coup le 27 novembre 1958 en lançant un ultimatum exigeant le départ des troupes occidentales dans les six mois pour faire de Berlin une «ville libre» démilitarisée. Les alliés occidentaux refusent. En 1961, les Soviétiques prennent donc la décision de faire supprimer par la RDA la ligne de démarcation berlinoise en construisant un mur, qui deviendra «le mur de la honte». Cette construction commence les 12 et 13 juin 1961 avec la pose de grillages et de barbelés autour de Berlin-Ouest. Puis les Soviétiques choisissent une date idéale pour faire exécuter leur œuvre : le 13 août 1961, soit en plein pont estival pendant lequel nombre de chefs d'État occidentaux sont en vacances.
La RDA annonce avoir l'agrément du pacte de Varsovie et présente la construction un « mur de protection antifasciste ». Des unités armées de la RDA encerclent-elles Berlin-Ouest de façon hermétique et la construction du mur se réalise dans un temps record, ce qui signifie qu'il est le fruit d'une préparation longue et minutieuse.
Le mur est plus qu'un mur
Le mur est bordé de mines anti-personnelles, de pièges pour tanks, de barrières d'alarme... Au mur de 3,5 m de hauteur courant sur 155 km autour de Berlin-Ouest s'ajoutent ensuite les «murs» créés par la fermeture des réseaux de communication ferroviaire et métropolitain entre Berlin-Ouest et Berlin-Est.
Sur les 81 points de passage existant avant août 1961, 69 sont fermés dès le 13 août, par des barbelés et des murs de briques. Pour les visiteurs étrangers est assigné un point de passage unique situé dans Friedrich Strasse (Chekpoint Charlie), ouvert jour et nuit. Les échanges économiques cessent entre les deux Berlin : 63 000 berlinois de l'Est perdent leur emploi à l'Ouest, et 10 000 de l'Ouest perdent leur emploi à Berlin-Est.
Pour faire face à cette nouvelle situation, de nombreux grands équipements concernant la culture (opéras), l'éducation (universités), les sciences (parcs zoologiques) sont dédoublés.
Les «passe muraille»
L'appel de la liberté reste constant tout au long des 28 ans de l'histoire du mur. Des milliers d'Allemands de l'Est tentent de le franchir au péril de leur vie. Au total, d'août 1961 au 8 mars 1989, 5 075 personnes réussissent à s'évader de l'Est pour Berlin-Ouest par divers moyens : escalade, mais aussi souterrains, voitures spécialement transformées, fuites à la nage sur la Spree... 588 personnes périssent dans cette tentative.
Le mur après le mur
En 1989, le gouvernement de la RDA ne parvient plus à enrayer l'émigration car celle-ci utilise un nouvel espace de transit, la Tchécoslovaquie, qui finit, sous la contrainte des milliers de voitures fuyant l'Est, par ouvrir ses frontières avec l'Autriche. Aussi le 9 novembre 1989, Günter Schabowski, membre du bureau politique, annonce-t-il la décision du gouvernement de RDA d'autoriser «les voyages privés à destination de l'étranger [...] sans aucune condition particulière».
Quelques heures plus tard seulement, les douaniers de Berlin ne parviennent plus à faire face à la demande et ne peuvent faire autrement de que de laisser simplement passer. Le mur est vaincu.
Puis, fin 1989 et en 1990, le mur est démantelé à raison de 100 mètres en moyenne par nuit, avant l'organisation d'une démolition officielle qui se termine fin 1991. Six pans de mur sont conservés pour mémoire.Toutefois, le mur demeure une cicatrice économique et humaine. Avant la guerre, Berlin était le plus gros et le plus innovant pôle économique et surtout industriel d'Allemagne. Puis Berlin-Ouest, en raison de son statut d'exception s'est retrouvé écartée de tous les secteurs d'entreprise innovants. À Berlin-Est, le système d'économie planifié socialiste, avec des entreprises étatisées et une organisation en grosses entreprises, entraîne déficience dans l'organisation et la rentabilité de l'économie.
Depuis 1990, Berlin, redevenu capitale allemande au détriment de Bonn, bénéficie de l'apport croissant d'administrations politiques nationales, de l'implantation d'institutions diverses, de l'installation de marques connues et surtout d'un essor touristique. Berlin a retrouvé ses «Champs Élysées», avec l'avenue Unter den Linden (sous les tilleuls), artère Ouest-Est allant de la porte de Brandebourg jusqu'à la place du château (détruit et en voie de reconstruction).
Les murs fort heureusement ne servent plus à rien, si ce n'est que de séparer les hommes. Pourtant l'homme continue à élever des murs, pour scinder des jardins, séparer deux maisons, partager deux pays...
Combien faudra-t-il encore de victimes innocentes pour qu'enfin les hommes puissent se parler sans avoir à élever des murs ?
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Semaine de Bach
- Par LESTEL Christian
- Le 12/08/2009
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Ansbach - Bachwoche (semaine de Bach)
En Janvier 2009, Gerhard, notre ami de Donaueschingen, nous proposait de participer avec lui à la Bachwoche de Ansbach. Il faut dire que Gerhard est musicien et que depuis 40 ans, il participe à ce festival. Rendez-vous pris, nous voilà donc ce week-end du 7 au 9 aout à Ansbach.
La semaine de Bach est un festival biennal international qui se tient depuis 60 ans à Ansbach. Petite ville au nord de la Bavière en Franken. Ansbach, la capitale de la région de la Franconie centrale, ancienne résidence des Margraves de Brandebourg-Ansbach, est fière de ses 1250 années d'existence, à la fois mouvementée et changeante.
La ville qui compte aujourd‘hui 40.500 habitants, se situe aux abords de la route historique des châteaux médiévaux et proche du parc naturel dansement arboré des Hauteurs de la Franconie.
Par son patrimoine exceptionnel, Ansbach occupe une place importante parmi les villes de Franconie. Des monuments architecturaux comme par exemple la Chancellerie de la Cour (Hofkanzlei), les églises St. Johannis et St. Gumbertus, la résidence et ses vingt-sept salles extraordinaires et l'Orangerie à l'intérieur des jardins du château témoignent du passé glorieux de l'ancienne ville de résidence.
Aujourd'hui, ce sont également des immeubles récents comme la faculté d'Ansbach, des sièges d'entreprises, les différents établissements publics ainsi qu'un centre commercial attirant qui contribuent au caractère de l'ancienne ville de garnison.
Ansbach offre un cadre idéal pour le festival de Bach. Château baroque, orangerie et jardins, il n'y a pas plus belle coulisse. Mais pourquoi y consacrer une semaine à Bach ? Jean Sébastien n'a jamais mis les pieds dans la ville, ce qui n'empêche pas les amis de sa musique - qui viennent du monde entier - de s'y rencontrer tous les deux ans.
Ce choix est dû à la division de l'Allemagne, les « villes de Bach » se trouvant toutes, à l'époque, en Allemagne de l'Est, on choisit Ansbach. Les fans de Bach s'y retrouvent depuis 60 ans. 20 000 billets sont vendus à chaque représentation.
Un conseil : réserver suffisamment à l'avance pour avoir une chance d'obtenir une place et une chambre à un prix raisonnable.
Et là, nous sommes à des années lumières de la Star Ac !!!
Un pur moment de bonheur où le temps semble suspendu à chaque note de musique. Les concerts s'enchaînent, plus envoutants les uns que les autres, les musiciens se succèdent, plus virtuoses les uns que les autres, les choristes relaient les solistes, ténors, sopranos et autres altos tous plus enchanteurs les uns que les autres. Nous sommes dans un autre monde où le passé rencontre le présent dans une ambiance tour à tour feutré ou fracassante.
2011, rendez-vous est déjà pris pour un moment exceptionnel...

Pour connaître les acteurs de cette merveilleuse semaine voir "Musique"
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Le système éducatif Allemand
- Par LESTEL Christian
- Le 01/08/2009
- Dans BLOG
L'éducation nationale en Allemagne - Kultusministerium
Il est très délicat d'expliquer aux étrangers le système scolaire français. En effet, que l'université soit devenue un deuxième choix pour les étudiants est une absurdité qui dérange la réflexion. D'un autre côté, le système allemand n'est pas de la tarte non plus. Et la comparaison entre les deux modèles est souvent un sujet de questionnement pour les parents et les politiques.
Il est de tradition en Allemagne que les femmes allaitent. Jusqu'à une époque récente, les femmes renonçaient en grande majorité à leur travail quand elles mettaient au monde leur progéniture. La natalité étant tellement basse, et chaque Land étant responsable de l'éducation, un nouveau système a été mis en place qui permet aux mères et aux pères de prendre sept mois de congé chacun pour s'occuper de leur descendance. Puis les petits peuvent aller à la crèche, qu'on appelle Kita. Elle fait aussi office de Kindergarten. Les enfants passent leur temps à jouer, certes, mais se préparent à la vie en collectivité. Pendant cette période , l'accent est mis sur les langues (étrangères mais également régionales) et la préparation vers l'école. A titre d'exemple, à la fin de leur troisième année, ils sont capables de se préparer un petit repas équilibré. Vers 5 ou 6 ans, c'est l'Einschulung: l'entrée à l'école. Dans le modèle traditionnel, c'est le premier moment où les enfants découvrent le système scolaire avec des journées entières, puisque dans l'idéal allemand les enfants restent une partie de la journée (l'après-midi) à la maison avec Mama jusqu'à cet âge. C'est un événement si important qu'on fait des photos du petit avec son Tüte, espèce d'immense cornet rempli de stylos et de cahiers certes, mais aussi de sucreries pour faire passer les larmes de l'enfant qui quitte les jupes de sa Maman.
Les enfants, qui commencent les cours vers 7h30, n'ont classe que jusqu'à 13 heures. Les après-midis sont consacrés à faire du sport et des activités artistiques. Il est vrai que la journée est décalée par rapport à la France. Les cours se terminent vers 15 où 16 heures. A la fin des cours, les enfants rejoignent soit leur domicile (Schlüsselkinder enfants clef) ou plus souvent un des parents dont les horaires de travail sont calculés sur ceux de l'enfant.
La Ganztagschule « à la française » (l'école toute la journée) fait rêver beaucoup de parents. Ce système bien établie dans l'ancienne RDA commence seulement à se mettre en place dans toute l'Allemagne avec tous les problèmes inhérents son installation.
Ensuite à 10 ans les enfants sont orientés une première fois. Les bons continuent au Gymnasium (Lycée), les autres partent dans la Realschule (Lycée d'apprentissage) et la Hauptschule (Collège). Celles-ci sont des filières courtes qui doivent amener les enfants à l'apprentissage et à la vie active. Ils sont les bras de l'industrie, qui commencent à 16 ans dans les usines qui font la fierté du pays. Pour certains, c'est une vraie chance: les salaires sont bons et les solutions d'évolution sont réelles. Néanmoins une orientation aussi jeune pose également des problèmes.
Les meilleures élèves arrivent au Gymnasium. Ils apprennent les langues étrangères, font bien souvent du latin ou du grec. Ils sont destinés à être l'élite du pays. L'Abitur se passe au bout de 12 ans d'école (une année de plus qu'en France, mais une année de mois qu'il y a encore trois ans). Vous pouvez ensuite aller dans la Hochschule, sorte d'université technique au cursus en cinq ans, qui forme par exemple des ingénieurs. Ou bien choisir les études longues, et aller à l'université. La note de l'Abitur est fondamentale, car elle déterminera les études à poursuivre. Le Numerus Clausus est obligatoire que pour certaines études (médecine, physique, etc...). En moyenne, les étudiants mettront six ans à faire une Maîtrise (qui a plus de valeur qu'en France), même si le système LMD (licence-master-doctorat) a tendance à raccourcir les délais. Pour le doctorat, c'est trois ans de plus au moins, mais il faut un doctorat pour atteindre les meilleurs postes. Vous êtes frais émoulus de l'université vers 30-32 ans, soit au mois sept ans plus tard qu'en France ou au Royaume-Uni. Si vous êtes une femme, vous avez déjà passé les meilleures années de votre fécondité. Si vous voulez travailler avant d'avoir un bébé, vous aurez vite 40 ans quand vous serez enfin dans la position matérielle de donner une descendance à votre couple. Si vous avez fait un bébé pendant vos études, vous commencerez à travaillez encore plus tard. Une chose pourtant est bien réelle, si vous êtes ingénieur, vous obtiendrez facilement un poste.
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Les bras levés en guise de salut. Départ à la retraite.
- Par LESTEL Christian
- Le 17/07/2009
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Les bras levés en guise de salut. Départ à la retraite.
Vient le jour où c'est le jour ! Tu verras : c'est un jour comme les autres, ni plus beau ni plus gris. Et cependant si différent, radicalement, sans être son contraire pour celui qui le vit du moins, quant aux autres ils verront... Il est, comment dirait-on, aboutissement plutôt que continuité, un point d'arrivée qu'on voudrait de départ. Bien sûr, on y a souvent pensé et souvent autant évité d'y penser, mais sans cesse il refluait mécaniquement, malgré soi malgré lui. Chaque jour davantage. Cela n'a rien changé. Car cela n'évite rien de le refuser ou de le souhaiter.
Un matin comme les autres, et pourtant si dissemblable il est donc là. Il n'y a pas à s'agiter. Il s'impose mine de rien, sans trop forcer, feignant d'ignorer qui il est vraiment. Il est pourtant celui-là. Qu'on le redoute ou qu'on l'espère, qu'on y croit ou non, tel au ciel après tout et auquel après tout il prépare, il est venu. Il vient. Pas la peine de l'attendre, même sans le guetter il arrive ; « à point nommé » disent certains, « sans crier gare » répondent les autres. Qu'importe ! Pour tout le monde il se pointe avec des manières de « allez pousse-toi de là, c'est mon tour ! » Jouant des coudes, porteur d'un masque, il te demande en souriant : « es-tu prêt ? on part. » Lui seul sait où. Il te saisit à bras le corps. Et la peur t'envahit. Mais tu parviens à dégagez un bras, puis les deux. Dans un instant, tu t'en serviras. Tu verras...
Ce matin-là, la pluie peut bien briller par son absence, le soleil peut bien tomber de chaleur, il resplendit et tirant un trait sur ton existence devient subitement ton horizon. Il te bouche la ligne et t'en bouche un coin, là où ça fait le plus mal dans un coin de la tête, de la pauvre tête qui ne comprend plus rien et qui comprend de moins en moins ce qui survient. La veille encore pourtant tout était normal. La vie se déroulait comme avant, comme avant quand c'était déjà pareil qu'avant.
Hier soir, à la maison, comme toujours on a rangé les habits, sur le bord de la chaise, bien droits, bien repassés, pour se préparer machinalement quand sonnera le réveil. Puis quand sonne le réveil machinalement, on saute du lit comme jamais, on se vêt prestement. La routine est rodée depuis le temps. Le café brûle, il faudra changer de marque. Où ai-je donc mis mes souliers ? Tiens, le chat est sorti. Je sors ! On va être en retard... Mais aujourd'hui, il y a comme un grain de sable dans le sablier. Les minutes s'égrènent comme des heures, les secondes reviennent sur leur pas. La terre ne tourne plus rond et tremble sous les pieds. On se souvient que ce matin est le dernier où l'on se rend au travail, et ce dernier où l'on s'y rend prend des allures de dernier où l'on se rend.
Tu verras, que les bras t'en tombent ! On se surprend même à s'y rendre les bras en l'air comme pour mieux faire un geste de la main à ses amis, à ses camarades, à ses collègues, et aussi à ses « ceux dont on se fout d'ordinaire ». Tu sais, ce geste de la main qu'on fait par-dessus l'épaule à l'adresse de celui qu'on laisse derrière soi en espérant secrètement qu'il te suive des yeux tandis qu'on disparaît. Malhabile on prend la pose, on la garde un peu. On voudrait tellement que ces bras levés fassent le V de la victoire, mais on n'est pas sûr d'avoir à ce point gagné. Alors, on laisse ses bras levés et on se convainc qu'à défaut, avant de s'en aller, les bras levés peuvent servir d'au revoir et de merci.
Oui, c'est le mieux : donner le change puisqu'il n'y a rien d'autre à dire. Tu vois ! Il n'y a déjà plus rien d'autre à faire que de tourner le dos comme on tourne la page, comme on referme un livre, comme de refermer une porte, sans bruit et de marcher déjà au loin vers l'angle de la rue d'en bas. Tu verras, vient ce jour unique semblable aux autres jours et si autre.
Tu verras, viendras ce jour où tu ne me verras plus !
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La Dame aux Camélias
- Par LESTEL Christian
- Le 16/07/2009
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La Dame aux camélias
Je viens d'assister à « La Traviata » ("dévoyée" en français). Magnifique opéra en trois actes de Guiseppe Verdi d'après le roman et le drame d'Alexandre Dumas fils, La Dame aux camélias. Mais savez-vous exactement qui se cache sous ce nom de "Dame aux camélias".
Une très belle jeune femme au destin exceptionnel et morte à 23 ans.
Marie Duplessis, née Alphonsine Plessis le 15 janvier 1824 à Nonant-le-Pin et morte le 3 février 1847 à Paris.
Nombre de faits connus au sujet d'Alphonsine Plessis ont été mélangés aux légendes contemporaines et au personnage littéraire auquel elle a donné naissance.
L'enfance et la première jeunesse d'Alphonsine Plessis ont été marquées par une extrême pauvreté et beaucoup de malheurs. Elle perd une mère aimante et aimée très jeune puis elle continue de subir les excès d'un père brutal et alcoolique. Elle doit travailler très jeune comme servante d'hôtel à Exmes, puis dans une fabrique de parapluie à Gacé.
Montée à Paris à l'âge de quinze ans, elle travaille d'abord comme blanchisseuse et chapelière jusqu'à ce qu'elle devienne la maîtresse d'un riche commerçant qui la met dans ses meubles. Cette jeune femme extrêmement attirante au sourire enchanteur, dont la beauté inhabituelle, l'élégance et le style feront la célébrité, devient rapidement, à peine âgée de seize ans, la courtisane la plus convoitée et la plus onéreuse de Paris.
Dans le portrait donné d'elle par Alexandre Dumas fils, elle était « grande, très mince, noire de cheveux, rose et blanche de visage, elle avait la tête petite, de longs yeux d'émail comme une Japonaise, mais vifs et fins, les lèvres du rouge des cerises, les plus belles dents du monde ».
Elle apprend alors à lire et à écrire, apprend le piano, et finira par être considérée comme extrêmement vive et extraordinairement cultivée, capable de converser sur tous les sujets, les hommes riches en vue étant disposés à lui accorder une aide financière régulière en échange de sa compagnie dans leur vie sociale et privée. Édouard Vienot a fait son portrait.
Elle s'est alors mise à tenir un salon fréquenté par les écrivains et les politiciens en vue. Elle se montrait au bois de Boulogne et à l'Opéra. Elle modifie également son nom, ajoutant un « du » qui sonne plus noble à son patronyme et abandonnant le prénom d'« Alphonsine » pour celui de « Marie ».
Durant sa courte vie, Marie Duplessis fut célèbre pour sa réputation de discrétion, d'intelligence et d'amoureuse pleine d'esprit. Nul de ceux l'approchant pour la première fois n'aurait pu penser être face à une courtisane. Elle est, pour ces raisons, restée populaire et dans les bonnes grâces de plusieurs de ses bienfaiteurs même après la fin de leur liaison.
Elle fut la maitresse d'Alexandre Dumas fils de septembre 1844 à août 1845. Ensuite elle est devenue la maîtresse de Franz Liszt, qui a affirmé plus tard lui avoir offert de vivre avec elle.
Devenue la maîtresse du comte Édouard de Perrégaux, elle l'épouse en janvier 1846 à Londres, mais devant l'échec de leur mariage retourne en France où elle s'abîme dans une vie de plus en plus agitée et dissipée en dépit de la phtisie qui la consume.
Moins d'un an plus tard, elle s'éteint dans son logement du 11, boulevard de la Madeleine, complètement ruinée et abandonnée de tous, sauf de deux de ses anciens amants, le comte suédois Gustav von Stackelberg et le comte de Perrégaux, restés à ses côtés.
Pauvre fille ! on m'a dit qu'à votre heure dernière,
Un seul homme était là pour vous fermer les yeux,
Et que, sur le chemin qui mène au cimetière,
Vos amis d'autrefois étaient réduits à deux !
(Alexandre Dumas fils.)
Théophile Gautier et Jules Janin, qui étaient au nombre de ses amis proches, ont fait son éloge, mais le plus beau et le plus touchant est sans doute celui de Franz Liszt qui a dit une fois : « Lorsque je pense à la pauvre Marie Duplessis, la corde mystérieuse d'une élégie antique résonne dans mon cœur. »
Moins d'un an plus tard, Alexandre Dumas fils lui rendait hommage avec sa Dame aux camélias, dont il disait : « N'ayant pas encore l'âge où l'on invente, je me contente de raconter », qui relate sa relation, sous le nom d'« Armand Duval » avec Marie Duplessis dépeinte sous les traits de « Marguerite Gautier ». De ce roman, il fait ensuite une pièce qui sera jouée en 1852.
L'année suivante, Verdi crée d'après la pièce de Dumas fils, le non moins célèbre opéra la Traviata, où il représente Marie sous le nom de « Violetta Valery ».
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Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture !!!
- Par LESTEL Christian
- Le 08/07/2009
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26 juin 2009
Frédéric Mitterrand, ministre de la culture !!!
Alors là, c'est la meilleure de l'année. Je n'ai absolument rien contre Frédéric, loin de là. Pour preuve j'ai toute la collection « Archéo » dans laquelle je n'entends que lui. A vrai dire, je pense que mon inimitié vient d'une accumulation d'événements dont l'apogée a été « la nuit des Molières ». J'adore le théâtre, ce n'est tout de même pas un crime et j'apprécie tout particulièrement le remarquable travail des comédiens. Rien à voir avec les acteurs, pendant une représentation, il est tout simplement inimaginable d'entendre « coupez, on la refait » !!!
Mais ne nous éloignons pas du sujet. Cette 23ème « Nuit des Molières » a été un four et ce à cause de la lamentable prestation de Frédéric Mitterrand et de son acolyte d'un soir Laurent Baffie (lui par contre !!! Bref, restons dans le sujet)
Je peux donc parler de cette soirée que j'affectionne tant, normalement : je l'ai vue, « la nuit des Molières ». J'ai même fais partie des 1,4 million de téléspectateurs qui l'ont regardée de A à Z, de la première à la dernière seconde. Et c'est dès la première seconde d'ailleurs que j'ai compris que c'était foutu. A cause, précisément, de Laurent Baffie, recruté par la chaîne pour nous faire rigoler...
Je vous raconte le gag désopilant de Laurent Baffie. Debout face au public (des gens de théâtre tout de même), voici ce qu'il dit : pour applaudir, il faudra vous lever et vous tourner vers la caméra 3 qui est derrière vous, c'est elle qui enregistre les applaudissements. Allez, on fait un essai, tous debout ! Et ils se lèvent. Et ils se retournent. Et ils applaudissent. Comme à l'école maternelle, en pouffant.
La honte.
Content de son gag, le comique enchaine : toute personne récompensée par un Molière qui sera trop longue dans ses remerciements sera électrocutée par mon pistolet. Vous allez voir, je vais vous montrer. Un comparse du « comique » monte sur la scène. Fait son discours de remerciements. Baffie sort son pistolet. Boum, le type s'écroule par terre. Le public (des gens de théâtre) se marre. On vient, symboliquement, de l'électrocuter. Et il se marre.
La honte « bis ».
Arrive alors Frédéric Mitterrand, dans le rôle de maître de cérémonie. Il sourit, salue. Et commence à parler. En italien. Au cas où on aurait oublié que lui, le prestigieux Frédéric Mitterrand, a été nommé au poste prestigieux de directeur de la prestigieuse Villa Médicis, à Rome. Ah, excusez-moi, feint-il de s'excuser, où avais-je la tête ! Où, je ne sais pas. Mais enflée, c'est sûr. Comme les chevilles. Là-dessus, il annonce la remise du Molière du comédien. A qui, on le saura tout à l'heure. Et par qui, Frédéric Mitterrand est censé nous le dire. Sauf qu'au lieu de nous le dire, ce qui serait beaucoup trop simple, Frédéric Mitterrand, qui tient à nous rappeler qu'il a passé sa vie à nous raconter celle des autres, raconte par le menu, au fil d'interminables circonlocutions et parenthèses, les débuts et la carrière de chacun des deux comédiens qui remettront le Molière, en nous laissant deviner de qui il s'agit, nous donnant illico l'envie de zapper sur une autre chaîne, n'importe laquelle.
Voici un peu près ce que ça donne, c'est juste un exemple et pour faire encore plus conforme à la réalité, je vous demande de respecter la ponctuation :
Après une adolescence sans histoire à Gif-sur-Yvette, elle a d'abord été élève au Cours Florent avant de réussir le conservatoire national d'art dramatique, où elle a suivi les cours d'Adolphe Bigorneau et de Berthe Saint Jacques, puis elle a joué sous la direction de Victor Cléamolette et rejoint la troupe d'Alphonsine Trousseaoutil, où elle a fait un triomphe dans le rôle de Bernadette dans « Les marmottes n'ont pas l'électricité », ce qui lui a valu d'être nominée une première fois aux Molières dans la catégorie « Révélation de l'année », avant de révéler ses talents de tragédienne dans le dernier film de Norbert Bitonniau, « le blues des blaireaux dyslexiques », je vous demande d'applaudir, mesdames et messieurs, Margueritte Duchmol ! (Et encore, je vous l'ai faite courte). Et hop, il recommence avec Albert Schmoldu, qui remettra le Molière avec Margueritte Duchmol.
Ecoutez, je ne sais pas combien de Molières ont été attribués ce soir là (une grosse vingtaine, me semble-t-il), mais, chaque fois, Frédéric Mitterrand, de sa voix compassée, de son ton sentencieux, nous a refait le même topo, retraçant la carrière de chaque comédien façon quiz ou devinette, genre le premier qui trouve a gagné un presse-purée. Dans combien de salons, combien de chambres à coucher a-t-on entendu ces cris déchirants : arrête, Freddy ! Stop ! Accouche ! Dis-nous qui c'est ! On n'en peut plus !
Mais mon calvaire ne s'est pas arrêté là. N'oublions pas l'autre comparse... On le voudrais, de toute façon, qu'on ne le pourrait pas : il s'arrange pour se rappeler constamment à notre mauvais souvenir, Baffie. Comme quoi c'est un comique. La preuve que c'est un comique, c'est qu'il demande soudain à toute la salle de se lever, de se mettre bras dessus bras dessous et de chanter : Ah, le petit vin blanc. Et ils se lèvent (ministre en tête). Et se mettent bras dessus bras dessous. Et ils chantent, ah, le petit vin blanc.
La honte (ter).
Pourquoi, au nom du Ciel, aucun de ces passionnés de théâtre ne s'est-il levé pour remettre Baffie à sa place, appeler à la révolte, refuser cette humiliation, cet asservissement du théâtre aux pseudos comiques de la télé ? hein, pourquoi ? Et je vous fais grâce de tous ces intermèdes chantés, guignolades et roucoulades, à cent lieues de l'esprit du théâtre ! Heureusement, il y a eu quelques miracles et de vrais comédiens furent récompensés. C'est dans l'attente de ces miracles que je suis resté jusqu'au bout, buvant le calice jusqu'à la lie, faisant preuve d'un masochisme qui m'a rendu malade de honte, alors que ma moitié dormait déjà du sommeil du juste...
Tout cela pour vous dire tout de même que j'ai un léger doute sur le devenir du ministère de la culture. D'ailleurs, il n'y a pas que sur le ministère de la culture que j'ai un doute mais sur tout le gouvernement. Une question m'obsède tout de même : a quoi peut bien servir à présent, la prestigieuse Ecole Normale d'Administration ? Alors qu'il suffit d'être avocat pour devenir Président de la République, journaliste pour occuper le poste de ministre de la culture ou encore avoir eu des parents sympathisants du FLN et devenir présidente de mouvement pour être nommé secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville. Et bien d'autres encore... mais ce n'est pas le thème de ce papier aujourd'hui, peut-être y reviendrais-je d'ici peu, tant la politique de mon pays vu d'ici me déconcerte et c'est le moins que je puisse dire !!!
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Le gouvernement vient d'être remanié !
- Par LESTEL Christian
- Le 08/07/2009
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24 juin 2009
Le gouvernement vient d'être remanié.
Huit nouveaux ministres viennent de faire leur entrée au gouvernement. Huit autres en sont sortis. L'occasion pour moi de rappeler combien gagnent les ministres français.
Les traitements ou salaires des ministres en France sont publics. Mais le fait qu'ils soient publics ne signifie pas qu'ils sont compréhensibles. La preuve?
Un décret du 6 août 2002, établit la règle: le montant du traitement brut mensuel d'un ministre ou d'un ministre délégué est "égal au double de la moyenne du traitement le plus élevé et du traitement le plus bas perçu par les fonctionnaires occupant des emplois de l'Etat classés dans la catégorie "hors échelle"". Et pour les secrétaires d'Etat, "il est égal à 1,9 fois cette même moyenne". Le Premier ministre perçoit quant à lui un traitement égal à celui des ministres majoré de 60 %.
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Ca, c'est la formulation officielle. Qui veut avoir le montant exact doit faire le calcul. Et là, première question: où trouve-t-on la fameuse "moyenne du traitement le plus élevé et du traitement le plus bas perçu par les fonctionnaires occupant des emplois de l'Etat classés dans la catégorie "hors échelle"? Le plus logique est d'appeler le ministère du Budget ou de la Fonction publique. Ca tombe bien, c'est le même. Sauf qu'il répond qu'il faut regarder dans la Rapport annuel sur l'état de la fonction publique - Faits et chiffres 2007-2008 - Volume 1 sur le site de La Documentation Française. Et là, bon courage!
Mais en fait, ça n'y est pas. On rappelle donc le ministère du Budget qui confirme les grandes fourchettes sans pour autant donner de montants exacts. Alors voilà: un ministre d'Etat, un ministre ou un ministre délégué gagne un peu plus de 13.000 euros par mois. Un secrétaire d'Etat gagne environ 1.000 euros de moins, soit un peu plus de 12.000 euros par mois. Et le premier ministre gagne 60% de plus qu'un ministre, soit plus de 21.000 euros.
Le rapport du député PS René Dosière est plus précis mais il date de 2005. Peu importe, il indiquait qu'un ministre gagne 13.905 euros contre 12.795 pour un secrétaire d'Etat et 22.249 pour le Premier ministre.
Vient ensuite le remboursement des frais professionnels. En plus du traitement mensuel, le Premier ministre définit "par décisions individuelles" une "allocation mensuelle pour frais d'emploi" à chaque ministre, "au moins égale à l'indemnité représentative de frais de mandat des parlementaires dont le montant est revalorisé comme les traitements de la fonction publique". Depuis le 1er octobre 2008, le montant mensuel net de cette indemnité est de 5.837 euros.
"Comme celle allouée aux parlementaires, cette allocation n'est pas soumise à l'impôt sur le revenu et aux cotisations sociales obligatoires", précise l'article 14 de la loi de finances rectificative pour 2002.
Pourquoi 2002 ????
Tout simplement parce que le système de rémunération des ministres a été révisé cette année là. Avec la disparition des caisses noires des ministères voulue par Lionel Jospin mais instaurée par Jean-Pierre Raffarin, les ministres ont vu leur traitement augmenter de 70%. C'était la contrepartie d'une plus grande transparence.
Mais revenons-en au présent. En plus de ces traitements et frais professionnels, les ministres bénéficient d'avantages en nature, au même titre que les parlementaires. Pour les déplacements, ils disposent de voitures avec chauffeur. Ils ont aussi un accès gratuit au réseau SNCF (en 1er classe) et des quotas de déplacements aériens. Ces avantages en nature ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu ni aux cotisations sociales obligatoires.
Enfin, lorsque les ministres quittent le gouvernement, ils perçoivent leur traitement pendant six mois, oui, vous avez bien lu, six mois. A moins que l'intéressé n'ait pris auparavant une activité rémunérée, précise l'article 5 de l'ordonnance du 17 novembre 1958 portant loi organique pour l'application de l'article 23 de la Constitution.
Nous avons donc dans le nouveau gouvernement 18 ministres à 13.000 euros, 19 secrétaires d'Etat à 12.000 euros, et un Premier ministre à 21.000 euros, soit un total de 462.000 euros par mois de traitements hors avantages. Et pendant les six prochains mois, les 4 ministres et les 4 secrétaires d'Etat percevront leur traitement s'ils ne trouvent pas d'autre emploi, ce qui revient à 100.000 euros de plus par mois. Finalement, un remaniement, ça coûte cher, très cher!
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La RCA, vue de chez moi...
- Par LESTEL Christian
- Le 08/07/2009
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22 juin 2009
La RCA, vue de chez moi...
En Europe, on rit souvent des Américains dont on estime qu'ils sont incapables de situer les capitales des pays d'Europe, voire même de situer ces pays, tout court, sur une carte du monde. On a le rire facile, en Europe...
Eh bien, imaginez vous que dans certains pays de cette même Europe, on ne connaît pas la Centrafrique ! Ne riez pas, vous, de Bangui ou d'ailleurs, qui avez (trop) souvent les yeux braqués sur la France...
En Allemagne, si vous parlez de la Centrafrique, la plupart des gens ne savent non seulement pas la retrouver sur une carte du monde, mais sont encore moins au courant qu'il s'agit d'un État ! Ici, quand on entend prononcer le mot « Centrafrique », on a tendance à l'associer à une zone géographique. Si vous insistez en précisant « la République Centrafricaine », les gens rougissent et comprennent subitement qu'ils ont dû dormir trop souvent pendant les cours de géographie. On pourrait évidemment les excuser, en supposant qu'ils font partie de ceux qui n'ont pas eu la possibilité de s'instruire. Pourtant, en Allemagne, l'école est bel et bien obligatoire et on n'y manque ni d'instituteurs, ni de professeurs, ni de livres scolaires... A leur décharge, la Centre Afrique ne faisait pas partie de leurs colonies.
Depuis mon séjour en République Centrafricaine, je la revois souvent, la Centrafrique. Quand on est catapulté dans ce pays, venant d'un pays comme la France, où le peuple n'a guère plus grand souci, par exemple, que d'assortir la couleur de ses vêtements à celle de sa voiture, on est confronté à un monde tellement différent que l'on a, tout d'abord, du mal à s'y habituer. Mais une fois qu'on l'a quittée, cette Centrafrique, on désespère souvent en y repensant, en repensant à cette population qui doit faire face à des problèmes de simple existence, largement plus graves que tout ce qui peut préoccuper le reste du monde, si gâté.
Je me surprends sans cesse, depuis que je l'ai quittée, à voir les choses sous un autre angle... Dans un magasin, devant un étalage d'eau minérale, - l'eau, la boisson vitale - , j'ai du mal à oublier qu'en RCA, l'eau dite potable renfermait de méchants parasites et que les bouteilles d'eau minérale censées être de marque étaient trafiquées, contenant de l'eau imbuvable. J'ai du mal à oublier qu'il était déconseillé, par mesure d'hygiène, de se baigner dans les rivières, alors que je voyais les femmes y laver leur linge et les enfants s'y baigner. Et tandis qu'ici, les jeunes se « battent » avec leurs parents, essayant de les convaincre de leur acheter le dernier sweatshirt ou le pantalon de la marque la plus cool, made in U.S.A., et qui ne coûte que 80 € (52.476 FCFA, soit le salaire mensuel moyen d'un employé de bureau), j'ai du mal à oublier les godobés pressés devant l'entrée des rares magasins, attendant qu'on leur donne un tout petit peu d'argent.
J'ai du mal à oublier le nombre incroyable d'handicapés croisés au fil des rues dans Bouar ou Paoua, tous ces gens qui n'ont pas eu droit au vaccin antipolio ou dont on a raté la piqûre de Quinimax.
J'ai du mal a oublier les conditions dans lesquelles les religieuses italiennes devaient travailler et la vie des patients dans les hôpitaux.
J'ai du mal encore aujourd'hui à me remémorer la condition de vie des personnes incarcérés pour des faits mineurs et laissés à la charge des familles quand ils avaient la chance d'en avoir une.
J'ai bien du mal à oublier les conditions de vie des familles, où les bambins marchaient à quatre pattes entre la marmite et les crottes de poules, dans la cour d'une demeure de 15 m² abritant une famille de 6 personnes ou plus !
J'ai du mal à oublier que toutes les propriétés habitées (ou non), les concessions, devaient être gardées pour ne pas qu'on les pille ou détruise, j'ai du mal à oublier toutes les histoires relatant les vols des employés.
J'ai beaucoup de mal à oublier le jour où j'ai fixé un cachet de sel sur le front d'un pauvre malheureux sachant que je ne pouvais plus rien pour lui et regarder ce dernier partir en me remerciant du fond du cœur.
Pourtant, je me souviens aussi très bien de cet étrange paradis. Je revois la terre rouge, cette terre d'Afrique, qui, par la chaleur même qu'apporte sa couleur, vous fait oublier la poussière qu'elle engendre. Je revois, du haut de la colline, le majestueux Oubangui ouvrant des portes vers des horizons lointains. Je revois les vastes forêts, la multitude de plantes, toute une palette de verts à faire rêver un peintre ; j'ai encore au palais tous ces fruits au goût inoubliable, tellement plus vrai qu'ici. Je revois les femmes, dont la beauté simple et pure ne peut être estompée par le manque d'accessoires, ni par la charge de leurs fardeaux. J'entends encore le rythme des tamtams et des chants berçant la ville. Je revois les chefs-d'œuvre exposés au marché artisanal, objets simples mais astucieux, travaillés avec des outils souvent plus que rudimentaires. Je revois les artisans de la taillerie de diamants, appliqués à leur travail minutieux. J'entends encore le responsable du musée des papillons, si content de pouvoir partager son expérience et sa passion avec quelqu'un qui s'intéresse à son travail. Je me revois dans la cathédrale de Bangui, qui livra à mes yeux, à mon cœur, un magnifique spectacle de mille couleurs et offrandes accompagné de voix enthousiastes, pleines d'espoir et de ferveur.
Alors, j'ai toujours autant de mal à comprendre que, malgré tous ses atouts, malgré ses ressources humaines, malgré la présence de ressources naturelles loin d'exister dans la même mesure dans d'autres pays africains, la Centrafrique ne soit pas capable de reconnaître ses multiples richesses cachées, qui n'attendent rien d'autre que d'être découvertes, exploitées, ou tout simplement appréciées, et de se présenter enfin aux yeux du monde. On ne va pas en Centrafrique. Elle ne figure pas sur la liste des pays touristiques. Non pas qu'elle n'ait pas d'attraits, elle dont la beauté égale et dépasse même celle de nombreux autres pays africains. Simplement, on ne la connaît pas, on en entend seulement parler quand il s'y passe un événement provoquant suffisamment de morts pour intéresser les médias occidentaux. C'est à se demander si « l'entreprise RCA » n'échoue pas tout simplement, comme la plupart, uniquement à cause d'un mauvais management où encore plus simplement si la France dans sa grandeur ne fait pas tout pour continuer à lui soutirer ses richesses. Et dans ce cas, continuer à la marginaliser...
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J'ai aussi un chat et j'existe !
- Par LESTEL Christian
- Le 08/07/2009
- Dans BLOG
21 juin 2009
J'ai aussi un chat et j'existe !
J'ai sous les yeux une pub, disons pour le moins étrange. On voit une forêt. Dans la forêt, une route forestière. Sur la route forestière, une belle voiture. Assise sur le capot de la belle voiture, une jeune fille. Couché à côté de la jeune fille, un chien. Et voici le texte : « En forêt de Fontainebleau. Le coupé, la jeune fille et son chien ; tous les deux rentrent de quarante minutes de footing. » Les deux, je suppose, sont la jeune fille et son chien. Je vois mal la voiture faire du footing. Suit un dialogue entre « la joggeuse » et le « coupé ». Je vous fais grâce de ce dialogue. Il n'est pas utile à ma démonstration. Moi, ce que je vois, c'est qu'il y a trois personnages sur la photo. Et que seulement deux ont la parole. Et le chien, il compte pour du beurre ? Le chien n'a rien à dire ? Il vient de se taper quarante minutes de footing avec sa maîtresse et il n'a pas voix au chapitre ? Pourquoi le mettre sur la photo, alors ? Juste pour faire genre ? Une bagnole débile qui a attendu peinardement pendant quarante minutes a forcément des choses à dire et le chien, lui, est prié de la fermer, il n'existe même pas : voilà ce que dit cette pub.
Vous allez à présent surement me demander ce qui me prend. Quelle mouche m'a piqué ? Pourquoi je m'énerve à propos d'un chien qui ne m'a rien demandé, que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam ?
Il me prend que je viens de lire un article : « Bêtes et hommes : la fin de l'exception humaine ? » Thème : « La frontière entre l'homme et l'animal est de plus en plus énigmatique et ténue. »
On y lit ce genre de phrases : « L'animal est doté d'une certaine conscience de soi qui, dans la philosophie, depuis Descartes, passe pour le propre de l'homme... » Le « Je pense donc je suis » ne serait donc pas l'apanage de l'homme. Conclusion : le chien de la joggeuse, dans la pub, pense. Si ça se trouve. Et la pub ne nous dit pas ce qu'il pense. Alors qu'une bagnole, je vous le demande, est-ce que ça pense ?
Or, mesdames et messieurs, au moment même où je regardais cette pub, après m'être souvenu de cet article lu récemment et alors que je consultais un site animalier sur mon ordinateur (car l'homme que je suis peut faire ces trois opérations presque en même temps, c'est ce qui le distingue - tout de même - de l'animal ), je suis tombé sur une question d'un internaute : « Une question me travaille depuis longtemps au sujet des chats : pensez-vous qu'ils existent (au sens où Heidegger l'entend, capables de se concevoir comme étant...) ? Si vous avez une intime conviction, je serais heureux de la connaître. »
?????
Comme si Heidegger et moi on avait fait du footing en forêt de Fontainebleau. Mais la question m'intéressait pour au moins deux raisons.
Premièrement : j'ai un chat et je puis vous certifier que j'ai l'intime conviction qu'il existe, au sens griffurien du terme. Deuxièmement : quant à savoir s'il est capable de se concevoir comme étant, je confesse n'avoir jamais eu de conversation approfondie sur ce thème avec lui. Mais l'article suscité me donne l'occasion de le vérifier, grâce au « fameux test de la patte sur le front et du miroir ». De quoi s'agit-il ? Ecoute bien, Heidegger : « Si un animal, confronté à son image, se touche la tête et non le miroir, c'est qu'il a compris qu'il existait en tant qu'individu, qu'il avait donc une conscience. Or ce test, que passent avec succès les primates, est validé aussi par d'autres espèces, comme les éléphants »...
Et les chats alors ?
Eh bien, figurez-vous qu'il arrivait à mon chat de se regarder dans la glace, surtout avant. Il faut vous précisez que mon chat est une chatte, Midzi, âgée de vingt ans.
Donc, elle passait devant la glace et soudain s'arrêtait, surprise de voir un chat noir et blanc comme elle. Elle s'asseyait, regardait à droite, à gauche, en haut, en bas. Visiblement, elle se demandait ce que pouvait bien faire ce chat en face d'elle. Un chat qui, en plus, faisait tout exactement comme elle. Elle se levait, faisait le tour du placard, essayait de voir ce qu'il y avait derrière. Puis elle revenait devant la glace. Le chat était bien entendu toujours là. Alors, elle devenait folle furieuse, miaulait, crachait, donnait un coup de patte. Puis déguerpissait à toute berzingue. A aucun moment, elle n'a eu la présence d'esprit de se toucher la tête (ce qui pourtant n'est pas compliqué).
Qu'en conclure, sinon que mon chat (ma chatte) est nul au fameux test du miroir ? En revanche, au test de la télé, petite, elle était très performante. Parfois, elle venait voir le 20 heures avec moi. La plupart du temps, elle se foutait complètement de ce qui se passait. Et puis, soudain, un truc l'attirait. Elle se levait, se postait devant le poste, les oreilles dressées. Et elle regardait, intensément. Elle inclinait légèrement la tête à droite, puis à gauche. Intriguée, passionnée, captivée. Par quoi ? Mystère et boule de gomme. Jamais par les même images, en tout cas. Par autre chose, sûrement. Qu'elle était la seule à voir.
Eh, patate, tu pourrais pas m'expliquer ce que tu voyais, ce que tu comprenais ? J'existe pas, peut-être ?
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La grippe... elle a bon dos !
- Par LESTEL Christian
- Le 08/07/2009
- Dans BLOG
20 juin 2009
La grippe... elle a bon dos !
Si l'on compare les différentes grippes qui ont fait la une des journaux à la malaria qui sévit à l'état endémique, la différence est d'importance !
L'anophèle (vous savez, le moustique de l'ordre des diptères dont la femelle transmet le paludisme) responsable du paludisme justement, fait près de 2 millions de morts par an dont la plupart sont des enfants de moins de 5 ans. Mais cela se passe en Afrique, alors on se sent moins concerné. Saviez-vous que le 25 avril dernier, c'était la journée mondiale contre le paludisme ? Le cochon mexicain l'a reléguée bien loin de nos préoccupations. Tout cela pour vous dire que si le monde est grippé, cela vient d'un autre animal de sinistre réputation : l'appât du gain...
Qu'importe si, pour satisfaire cette course à l'eldorado, on abandonne sur le bord du chemin les plus humbles, les plus pauvres, les plus fragiles. Dans le monde des affaires, seuls les plus forts résistent et gagnent. Vae victis. Malheur aux vaincus, aux... pauvres, quoi ! Oui, le monde est grippé. Mais contre cette grippe-là, on ne cherche pas de vaccin. On se contente de limiter les dégâts, de circonscrire le sinistre.
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Il n'y a plus de pub sur la télé...
- Par LESTEL Christian
- Le 08/07/2009
- Dans BLOG
19 juin 2009
Il n'y a plus de pub sur la télé...
Il paraît qu'il n'y a plus de publicité, à partir de 20h30 sur les chaines françaises. Chouette alors, car ici sur les chaines allemandes, la pub ne manque pas.
En un sens, c'est vrai, il n'y a plus le logo et le « jingle » qui nous avertissaient qu'on allait voir de la pub. Moyennant quoi il y a pire que la pub... Des pubs déguisées qui se font passer pour autre chose que la pub... Elles font regretter les vraies de vraies pubs, tellement elles sont nulles et faux cul. Car, si la pub, la vraie, est supprimée, le sponsoring, lui, est non seulement autorisé, mais encouragé.
Bon, je passe sur la météo, sponsorisée par la petite camionnette jaune et bleu, vous savez, D.... . Au moins, la météo, on sait ce que c'est. C'est la météo. Soit le temps qu'il va faire dans les cinq jours avec plus où moins de réussite. Il n'y a ni entourloupe, ni tour de passe-passe. D...., on s'en moque. Ce qu'on attend, c'est le temps. Et on l'a. (J'adore la météo : c'est le programme le plus utile, le plus service public de toute la télévision).
Ce qui m'énerve le plus, ce sont ces prétendus mini programmes d'information (voire de sensibilisation) sur ceci ou cela qui ne servent qu'à fourguer le nom du sponsor. Ils sont d'une bêtise stratosphérique. Par exemple, des pseudo-interviews de sportifs qui expliquent, en quinze secondes, ce que ça veut dire, pour eux, gagner.
Déjà, vous en conviendrez aisément, un sportif interviewé à la télé, la plupart du temps, c'est consternant de langue de bois. A ce demander pourquoi on s'obstine à leur poser des questions, vu qu'on sait à l'avance ce qu'ils vont répondre, rien ! Mais là, dans cette prétendue minisérie, c'est du rien à prétention philosophique. Ils sont censés nous révéler, en exclusivité, le comment du pourquoi du sens caché de la performance, comme quoi ce qui est formidable, quand on gagne, c'est qu'on gagne. Le plus effrayant, c'est d'imaginer le tournage de ces saynètes. Si ça se trouve, ça prend des heures, voire des jours, pour mettre en boite ces sommets du gnangnan, avec le journaliste, hors champ, qui essaye de faire accoucher le sportif d'une lapalissade en béton armé. Rien que d'y penser, ça me donne envie de me cacher sous ma couette et de dormir jusqu'à la fin du monde, tellement c'est déprimant.
Sinon, il y a aussi la série qui s'appelle « les héros de la biodiversité » ou quelque chose dans ce goût-là. On voit un type au bord de la mer ou au fond de l'eau, qui ramasse des algues ou qui compte les thons. Et on entend la voix, mourante, crépusculaire, d'Allain Bougrain Dubourg faire un sermon comme quoi c'est un héro. Comme quoi, chapeau bas, messieurs ! A dégouter de faire quoi que ce soit pour préserver la biodiversité de quoi que ce soit. Le pire, c'est le générique qui défile juste après ce concentré de néant. Quand on voit le nombre de gens qui s'y sont mis, toute cette énergie qu'il a fallu mobiliser pour aboutir à un truc si tarte, ça donne le vertige. Sans blague : le générique dure plus longtemps que le programme lui-même. Surtout qu'avant on a déjà eu droit au spot de pub du sponsor (ou des sponsors), comme quoi cette belle leçon de civisme nous est généreusement offerte par Duchmol et Chmoldu. On nous prend pour qui, franchement ? On croit vraiment qu'on va gober cette daube ? Qu'on va prendre ça pour une véritable émission de télévision ?
Je ne discuterai pas de cette minisérie qui vous montre quoi faire de votre grenier ou mieux encore de votre maison, mais j'irai directement au pompon dans le genre. Je me demande si ce n'est pas cette série qui s'appelle « partir » et qui doit être déjà à sa deuxième ou troisième, rediffusion. Je vous explique le concept : après la pub du sponsor, un people (généralement un has been ou un second couteau, les autres doivent être trop chers) donc le people nous raconte un souvenir de voyage à forte teneur en humanisme, qui exprime la quintessence de ce que signifie pour lui le mot « partir ». Le people en question, nous dit, d'un air pénétré, des choses définitives du genre : un jour, je suis allé au Sénégal, j'ai vu sur une plage une petite fille très pauvre qui m'a fait un grand sourire, alors pour moi partir, c'est un sourire. Ou bien : j'ai donné plein de jouets à des miséreux en Thaïlande, pour moi, partir, c'est donner.
A chaque fois, je m'en veux de regarder ça, tellement ça dégouline de bonne conscience, tellement c'est poisseux, visqueux. La pub s'avançant masquée sous les oripeaux de la charité, c'est dégradant. Et c'est pour ça qu'on a supprimé la pub, la vraie de vraie pub ? Pour nous refourguer en contrepartie cette pub honteuse qui nous fait la morale ?
Ah, pauvres de nous ! Il faut voir comment on nous parle... Exactement : dis-moi comment tu nous parles, je te dirai qui tu es. Hypocrite ! Cachez cette pub que je ne saurais voir ! Libérons le service public de l'esclavage des marchands de soupe ! Ouvrons la voie à une grande et belle politique de civilisation ! car, on l'a peut-être oublié, c'est le même jour, dans le même discours, que le Monarque Président annonçait la suppression de la pub et le lancement de sa politique de civilisation. Moyennant quoi, ces mêmes marchands de soupe nous gavent de leur philosophie de comptoir, de leur écologie de Prisunic, de leur charité de tour-operator. Mais ce n'est pas de la pub ! Pas du tout ! C'est de la citoyenneté ! Ah, les faux culs, qui gagnent sur tous les tableaux, le beurre et l'argent du beurre, et par ici la monnaie. Oui, il faut voir comme on nous parle. Ça porte un nom cette façon de s'adresser ainsi, le mépris. Ça s'appelle nous prendre pour des gogos.
Et puis zut, je ne sais pas pourquoi je m'énerve comme ça, franchement si les citoyens français acceptent d'être traité ainsi, je n'ai qu'à retourner sur la ZDF, ARD ou une des 400 chaines dont je dispose ici, après tout... C'est juste qu'il y a un moment où on n'en veut plus, où on n'en peut plus parce que le Français (même expatrié) vaut mieux que ça tout de même. Parce qu'on n'a pas mérité ça. Ai-je tort ?
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Du sang, des larmes et des morts.
- Par LESTEL Christian
- Le 08/07/2009
- Dans BLOG
17 juin 2009
Du sang, des larmes et des morts
Si aujourd'hui je peux vivre en tant que français en Allemagne, c'est parce qu'il y a soixante-dix ans, alors que les officiers de notre armée en déroute étaient emprisonnés, que les troupes subissaient un massacre et que la France laminée prenait la route de l'exode, le Royaume-Uni a résisté seul au nazisme.
Que la reine d'Angleterre, dernier chef d'Etat à avoir vécu cette période, elle qui était ambulancière dans les bombardements, que son mari, ancien combattant, ne soient pas invités aux célébrations du 65ème anniversaire sur nos plages est la plus grande indignité que notre président ait commis. C'est une honte et un affront faits à un peuple qui a essuyé les bombardements nazis, dont les hommes sont morts pour défendre une idée de l'indépendance et de la liberté sur laquelle nous avons construit l'Europe.
Si la raison est vraiment celle qu'on donne - être seul sur la photo avec Obama - c'est qu'on a vraiment touché le fond à la tête de l'Etat. Et j'ai terriblement honte de ça.
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Avant tout un peu d'histoire.
- Par LESTEL Christian
- Le 08/07/2009
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15 juin 2009
Avant tout, un peu d'histoire...
Un peu d'histoire: pendant mille ans, l'Allemagne n'existait pas. C'était une aire culturelle dont le dénominateur commun était l'allemand. Il y avait des royaumes, surtout à l'est, et des principautés, souvent épiscopales, comme à l'ouest et sur les bords du Rhin. Dans le nord, de villes libres, puissantes et richissimes avaient crée le premier réseau commercial: la Hanse (et oui, c'est le premier H des plaques d'immatriculation de Hambourg, Brême et Lübeck!).
A la tête de tout cela, un empereur, celui du Saint Empire Romain Germanique. Il était élu par les princes électeurs à Francfort, une diète siégeait à Ratisbonne pour régler les questions internes à l'Empire.Quand Martin Luther commence à « semer la zizanie » en 1517 en clouant sur les portes de la chapelle du château de Wittenberg ses 95 thèses pour la réforme de l'Eglise, l'Allemagne s'embrase. Il est convoqué par l'Empereur Charles-Quint, puis excommunié. Pour beaucoup de petits princes, c'est l'occasion aussi de prendre leur indépendance par rapport à un pouvoir qui semble se mêler de ce qui ne le regarde pas: car l'apogée de l'Empire est aussi ce qui marquera son éclatement. A l'époque Charles-Quint règne autant sur les conquistadors d'Amérique du Sud que sur les confins des Sudètes.
Finalement les Etats Allemands appliqueront un principe de droit qui est une révolution pour l'époque: Cujus regio, ejus religio. Cela signifie que la religion de l'Etat sera celle de son prince. Les principautés épiscopales seront catholiques, les autres varieront selon celle de leur dirigeant, ce qui provoque parfois le trouble, avec des populations contraintes de se convertir à répétition. Au fur et à mesure, on accordera aux peuples le droit de rester de leur propre religion indépendamment de celle du prince. Au XVIIème siècle, le roi de Prusse, qui règne sur des marais paludéens, accueille les huguenots. L'immigration religieuse sera un bon filon exploité sans vergogne par les rois prussiens pendant les deux siècles suivants.
Quand Bismarck unira à marche forcée l'Allemagne, il n'est pas question de limer les différences entre les régions. Le fédéralisme, qui est le mode de gouvernement choisi en 1948, donne une large autonomie aux Länder. Et le droit de choisir leurs jours fériés selon leur tradition.
Tout ça pour dire que si vous voulez profitez de jours fériés, préférez les Länder catholiques!
